C'est un roman qui a les deux pieds dans Paris qui décroche le Prix Goncourt 2026. Ce mardi 3 novembre 2026, l'Académie Goncourt a couronné Philippe Jaenada pour L'inconnue du quai de Javel (Flammarion). Le nom du lauréat a été proclamé au restaurant Drouant, place Gaillon, dans le 2e arrondissement de Paris, comme le veut une tradition qui remonte à 1914.
Selon Livres Hebdo, l'écrivain de 62 ans l'emporte par six voix contre trois face à Sylvain Prudhomme. Il succède à Laurent Mauvignier, lauréat l'an dernier avec La Maison vide. À son arrivée chez Drouant, il s'est dit tout simplement « joyeux », rapporte l'AFP.
Le livre rouvre une affaire classée depuis plus de soixante-quinze ans. Le 6 septembre 1949, Louise Cansot, 29 ans, modèle très demandée par les peintres de Montparnasse, est retrouvée morte sur le quai de Javel, dans l'actuel 15e arrondissement, sans chaussures ni sac. Quatre suspects apparaissent, mais l'enquête s'enlise et finit classée six mois plus tard.
Philippe Jaenada reprend le dossier comme on rouvre une boîte d'archives oubliée au fond d'un commissariat. Il plonge dans les journaux de l'époque, arpente les lieux et s'appuie même sur les enquêtes de Maigret, qu'il a relues pour l'occasion, d'après ActuaLitté. Il avance au passage sa propre hypothèse sur le meurtrier et rend à la victime une existence qui dépasse le simple fait divers.
Le pavé de plus de 500 pages s'était déjà bien installé en librairie avant le prix, avec près de 60 000 exemplaires vendus. Le célèbre bandeau rouge devrait encore lui donner un sérieux coup d'accélérateur à l'approche des fêtes.
Né en 1964 à Saint-Germain-en-Laye, dans les Yvelines, Philippe Jaenada a reçu le prix de Flore pour son premier roman, Le Chameau sauvage. Depuis Sulak, paru en 2013, il s'est fait une spécialité des grandes affaires criminelles, racontées avec humour et de longues digressions entre parenthèses qui sont devenues sa signature.
Il avait déjà décroché le prix Femina en 2017 avec La Serpe, et figurait dans la sélection du Goncourt en 2024. Cette fois, c'est la bonne. On aime l'idée qu'un auteur aussi attaché aux rues de Paris soit récompensé pour un livre qui fait revivre un quai que nous longeons souvent sans y penser.
Quatre romans composaient le dernier carré, tous publiés par des maisons du groupe Madrigall :
Sylvain Prudhomme, déjà lauréat du Femina en 2019, proposait un récit entre thriller et roman de nature autour d'une photographe disparue près d'un lac de haute montagne. Yannick Haenel racontait la première année d'un stagiaire de français dans un collège de banlieue parisienne, quand Clémentine Mélois faisait remonter une foule de souvenirs au fil d'un déménagement après une rupture.
Le jury a délibéré à neuf, et non à dix, après le décès en août de Didier Decoin, ancien président de l'Académie. Cette 124e édition reste aussi marquée par l'affaire Thélyson Orélien. Son roman C'était ça ou mourir (Grasset) avait été retiré de la première sélection fin septembre, après des accusations de plagiat et d'usage de l'intelligence artificielle, ce que l'auteur conteste. Selon franceinfo, le président Philippe Claudel avait ensuite fait vérifier les autres livres en lice avec un outil de détection d'IA.
Dans la foulée, au même endroit, le prix Renaudot 2026 a été attribué à François-Henri Désérable pour Le Palais (Gallimard), dès le premier tour, par six voix contre quatre face à David Djaiz. Une belle façon de fêter la 100e édition du prix, présidé cette année par Frédéric Beigbeder, comme le détaille franceinfo.
Chaque année, après la proclamation, Drouant ouvre au public le menu servi aux académiciens le jour du vote, sur réservation et pendant quelques semaines. De quoi se glisser le temps d'un déjeuner dans la peau d'un juré, à deux pas de l'Opéra. Pour tout savoir sur ce rendez-vous gourmand, direction notre article sur le menu spécial du Prix Goncourt chez Drouant, et pour l'histoire de la maison, notre récit sur Drouant, temple littéraire du prix Goncourt.
Prix Goncourt 2026 : le menu des académiciens servi chez Drouant
Le menu du Prix Goncourt 2026, servi aux jurés chez Drouant, s'ouvre au public dans le restaurant historique du 2e arrondissement de Paris, en hommage à la cuisine bourgeoise et aux 100 ans du Renaudot, jusqu'au 2 décembre 2026. On a testé le menu et vous le dévoile. [Lire la suite]
La saison des prix n'est pas terminée pour autant. Le Femina sera remis ce mercredi 4 novembre au musée Carnavalet, avant le Goncourt des lycéens fin novembre et le Goncourt des détenus mi-décembre. De quoi bien remplir sa pile de lecture pour l'hiver.
Pour comparer avec l'an dernier, nous vous conseillons de relire notre article sur le Prix Goncourt 2025 remporté par Laurent Mauvignier, celui sur le Prix Médicis 2025 d'Emmanuel Carrère pour Kolkhoze, ou celui consacré au Grand Prix du roman de l'Académie française 2025, décerné à Yanick Lahens.
Lieu
Drouant
18, place Gaillon
75002 Paris 2
Calcul d'itinéraire
Infos d’accessibilité
Site officiel
www.academiegoncourt.com



Prix Goncourt 2026 : le menu des académiciens servi chez Drouant














