L'Age Atomique : le supplément de la semaine

Avec L’âge Atomique, Héléna Klotz signe son premier long-métrage. Un film sombre et poétique sur la jeunesse d’aujourd’hui. En salles, le 7 novembre.

Victor et Rainer, deux adolescents vont passer la nuit sur Paris. Le film commence en même temps que leur soirée : dans un train de banlieue qui les conduit sur la capitale. Ils parlent musique, boivent de l’alcool, puis se retrouvent aux portes d’un club. Là, ils draguent et se font draguer, jettent et se font jeter… La confrontation avec le monde extérieur s’avère quelque peu compliquée.

Dans cette boite de nuit, la musique, loin d’être festive, a quelque chose de mélancolique ; comme pour souligner la difficulté des deux amis à s’intégrer au décor. Ce qui devrait être simple et intuitif est compliqué et désordonné. Paradoxe de la jeunesse ? Quand Victor rêve de rentrer avec une fille, Rainer, lui, clame des vers pour s’apaiser. Egalement, très différents, ils n’en sont pas moins solidaires et complémentaires.

Ils seraient prêts à se bagarrer contre le monde entier pour se protéger l’un, l’autre. Si le spectateur a du mal à discerner les ambitions du film, c’est certainement cette ambivalence qu’Helena cherche à souligner. La complexité de leur rapport aux autres et la simplicité de leur lien affectif qui se révèle de plus en plus à mesure qu’avancent les minutes. Les personnes qui croisent leur chemin sont instinctivement ressentis comme des obstacles qu’ils ne parviennent à vaincre qu’à deux.

Premier volet d’une trilogie sur la jeunesse, L’Age Atomique a été filmé la nuit, à Paris. On y retrouve des lieux familiers comme le Pont Alexandre III, le Showcase ou l’intérieur du Social Club. Parfois drôles, souvent tristes, les deux acolytes, Eliott Paquet et Dominik Wojcik, nous offrent le visage d’une jeunesse perdue et dépassée. A leurs côtés, apparaissent l’acteur Niels Schneider et le musicien Arnaud Rebotini. Malgré ces nombreux points de repères, Helena Klotz est parvenu à rendre l’environnement hostile pour appuyer encore d’avantage le mal-être des garçons dans cette jungle urbaine.

Si L’Age Atomique fait référence à cette chanson du même nom d’Elli et Jacno, il renvoie aussi à cet instant où les choses explosent et remontent à la surface : l’adolescence.

Mélanie B.
Dernière modification le 28 novembre 2012

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