Coronavirus : un déconfinement le 4 mai, le plan de sortie de crise de l'Institut Santé

Par Laurent P. · Publié le 13 avril 2020 à 20h06 · Mis à jour le 13 avril 2020 à 20h07
Dans la lutte contre le coronavirus et pour faciliter le déconfinement, 80 experts de l'Institut Santé ont remis un "plan de sortie de crise" vendredi 10 avril à Emmanuel Macron. Les détails et préconisations de l'institut ici.

Une question qui brûle les lèvres de nombreux Français... Quand va-t-on donc sortir du confinement, mis en place en raison de l'épidémie de coronavirus ? Quelles vont être les modalités de sortie de crise ? Comment tout cela va donc se passer ? Des réponses que pourrait apporter Emmanuel Macron ce soir, lundi 13 avril 2020, lors d'une allocution.

Et en attendant d'avoir des réponses, 80 experts de l'Institut Santé, un think tank composé de chercheurs, médecins, économistes, psychologues, enseignants ou encore infirmiers et infirmières, ont déposé vendredi 10 avril 2020 à l'Elysée et à Matignon un "plan de sortie de crise" comprenant plusieurs recommandations pour le déconfinement.

Un déconfinement le 4 mai ?

Tout d'abord, concernant la sortie de confinement, les experts recommandent la date du 4 mai. "Un timing court et de la visibilité pour tout le monde" a même avancé Frédéric Bizard, économiste et Président de l'Institut. Comment ont-ils établi cette date ? Comme nous l'explique nos confrères du Parisien, le think tank a étudié "l'évolution de la pandémie et les résultats des stratégies à l'étranger". Une évolution qui s'est stabilisée en France, les autorités sanitaires ne parlant plus de pic, mais de "plateau" dores et déjà atteint.

"On commence à le voir avec la baisse, depuis quatre jours, du nombre d'entrées à l'hôpital", explique Frédéric Bizard. Il poursuit : "Et on a vu en Chine qu'il faut compter ensuite deux à trois semaines pour que le nombre de contaminations baisse des deux-tiers. En France, ce cap se situera autour du 4 mai". Et de conclure en expliquant que la reprise du travail ne pourra se faire que progressivement, balayant d'un revers les recommandations du Medef sur une reprise plus dur du travail.

Comment s'organise ce déconfinement ?

Selon l'Institut Santé, la sortie de crise devra se faire sous conditions. Le plan de sortie préconise ainsi d'autoriser les personnes qui ne sont pas, ou plus, porteuses du virus à sortir et reprendre une activité, et de maintenir confinées les personnes encore malades, qu'elles soient confinées chez elles ou à l'hôpital. Et d'observer que d'ici le début du mois de mai, normalement, le pays devrait disposer de tout l'équipement nécessaire (masques, gels, etc.) pour permettre aux citoyens de se prémunir du virus.

Le plan évoque également la création d'une "brigade sanitaire" qui sera à même d'autoriser, ou non, la reprise d'activité en donnant la responsabilité aux employeurs de garantir aux salariés des conditions sanitaires de travail répondant aux recommandations actuellement en vigueur (accès à du gel ou du savon pour se laver les mains, permettre une distance suffisante pour travailler, potentiellement la mise à disposition de masques, etc.). Les employeurs pourraient également, selon l'Institut, permettre le télétravail quand cela est possible.

Un retour de l'école pour la rentrée des classes, en septembre ?

Ces gestes barrières à respecter et évoqués plus haut, difficile de les faire appliquer dans les écoles, tout particulièrement pour les primaires et les maternelles... C'est pourquoi l'Institut Santé préconise également un retour à l'école pour la rentrée prochaine, en septembre en maintenant jusqu'à début juillet le "téléenseignemant".

Une recommandation qui va dans le sens de ce que pense le corps enseignant ainsi que les parents d'élèves, et une piste que suit également - parmi beaucoup d'autre - le ministère de l'Education nationale. Une décision moins risquée selon Frédéric Bizard : "on prendrait le risque que 12 millions d'élèves ramènent le virus chez eux. Les limites du téléenseignement ne sont rien comparées au risque de rouvrir toutes les écoles" explique-t-il.

Un dépistage massif et rapide pour tous les citoyens

Pour éviter un seconde vague d'épidémie, le plan de sortie de crise préconise un dépistage massif de la population, pour ensuite créer plusieurs groupes de personne : le groupe des personnes immunisés, qui pourrait être rappelé en renfort pour soutenir le personnel hospitalier ou les personnes dont le travail est essentiel au bon fonctionnement du pays, par exemple ; le groupe des personnes malades, confinées chez elles ou à l'hôpital et dont devrait s'occuper le personnel médical ; et enfin, un groupe comprenant toutes les autres personnes et évoluant en fonction d'une contamination ou non au Covid-19.

A noter que selon l'Institut, les tests dans les Ehpad doivent être généralisés, et que toute personne contaminée, qu'il s'agisse du personnel ou des résidents, doit être immédiatement confiné. Pour terminer, l'Institut Santé évoque un contrôle renforcé aux frontières, mais pas de fermeture comme annoncé pour le moment. Ne reste plus qu'à attendre de savoir si ce plan sera mis en place ou si une variante verra le jour.

Ce sujet vous tient à cœur ? Contribuez à le faire connaître. Don sécurisé
Montant sélectionné :
Bravo ! Ce sujet sera vu par davantage de monde.

Informations pratiques

Commentaires
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche