Et si Verdi avait écrit La Traviata à l’ère des likes et des stories ? Dans l’agitation d’un monde où l’image prévaut sur l’intime, l'opéra emblématique de Verdi renaît sur la scène de l’Opéra Bastille, dans une mise en scène résolument actuelle de Simon Stone, du 4 juin au 13 juillet 2026.
Entre glamour digital et solitude virtuelle, le drame de Violetta Valéry, héroïne de Giuseppe Verdi, s’écrit désormais sous le prisme des réseaux sociaux. Une version en trois actes, adaptée de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, interroge frontalement notre rapport à l’image, au jugement moral et au féminin.
Dans cette lecture moderne, la courtisane n’est plus une femme déchue du XIXe siècle : c’est une influenceuse, une diva numérique, adulée pour son apparence mais condamnée à sacrifier l’amour sur l’autel de la bienséance contemporaine.
Portée par une musique ardente et virtuose, cette mise en scène à l'Opéra Bastille transpose la critique sociale de Verdi dans les codes visuels et émotionnels de notre époque. Le metteur en scène australien, reconnu pour sa capacité à réinscrire les classiques dans notre quotidien, fait de La Traviata un miroir de nos contradictions modernes.
Violetta, entre stories Instagram et pressions morales, devient le symbole d’un monde où le désir de liberté se heurte à l’hypocrisie sociale. La société du XIXe siècle, avec ses masques et ses conventions, laisse place à une société hyperconnectée, toujours prompte à juger, exclure, normer.
Assister à cette version moderne de La Traviata, c’est entrer dans une expérience scénique immersive, où la scénographie mêle références numériques, écrans et décors épurés pour souligner l’isolement croissant de l’héroïne. Le spectateur se retrouve face à un drame universel, incarné dans un langage visuel contemporain qui renforce l’impact émotionnel de chaque aria.
Vous entendez la voix bouleversante de Violetta se briser dans une chambre aux murs tapissés de reflets lumineux. Vous suivez son regard perdu dans le flux incessant des notifications et des likes, comme autant de jugements silencieux. Le contraste entre les codes modernes et la partition romantique crée une tension poignante qui rend cette production particulièrement marquante.
À travers cette Violetta influente, scrutée, surexposée, Simon Stone revisite le mythe sans le trahir, en révélant toute la violence d’une société qui, derrière le vernis numérique, continue de dicter ses normes. Peut-on encore aimer librement quand l’image prend le pas sur l’émotion ? Que reste-t-il de l’intime quand chaque geste est visible, commenté, jugé ?
Attention, en revanche, cette Traviata du XXIe siècle ne s’adresse pas aux amateurs de reconstitutions classiques, mais à celles et ceux qui veulent voir l’opéra entrer en résonance directe avec les contradictions de notre temps. Une relecture contemporaine qui donne à ressentir Verdi autrement, là où la passion se heurte au paraître, et où le chant devient cri de résistance.
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Dates et Horaires
Du 4 juin 2026 au 13 juillet 2026
Lieu
Opéra Bastille
Place de la Bastille
75012 Paris 12
Accès
Métro ligne 1, 5 et 8, station "Bastille"
Tarifs
Les billets par catégories : 37€ - 220€
Durée moyenne
3 h
5 min
Site officiel
www.operadeparis.fr
Réservations
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