Un retour en force après neuf ans d'absence en Europe ! Neuf années pendant lesquelles les fans de System of a Down n’ont jamais perdu espoir de revoir un jour leur groupe favori en live dans l'Hexagone. C'est finalement au Stade de France, aux portes de Paris, que Serj Tankian, Daron Malakian, Shavo Odadjian et John Dolmayan ont décidé de poser leurs valises dans le cadre de leur nouvelle tournée européenne. Une première pour cette référence du metal alternatif qui n'avait jusqu'alors jamais joué dans ce stade mythique de Seine-Saint-Denis.
Ce jeudi 2 juillet 2026, pour le premier des deux concerts parisiens du combo américain dans l'enceinte francilienne, les spectateurs étaient donc dans les starting-blocks. Depuis 2001 et le succès mondial du deuxième album, "Toxicity", les fans ont grandi et vieilli. Mais l'enthousiasme et l'excitation de retrouver en live à Paris cet incontournable groupe de metal alternatif sont clairement palpables. Les t-shirts à l'effigie de SOAD sont d'ailleurs nombreux dans les gradins et la fosse ce jeudi soir.
Mais avant d'headbanger et de pogoter sur les morceaux de System of a Down, le public du Stade de France a eu droit à deux premières parties, plutôt exceptionnelles peut-on dire, avec pour commencer Acid Bath. Plutôt méconnu des plus jeunes, Acid Bath s'est récemment reformé alors que ce combo américain de sludge avait mis fin à sa carrière en 1997, suite au décès de son bassiste Audie Pitre dans un accident de la route. Cette année, les revoilà donc sur le devant de la scène, notamment au Hellfest, mais aussi en première partie de SOAD.
Pas facile d'ouvrir la soirée, mais le quintet originaire de Louisiane s'en est très bien sorti. Après une introduction sur l'iconique "Black Sabbath" de Black Sabbath, lancée à 18h30, Acid Bath a interprété cinq de ses anciens morceaux, dont les très appréciés "Tranquilized" et "Bleed Me an Ocean". La voix singulière de son chanteur Dax Riggs nous file le frisson, tandis que les sonorités mêlant doom metal, blues et rock gothique nous charment rapidement. C'est certain, ce combo américain a bien faire de se reformer et de remonter sur scène 27 ans après sa séparation.
Autre style, autre groupe avec les Queens of the Stone Age. Le combo américain mené par le charismatique Josh Homme déboule sur la scène du Stade de France à 19h30 pour 1h de set impeccable, rythmé par quelques-uns de ses plus grands hits. "Little Sister", "Go With the Flow", "Sick, Sick, Sick", mais aussi "No One Knows", chanté en chœur par une grande partie du public, ou encore "Run, Pig, Run" que le groupe n'avait pas joué en live depuis 2008... Donnant lieu aux premiers circle pits de la soirée, QOTSA a incontestablement séduit les yeux et les oreilles du public du Stade de France, et nous aussi !
Nous voilà plus qu'à quelques minutes du début du concert de System of a Down et les spectateurs font progressivement monter la température à coup de ola. Dans la fosse, un fan déguisé en "Où est Charlie ?" grimpe sur les épaules de son ami et lance un clapping géant ! Quelques drapeaux arméniens - en référence aux origines des membres du groupe - flottent également au vent. À 21h10, les lumières s'éteignent enfin et le combo américain déboule sur scène sous un tonnerre d'applaudissements.
C'est avec le titre "X", extrait de l'album "Toxicity", que SOAD décide de débuter ce show. Casquette sur la tête et lunette de soleil vissée sur le nez, Daron Malakian ne tarde pas à laisser échapper un cri cathartique. On comprend vite que le multi-instrumentiste et chanteur arméno-américain est en très grande forme, tout comme ses acolytes Serj Tankian, Shavo Odadjian et John Dolmayan. SOAD ne perd pas une seconde et enchaîne avec le tonitruant "Prison Song" qui provoque de nombreux pogos dans la fosse. Arrivent ensuite les surpuissants "Violent Pornography" et "Mr. Jack", où l'on retrouve Serj Tankian derrière le clavier puis une guitare à la main.
Tous de noir vêtu, sauf pour Shavo Odadjian qui arbore ce soir-là des chaussettes montantes de couleur jaune, les membres de SOAD semblent heureux de revenir à Paris après tant d'années. À plusieurs reprises, on surprendra d'ailleurs Serj Tankian esquisser un sourire. Les fans sont eux aussi survoltés alors que le set ne vient que de commencer. Dans la fosse, des chaussures et des t-shirts volent au-dessus de certaines têtes. Dans le bas des gradins, les spectateurs sont toujours debout. Les jambes, les pieds et les têtes bougent alors frénétiquement, suivant les riffs de guitare et les beats de batterie.
