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Jane(s) au Proscenium : interview de Marie Den Baës, metteuse en scène

Publié le 30 avril 2015 Par Maïlys C.
Jane(s) au Proscenium : interview de Marie Den Baës, metteuse en scène

Infos pratiques

Du... 6 mai 2015
Au... 19 juillet 2015


2 Passage du Bureau
75011 Paris 11

L'incendie de la Comédie Française en 1900 ne fit qu'un mort, une comédienne méconnue du public. Marie Den Baës s'est penchée sur cet épisode enflammé et sur sa victime, injustement balayée des mémoires : Jane(s) est le fruit de ses longues heures passées en bibliothèque pour faire revivre Jane Henriot. Ce spectacle de docu-théâtre, que l'on attend avec impatience, sera joué du 6 au 10 mai puis les 5 et 19 juillet 2015 au théâtre Proscenium.

Petite blondinette, Marie Den Baës est charmante : nous l'avons rencontrée un matin d'avril ensoleillé dans un café de Montparnasse. Cette jeune femme passionnée se consacre depuis plusieurs années à l'étude des poétesses à travers des rencontres-lectures uniquement consacrées aux femmes. Aujourd'hui, elle présente un nouveau projet, toujours ambitieux et féminin : rétablir la vérité à propos de Jane Henriot, la comédienne morte dans l'incendie de la Comédie Française, à travers l'histoire contemporaine de deux soeurs très différentes. 

Sortir à Paris : Qu'est-ce que le "docu-théâtre" ? 

Marie Den Baës : Alors "docu-théâtre" n'est pas un terme très courant... Mais je ne voulais pas dire "docu-fiction" car c'est associé à la télévision ou au cinéma dans la tête de la plupart des gens. Je voulais bien expliquer que c'était au théâtre. Les archives de la Comédie Française voulaient d'ailleurs en faire un documentaire, mais je voulais vraiment que ce soit fait au théâtre, en l'honneur du théâtre. "Docu" car ce sont des faits historiques, la plupart se sont réellement passés : cela m'a pris deux ans de recherches, dans les archives de la police, dans les almanachs de l'époque (qui étaient par ailleurs de véritables Voici où on apprenait les relations entre les différentes stars, les reconductions de contrats, etc) et puis les archives de la Comédie Française. Pour voir comment la Comédie fonctionnait à l'époque, regarder le journal quotidien qui était fait à l'époque, voir les gens qui venaient de moins en moins selon les conditions de leur vie privée... Ça a été deux grandes années de bibliothèques, d'archives : l'aspect documentaire est là. 

Sortir à Paris : D'où vient l'envie première de faire ce spectacle ?  

Marie Den Baës : J'ai prêté mon envie première à l'un des personnages qui le dit dans la pièce : je suis tombée sur le catalogue d'une exposition qui a eu lieu pendant le festival d'Avignon il y a quelques années, L'Acteur et son double. On y voyait une magnifique peinture d'une jeune demoiselle un petit peu triste. En-dessous, était simplement écrit : "Jane Henriot, jeune pensionnaire brûlée dans l'incendie de la Comédie Française". Je venais de débarquer à Paris, j'étais étonnée de savoir que la Comédie Française avait brûlé et j'ai voulu en savoir plus sur cette jeune fille. Et j'ai vu que tout ce qui était écrit sur elle, même sur internet, se réduisait à "morte brûlée dans un incendie". Je trouvais ça horrible qu'une femme ne reste dans les mémoires qu'avec les conditions de sa mort. Je voulais qu'on connaisse autre chose que sa mort, je voulais qu'on connaisse sa vie.

Sortir à Paris : La pièce est donc surtout sur Jane Henriot ?

Marie Den Baës : Oui, c'est sur Jane Henriot. Je pars de l'incendie et j'ai décortiqué sa vie et la vie de sa mère qui était aussi comédienne, sur fond du théâtre à l'époque (qui était, pour moi, à son âge d'or). Je dépeins vraiment toute l'époque pour arriver au summum à la fin de la pièce, l'incendie. Ce n'est pas une simple reconstitution inhumaine. On voit le personnage, sa sensibilité, sa panique. On voit comment vont se passer ses dernières heures d'un point de vue très humain et émotionnel. 

Sortir à Paris : Comment avez-vous lié l'histoire intime des personnages contemporains avec celle de Jane Henriot ? 

Marie Den Baës : Assez naturellement, c'était la partie du travail la moins difficile. Les personnages se retrouvent : il y a la jeune soeur, comédienne ratée qui passe son temps à aller de projet en projet sans jamais aboutir à quoi que ce soit, qui tout d'un coup, découvre le portrait de Jane et veut commencer des recherches, et il y a la grande soeur, architecte qui a une vie bien établie. La grande soeur la rabroue car sa petite soeur n'en est pas à ses premiers projets avortés. Finalement, la petite soeur va avoir un accident de voiture ; la grande soeur culpabilise, ne se sent pas capable d'aller voir sa soeur à l'hôpital et décide de reprendre ses recherches. Elle va avoir une position de déni (là on voit que j'ai été psychologue !) et voir en quoi elle peut aider sa soeur : elle va alors découvrir que sa soeur avait commencé de grosses recherches et était dans un projet sérieux. Le parallèle s'est fait simplement : les soeurs vont se retrouver dans le second acte et avancer ensemble dans leurs recherches sur Jane Henriot et dans leur histoire personnelle par rapport à leur mère. Une fois que les personnages sont fixés, on les laisse parler, on les laisse vivre, chacun a son vocabulaire et les choses vont d'elles-mêmes.

Sortir à Paris : Le spectacle donne-t-il des informations sur l'histoire du théâtre ? 

Marie Den Baës : Oui, il y a énormément d'informations. Autant pour les experts (où se trouvait la loge de tel sociétaire par exemple), que pour le public lambda (savoir ce qu'est un rideau de fer, ce qu'était le théâtre à l'époque...). Il y en a pour tout le monde, qu'il connaisse ou non l'histoire de la Comédie Française. Les informations ne seront ni trop lourdes ni trop longues : je me suis fait plaisir, j'ai écrit ce spectacle aussi pour que mes neveux de 12 et 15 ans voient ça comme une enquête à la Sherlock Holmes et qu'ils ne s'ennuient pas. J'ai demandé l'avis de personnes très différentes, de ma famille, d'experts, de l'archiviste de la Comédie Française qui elle raffole de petits détails... J'ai vraiment essayé de faire plaisir à tout le monde.

Sortir à Paris : Et une dernière question pour les lecteurs de Sortir à Paris : quel est votre endroit préféré à Paris ?

Marie Den Baës : Ah, je ne vais pas être très originale, c'est le café de la place Colette.

Sortir à Paris : Le Nemours...

Marie Den Baës : Voilà. On voit les gens qui passent, les sociétaires, des gravures et je vois ma Comédie Française. Je m'y sens chez moi... C'est la première chose que j'ai visitée à Paris. Et c'est mon endroit préféré.

Informations pratiques :

Jane(s) 
Théâtre Proscenium, 2 passage du Bureau, Paris 11ème 
Du 6 au 10 mai puis les 5 et 19 juillet 2015 
Réservez en ligne à partir de 15 euros

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