Certains visages ont les traits tirés. D’autres n’hésitent pas à recharger les batteries en s'allongeant dans l'herbe. Ce dimanche 24 août 2025, pour la dernière journée de Rock en Seine, les festivaliers sont venus tôt malgré la fatigue. Toutes et tous veulent profiter de cette ultime journée pour faire le plein de musique rock. Car, avouons-le, cette cinquième journée du festival francilien est bien plus rock que les précédentes. D'ailleurs, cela se ressent dans le public, avec des festivaliers plus âgés et fiers d'arborer des t-shirts de groupes mythiques comme Metallica, AC/DC, Guns N'Roses, Black Sabbath ou encore Mastodon, en hommage au regretté Brent Hinds, récemment disparu à l'âge de 51 ans.
Mais revenons-en aux groupes de rock présents ce dimanche au Domaine national de Saint-Cloud, avec la venue des Américains de Queens of the Stone Age, des Français de Last Train et The Limiñanas, des Irlandais de Fontaines D.C. et Kneecap ou encore des Gallois de Stereophonics.
En regardant le running order, on se rend vite compte qu'il va falloir jongler ou bien faire des concessions. Car il est difficile de se démultiplier lors d’un festival. Alors, que faire quand deux artistes que l’on souhaite voir jouent à la même heure sur scène ? Les alternatives sont simples : soit faire un choix cornélien et n’en voir qu’un, soit jouer des coudes pour quitter une scène et se faufiler dans la foule afin de rejoindre en un temps record l’autre scène. C’est ce que nous avons décidé de faire à deux reprises ce dimanche 24 août 2025.
On choisit donc de débuter la journée du côté de la scène Revolut, deuxième plus grande scène du festival, avec le groupe de rock français qui ne cesse de monter, j’ai nommé Last Train. 10 ans après leur venue au Domaine national de Saint-Cloud, les Alsaciens de Last Train ont eu la bonne surprise de voir débarquer une marée humaine pour son début de set à 16h25. Il faut dire que le combo a le vent en poupe, au point d’être programmé au Hellfest ou encore au Sziget Festival la même année et d'investir prochainement le Zénith de La Villette pour la toute première fois.
À la tête d’un troisième opus très réussi, tout simplement intitulé "III", Last Train a littéralement fait transpirer les festivaliers de Rock en Seine ce dimanche après-midi grâce à sa fougue et son énergie communicative. Le chanteur et guitariste Jean-Noël Scherre n’a d’ailleurs pas hésité à s’offrir un petit bain de foule et se faire porter par une partie du public tout en continuant à jouer ! Un pur moment de rock à la française !
Autre style et autre scène avec, non loin de là, l'Américaine Sharon Van Etten qui a charmé les oreilles des amoureux d’indie rock. Accompagnée pour l’occasion d’un groupe, The Attachment Theory, la musicienne et chanteuse originaire du New Jersey a proposé une setlist ensorcelante et entraînante, faisant la part belle à la new wave et au post-rock. Sur scène, Sharon Van Etten passe de la guitare aux claviers avec une aisance déconcertante. Incroyablement magnétique, l'artiste américaine nous a tout simplement conquis grâce à sa voix ultra envoûtante.
C’est un retour dans le passé que nous a offert le combo Stereophonics ce dimanche après-midi sur la scène Revolut de Rock en Seine. Toujours mené par Kelly Jones et sa voix rauque et inimitable, le groupe gallois a fait plaisir à ses fans en interprétant quelques tubes indémodables. « Maybe Tomorrow », « I Wanna Get Lost With You », « Superman », « Maybe Tomorrow » ou encore « Dakota »... il n’en fallait pas plus aux fans de Stereophonics pour revivre leurs meilleures années. Kelly Jones, lunette de soleil vissée sur le nez, et ses compères ont ainsi livré un set parfaitement réussi. C'était propre et carré, rien à redire !
Sans surprise, il y avait du monde, beaucoup de monde, du côté de la scène Bosquet pour assister au concert de Kneecap. Difficile d'ailleurs d'apercevoir les membres sur scène depuis l'endroit où nous sommes lorsque nous rejoignons le concert. Il faut dire que le trio de hip-hop nord-irlandais était attendu de pied ferme par les festivaliers. En quelques semaines, Kneecap s'est retrouvé dans un tourbillon médiatique et politique suite à plusieurs polémiques. Ce dimanche, à Rock en Seine, Mo Chara, Móglaí Bap et DJ Próvaí (reconnaissable à sa cagoule aux couleurs du drapeau irlandais), n’ont clairement pas manqué d’énergie, interprétant avec force et rage plusieurs de leurs morceaux, chantés en anglais et en gaélique, et tout en multipliant et en réaffirmant leur soutien à la cause palestinienne.
On ne perd pas une seconde et on file du côté de la grande scène pour redécouvrir les Irlandais de Fontaines D.C, trois ans après leur venue au festival francilien. Sur le chemin, un nuage de poussière se forme en raison du nombre important de festivaliers circulant au même moment sur le site. Certains sortent d'ailleurs des masques chirurgicaux, d'autres des foulards, pour s'en protéger.
Nous voilà enfin arrivés à destination, mais bien loin de la grande scène où nous découvrons en suspension un énorme cœur déformé, couleur argenté, en référence à la pochette du dernier album de Fontaines D.C., intitulé "Romance". Difficile d'avancer davantage alors que le rock abrasif du combo irlandais résonne déjà au Domaine national de Saint-Cloud. Dans le public, les fans portant un t-shirt à l'effigie du groupe sont nombreux. Ils sont également beaucoup à reprendre en chœur les refrains de « I Love You », « Bug », « Favourite » sans oublier « Starburster », le tube du groupe irlandais choisi pour clôturer le set à Saint-Cloud, face à un public visiblement conquis et heureux.
C'est avec le groupe Queens of the Stone Age que nous terminons cette cinquième et ultime soirée de Rock en Seine, édition 2025. 11 ans après leur dernière venue au festival parisien, les Américains ont accepté de revenir et de clôturer l'événement. Pas de scénographie particulière, ni de lumières très recherchées, mais des morceaux qui continuent de nous séduire et nous faire bouger.
Pour l'occasion, le quintet californien avait misé sur une setlist faisant notamment honneur à quelques anciens hits incontournables, histoire de satisfaire les fans de la première heure. Ainsi, « No One Knows », « Little Sister », « Sick, Sick, Sick », « Make It Wit Chu » ou encore « Go With the Flow » ont mis tout le monde d’accord ! Que ce soit derrière le clavier ou armé de sa guitare, Josh Homme accapare tous les regards. Il faut dire que le charismatique chanteur impressionne par sa voix torride et si caractéristique. Après 1h30 de set environ, marqué par des riffs ténébreux et des mélodies implacables, QOTSA se retire de scène sous un tonnerre d'applaudissements.
Pour les absents, ou pour celles et ceux qui souhaiteraient revoir Queens of the Stone Age en concert à Paris, alors sachez que le groupe américain se produira de nouveau en live dans la capitale. Ce sera cet automne au Grand Rex !
Lieu
Domaine national de Saint-Cloud
1 Avenue de la Grille d'Honneur
92210 Saint Cloud
Accès
Métro : Ligne 10 terminus Boulogne-Pont de St-Cloud,
En tramway : T2 [Pont de Bezons-Porte de Versailles], arrêt Parc de St-Cloud
En Bus : Lignes 52, 72, 126, 175, 460, 467, arrêt Parc de St-Cloud
Ligne 160 terminus Pont de St-Cloud-Albert Kahn
Ligne 260 arrêt Rhin et Danube-Musée Albert Kahn



