L'ambiance monte encore d'un cran avec "I-E-A-I-A-I-O". Le public est bouillonnant et vibre au rythme des paroles balancées avec panache par Serj Tankian. S'en suit le titre "Soldier Side - Intro". "Welcome to the soldier side, where there's no one here but me. People all grow up to die, there is no one here but me", entonne Daron Malakian. Le combo poursuit en envoyant encore du lourd avec le fameux "B.Y.O.B." et ses riffs agressifs. Le public saute et hurle, alors que des phrases sont projetées sur quatre écrans mobiles très fins et en longueur, suspendus à la scène. "No Coverage, no Shelter, no Future", peut-on y lire.
Pour la suite, la pression ne redescend pas et les morceaux s'enchaînent avec la même fougue et le même enthousiasme : "Soil", "Deer Dance", "Radio/Video" ou encore "Bubbles" et ses rythmes complexes, l'incontournable "Hypnotize" ainsi que l'irrésistible "Needles".
Serj Tankian n'est pas du genre à sauter sans cesse ou courir d'un côté puis de l'autre de la scène. Non. Plutôt discret, le leader de SOAD préfère de temps à autre fermer les yeux et battre le rythme avec son bras gauche. Sa force, c'est sa voix. Ce jeudi soir, l'artiste nous offre ainsi une impressionnante démonstration de ses capacités de chanteur. Il n'y a rien à redire ! De leur côté, Shavo Odadjian multiplie les grimaces et les petits pas tandis que Daron Malakian semble incontrôlable, et livre une incroyable prestation. Véritables bêtes de scène, ces deux-là font véritablement la paire et leur énergie est incroyablement communicative. Dans la fosse, plusieurs circle pits se forment en même temps alors qu'un spectateur sort un fumigène à la surprise générale.
La soirée bascule encore davantage dans l'euphorie lorsque retentissent les premières notes du hit planétaire "Chop Suey!", suivi de "Lonely Day". Sans surprise, les téléphones sont nombreux à scintiller dans l'enceinte francilienne pendant ce titre moins énervé que les précédents, mais tout aussi jouissif.
Les corps semblent fatigués, mais la soirée n'est pas encore finie. Le public exulte sur "Lost in Hollywood", et les bras levés se balancent à droite puis à gauche. Le groupe prend alors le temps de souffler un instant, profitant de ce moment pour admirer cette foule humaine dans le plus grand stade de France. Le fan déguisé en "Où est Charlie ?" fait d'ailleurs son retour sur les épaules de son acolyte. Shavo Odadjian le remarque et mime un appareil photo. System of a Down est alors acclamé longuement. Le groupe semble avoir du mal à y croire.
System of a Down, qui prône depuis toujours le pacifisme et s'insurge contre les guerres, profite également de cette soirée pour dédier un titre à la population de Gaza, aux manifestants en Iran et aux Libanais. Le groupe décide ensuite de poursuivre avec "Aerials", l'un des tubes que les fans espéraient bien entendre sur cette tournée. Sur l'écran géant central, des images de trapézistes en plein numéro sont projetées.
Daron Malakian et Serj Tankian nous offrent ensuite un très joli moment sur le morceau "Roulette". Le second ira même jusqu'à embrasser la tête du premier, sous les yeux touchés du public. Car malgré toutes ces années écoulées, System of a Down semble plus soudé que jamais. Ce jeudi soir, le groupe a clairement affiché sa bonne entente et son bonheur de revenir jouer en Europe.
Mais ce n'est pas fini. SOAD en a encore sous le pied et le public aussi. La preuve avec le tube "Toxicity" qui fête cette année ses 25 ans et qui a donné le nom au plus célèbre des albums du groupe. Sans surprise, les téléphones se lèvent en grand nombre et les fans sont bouillonnants dans la fosse ! Profitant de cette euphorie, le groupe fait monter sur scène la fille du batteur qui célèbre son anniversaire. Ni une, ni deux, le public ne se fait pas prier et lui chante alors à l'unisson un "Happy Birthday".
Retour à la musique et c'est avec "Sugar" que System of a Down décide de clôturer en beauté ce set de 1h45 environ. Visiblement heureux, les quatre membres de SOAD se prennent mutuellement dans leurs bras avant de saluer le public et de jeter baguettes et médiators dans la fosse.
Alors que le Stade de France a accueilli ces dernières semaines des scénographies grandioses, comme celle de David Guetta, System of a Down a choisi de miser sur la simplicité. Pas de décor monumental pour cette tournée, ni même d'effets pyrotechniques, mais uniquement un écran géant en fond de scène, et des lights ultra soignées. À vrai dire, System of a Down n'a pas besoin d'artifices pour briller. Leurs morceaux, leurs riffs indémodables et les voix surpuissantes de Serj Tankian et Daron Malakian suffisent pour nous faire faire chavirer et voyager. Car oui, System of a Down a réussi son pari : celui de nous faire remonter le temps et revivre notre jeunesse d'antan. Cette époque faite d'insouciance et que l'on a eu plaisir à retrouver ce jeudi soir grâce uniquement au pouvoir de la musique !



































