La grève interprofessionnelle du jeudi 5 novembre 2026 se fait sentir dès le matin devant les grilles des écoles. À Paris comme en petite couronne (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine) et jusqu'en Essonne, enseignants et agents municipaux sont appelés à cesser le travail pour les salaires, contre la vie chère et pour les services publics. Résultat pour les parents : des classes fermées, des cantines au ralenti et des crèches parfois portes closes.
Ce mouvement s'inscrit dans une mobilisation plus large, avec des perturbations dans les transports et une manifestation dans la capitale, que l'on détaille dans notre point complet sur la grève et la manifestation du 5 novembre. Ici, on se concentre sur ce qui touche directement les enfants.
Tout dépend de l'école. Le ministère de l'Éducation nationale estime à 17,54 % la part de grévistes dans le premier degré public, d'après les déclarations préalables des enseignants, comme le rapporte Europe 1.
Le FSU-SNUipp, premier syndicat du primaire, voit une mobilisation plus forte sur le terrain. Il recense déjà près de 80 écoles fermées à Paris et des prévisions qui grimpent jusqu'à 75 % de grévistes dans certains secteurs de Seine-Saint-Denis.
Concrètement, une école peut donc être ouverte normalement, ouverte avec des classes regroupées, ou totalement fermée. Le mot affiché sur la porte de l'école la veille reste le meilleur indicateur.
Les professeurs des écoles doivent déclarer leur intention de faire grève au moins 48 heures à l'avance. Ce délai permet d'organiser l'accueil des élèves de maternelle et d'élémentaire publiques selon une règle simple.
Quand moins de 25 % des enseignants d'une école sont grévistes, c'est l'Éducation nationale qui accueille les élèves, en répartissant les enfants dans les classes restantes. À partir de 25 %, la commune doit mettre en place un service minimum d'accueil (SMA), comme le rappelle la Ville de Paris. Dans la capitale, son organisation est confiée aux mairies d'arrondissement.
Attention, il s'agit d'une garde et non d'un cours. Et quand les agents municipaux sont eux aussi en grève, ce service d'accueil peut ne pas être assuré faute de personnel. C'est ce qui explique les écoles totalement fermées.
La cantine, la garderie du matin et du soir, l'étude ou le centre de loisirs ne dépendent pas de l'Éducation nationale mais des communes. Le service minimum d'accueil ne les couvre pas. Une école peut donc rester ouverte sans servir de repas le midi.
Plusieurs préavis couvrent ces agents ce jeudi, dont celui de la CGT Ville de Paris, qui appelle à la grève dès le 5 novembre. À Paris, les familles sont prévenues par la Ville et par les écoles. Un panier-repas ou une solution de repli pour le déjeuner reste prudent si rien n'a été confirmé.
Pour les tout-petits, la situation est encore plus incertaine. Contrairement à l'école, la crèche n'est soumise à aucune obligation de service minimum un jour de grève. Les crèches municipales peuvent donc fermer totalement ou partiellement, selon le nombre d'agents mobilisés.
Les équipes tentent souvent de regrouper le personnel présent pour garder quelques sections ouvertes, mais l'accueil peut être limité à certains enfants. Les crèches associatives ou privées sont en principe moins touchées, sans garantie pour autant. Le plus sûr reste d'appeler directement la direction de la crèche.
En petite couronne, la mobilisation varie beaucoup d'une ville à l'autre. À Vincennes (94), la municipalité a annoncé la fermeture des écoles maternelles Joseph-Clouet et Ouest, où tous les enseignants se sont déclarés grévistes, ainsi que du multi-accueil du Centre.
Dans le Val-de-Marne, la CGT a déposé un préavis couvrant tout le mois de novembre. Plusieurs crèches, centres de loisirs et équipements culturels du département ferment ce jeudi, et la CAF du Val-de-Marne a fermé ses accueils.
Dans les Hauts-de-Seine, un préavis reconductible touche les agents de Vallée Sud Grand Paris jusqu'au 8 novembre. En Essonne, le SNUDI-FO 91 appelle les enseignants du primaire à une grève de plusieurs jours à partir de ce jeudi.
Dans le second degré, les enseignants n'ont pas à se déclarer à l'avance et aucun service minimum n'existe. Les établissements restent en principe ouverts, mais certains cours peuvent sauter sans préavis. Le Snes-FSU appelle à une grève massive, et l'enseignement privé est également concerné.
À cela s'ajoutent des blocages de lycées, dans la continuité de la mobilisation lycéenne de ces derniers jours, que l'on suit dans notre article sur la manifestation et le blocage des lycéens. Pronote, l'ENT et la vie scolaire restent les bons réflexes pour suivre l'emploi du temps du jour.
C'est la question que se posent beaucoup de parents. Aucune nouvelle journée nationale n'est annoncée à ce stade, mais plusieurs préavis courent bien au-delà de ce jeudi. La FSU a déposé un préavis sur tout le mois de novembre dans l'éducation, et certains syndicats appellent à reconduire le mouvement dès le vendredi 6 novembre, notamment en Seine-Saint-Denis.
Les Gilets jaunes prévoient aussi de nouvelles actions les 6 et 7 novembre, détaillées dans notre article sur l'acte IV des Gilets jaunes. Pour les écoles, une nouvelle grève des enseignants du primaire impose une déclaration 48 heures à l'avance : les familles seront donc prévenues si l'accueil est de nouveau perturbé.
Le premier réflexe reste l'affichage à l'entrée de l'école et les messages envoyés par la direction. À Paris, la Ville de Paris et votre mairie d'arrondissement relaient les informations sur le service d'accueil, les cantines et les crèches municipales. En banlieue, le site ou l'application de votre commune publie généralement la liste des écoles concernées. Pour les collèges et lycées, l'ENT et la vie scolaire font foi, et le ministère de l'Éducation nationale diffuse les chiffres de mobilisation au fil de la journée.
Côté trajets, le métro RATP circule normalement, mais plusieurs lignes de RER et de Transilien sont perturbées, et des stations ferment autour du cortège parisien. On vous conseille de consulter notre point trafic métro, RER et trains et la liste des 25 stations de métro fermées ce jeudi avant de partir. Retrouvez aussi toutes nos actualités sur les mouvements sociaux dans notre guide des grèves à Paris.
Si votre enfant ne peut pas être accueilli, un échange rapide avec votre employeur (télétravail, aménagement d'horaires, jour de congé) ou l'entraide entre parents d'une même classe reste souvent la solution la plus simple pour passer la journée.















