Lors de leur dernier concert à Paris, ils avaient rempli et fait trembler la petite salle de la Machine du Moulin Rouge. Pour leur retour dans la Ville Lumière, les Allemands de Eisbrecher ont vu plus grand. Ce mercredi 9 avril 2025, c’est à L’Élysée Montmartre qu’ils ont fait escale pour leur unique concert dans la capitale.
Et les fans franciliens attendaient ce nouveau rendez-vous musical avec impatience. À 18h30, les portes de la salle ne sont pas encore ouvertes. La file s’allonge alors déjà dans la petite rue très touristique de Steinkerque. Pas difficile de reconnaître les fans, il suffit de suivre les t-shirts noirs à l’effigie du groupe allemand, mais aussi du Hellfest, du Motocultor ou encore de Rammstein.
Peu avant 19h, les portes s’ouvrent enfin. Alors que certaines personnes se ruent vers la scène, pour être au plus près du groupe, d’autres filent en direction du merchandising pour faire le plein de patch, t-shirts ou encore coffrets dédicacés par Eisbrecher.
Alors que la foule arrive progressivement dans la salle de L’Élysée Montmartre, Alexx Wesselsky – leader de Eisbrecher – apparaît sur scène, à la surprise générale. Dans un français très correct, marqué par un fort accent allemand, le chanteur s’improvise animateur. Se présentant, pour celles et ceux qui ne l’auraient peut-être pas reconnu dans sa tenue de ville, l’artiste interpelle alors le public pour savoir si ça va. Il en profite aussi pour présenter la première partie, Heldmaschine, qui s’apprête à monter sur scène. Avant de rejoindre les coulisses, Alexx Wesselsky fait deux heureux en jetant dans la fosse deux ours polaires en peluche, leur fameuse mascotte.
C’est donc à 19h45 que Heldmaschine déboule sur scène. Le groupe allemand, affilié à la mouvance Neue Deutsche Härte, a mis le paquet au niveau des lights. Même le pied de micro du chanteur et les lunettes des musiciens scintillent ! Mais ce qui nous frappe, c’est la ressemblance très forte et assumée avec un autre groupe allemand, connu à l’international : Rammstein. Il y a d’abord ce son si caractéristique du groupe de Till Lindemann, mêlant beats puissants, riffs lourds et electronica. Il y a ensuite l’attitude de René Anlauff. Le chanteur de Heldmaschine possède de nombreuses similitudes avec le chanteur de Rammstein, que ce soit dans la voix ou bien dans les mimiques et grimaces. Une ressemblance frappante, au point d’être par moment déstabilisante. Mais en regardant de plus près la biographie de Heldmaschine, rien d’étonnant à cela. Le groupe allemand s’est formé en 2011, par les membres de Völkerball, un tribute band spécialisé dans les reprises de... Rammstein ! Au final, que l’on valide ou pas cette ressemblance assumée, Heldmaschine a réussi à faire progressivement monter la sauce grâce à sa bonne énergie et à du gros son. Le public est désormais fin prêt et remonté à bloc pour accueillir Eisbrecher.
C’est donc à 20h45 que le groupe allemand que tout le monde attend monte sur scène, fraîchement acclamé par le public. Pour rappel, Eisbrecher a été formé par Alexx Wesselsky et Noel Pix, deux anciens membres de Megaherz. Depuis 2004, Eisbrecher enchaîne les albums (9 opus) et les tournées. Il faut dire que les Allemands peuvent compter sur une solide base de fans grâce à des performances dynamiques et tonitruantes. Contrairement à leurs compatriotes de Rammstein, qui ont misé sur le feu, Eisbrecher a décidé de prendre le contre-pied et de surfer sur l’eau et la glace. Le groupe a ainsi choisi comme mascotte, l’ours polaire, au point de vendre au merchandising cet animal, menacé par le réchauffement climatique, sous forme de peluche ! Musicalement, Eisbrecher se rapproche aussi davantage du son de Oomph! et de Die Krupps. Et les français, amateurs de Neue Deutsche Härte et de metal indus, raffolent de ce gros son. D’ailleurs, il ne faudra pas attendre longtemps pour voir se former dans la fosse un mosh pit dans lequel les metalheads se heurteront les uns aux autres pendant toute la soirée.
Sur scène, Eisbrecher assure le show. Avec sa voix grave et puissante, Alexx Wesselsky accapare tous les regards. Aussi à l’aise qu’un ours polaire sur la banquise, le leader de Eisbrecher enchaîne les morceaux avec frénésie, affichant une belle complicité avec ses quatre autres acolytes. Dans le public, les mains applaudissent en rythme, les bras se lèvent et se balancent de droite à gauche, et quelques slams sont lancés au milieu de la fosse. "La Marseillaise", déclenchée par Alexx Wesselsky, retentira même dans son intégralité, chantée a capella par des spectateurs que rien ne semble arrêter. Bref, l’ambiance est à son climax !
Le groupe - et plus particulièrement Alexx Wesselsky - aime aussi s’afficher avec différents accessoires sur scène et notamment des couvre-chefs. Ancienne casquette militaire, képi, chapeau bavarois... tout y passe, et même le béret parisien qui finira par être jeté dans le public ! Le charismatique Alexx Wesselsky profite également de cette escale dans la capitale pour travailler la langue de Molière qu’il maîtrise déjà bien. Très communicatif et proche du public, le chanteur confie ce soir-là qu’il aurait d’ailleurs bien aimé être français. Ajoutez à cela, quelques notes d’humour (petite séance photo), une bonne humeur ultra contagieuse, et vous obtenez un set qui fait du bien aux oreilles, aux yeux et au moral !
Côté setlist, Eisbrecher a bien évidemment fait honneur à son dernier opus, baptisé "Kaltfront". De « Everything Is Wunderbar » à « Kalfront » justement en passant par « Waffen Waffen Waffen » ou encore « Einzelgänger » et « Dein Herz », les nouveaux titres séduisent l’assemblée, qui s’en donne à cœur joie et multiplie les petits sauts et hochements de tête bien dynamiques.
Mais l’ambiance monte encore d’un cran lorsque retentissent les anciens titres, devenus pour certains de véritables tubes, à l’instar de « Sturmfahrt », « Auf die Zunge », « Was ist hier los? », « Verrückt » sans oublier l’entêtant « This Is Deutsch ». On n’oublie pas « Eiszeit », titre sur lequel Eisbrecher fait même tomber de la (fausse) neige dans la salle !
Au bout de 1h45 de sueur et de show (dont un rappel), les lumières se rallument. Eisbrecher est chaleureusement acclamé par un public conquis et heureux. Et c’est avec son traditionnel lancer d’ours en peluche dans la fosse que le groupe allemand décide de quitter la scène, déjà impatient de retrouver son public français prochainement. Pour info, Eisbrecher sera à Clisson cet été pour la nouvelle édition du Hellfest !
Everything is wunderbar
Himmel, Arsch und Zwirn
So oder so
Antikörper
Dein Herz
Waffen Waffen Waffen
Augen unter Null
Kaltfront
Im Guten Im Bösen
Einzelgänger
Eiszeit
Färberspiel
Tränen lügen nicht
Sturmfahrt
Auf die Zunge
This Is Deutsch
Rappel
Zwischen uns
Was ist hier los?
Verrückt
Out of the Dark
Lieu
L'Élysée Montmartre
72 Boulevard Marguerite de Rochechouart
75018 Paris 18
Site officiel
www.eis-brecher.com



























