Aides à domicile : l'État approuve la hausse des salaires au titre des efforts fournis face au Covid

Par Cécile D., Alexandre G. · Publié le 2 avril 2021 à 14h09 · Mis à jour le 2 avril 2021 à 14h10
L'Etat autorise la hausse des salaires des aides à domicile, qui vont pouvoir gagner entre 13 et 15% de plus à partir du 1er octobre. Le financement de cette opération n'est pas encore entièrement fixé : les départements estiment que le projet actuel leur demande une trop grande participation dans le financement de cette réforme des salaires.

Le 20 octobre dernier, l'Assemblée nationale entérinait en partie le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021, un texte "historique" en raison de l'épidémie sans précédent qui s'est abattue sur la planète. Parmi les dispositions budgétaires proposées, on retrouve une enveloppe de 200 millions d'euros à destination des aides à domicile, ou auxiliaires de vie, grands oubliés du Ségur de la Santé

D'ailleurs, c'est quoi au juste un.e auxiliaire de vie ? Ce sont tout simplement des professionnels de santé qui viennent s'occuper des personnes âgées, directement à leur domicile, en faisant leur ménage ou leur cuisine. D'où le nom d'aides à domicile, qui semble plus approprié dans ce cas. Pour Rudy Balbino, aide à domicile interrogé au JT de France 2 mardi 20 octobre 2020, la situation devenait insoutenable. « Quand dans un métier aussi indispensable, on est payé que le SMIC horaire ou un peu plus, ce n'est pas être reconnu. » 

Justement, c'est précisément pour combler ce manque de reconnaissance que le gouvernement s'efforce de donner un coup de pouce sur les salaires. En 2021, l'exécutif entend verser 150 millions d'euros au secteur, pour ensuite lui attribuer chaque année 200 millions d'euros. Une somme qui servira à revaloriser tous les salaires de quelques dizaines d'euros, voire jusqu'à 100 euros en fonction de son département.

Le vendredi 2 avril 2021, Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’autonomie, a donné son feu vert pour mettre en place l'augmentation « historique » des salaires des aides à domicile, à hauteur de 13 à 15%. Cette hausse doit entrer en vigueur à compter du 1er octobre 2021. La ministre déléguée s'est engagée à ce que l'avenant à la convention collective de la branche soit validé avant l'été.

France Info détaille cette hausse de salaire : un salarié de catégorie A (l'échelon le plus bas) au début de sa carrière, qui touche aujourd'hui le Smic, sera augmenté de 2,2%. Pour un salaire de 1 539 euros brut, on constate alors une augmentation de 33,50 euros. Mais avec dix ans d'ancienneté, le même salarié au Smic, sera augmenté de 13,6%. 

« Il est essentiel de revaloriser ces professionnels mobilisés en première ligne auprès des personnes en perte d'autonomie dans la lutte contre la Covid-19, et qui permettront demain aux Français de vieillir plus longtemps chez eux », a commenté la ministre.

Qui paie ?

Dernier obstacle à surmonter : le financement de cette mesure. Les départements ne souhaitent pour le moment pas signer cet accord, qui leur soutire trop d'argent selon eux.

L’Association des départements de France (ADF) se montre réticente à prendre une telle décision, d'autant plus qu'elle serait adoptée avant les élections départementales. Le Monde rapporte que le président de l'ADF, Dominique Bussereau « a dit à Brigitte Bourguignon qu’il ne pouvait pas, à deux mois des élections départementales [prévues en juin], valider un accord qui engage les futurs exécutifs départementaux. Avec 200 millions d’euros de l’État, nous considérons que le compte n’y est pas. Cet avenant coûtera aux départements entre 400 et 600 millions d’euros»

Même son de cloche du côté du président des affaires sociales de l’ADF. Frédéric Bierry souligne : « Je suis d’accord sur la nécessité d’augmenter les salaires, car nous n’arrivons plus à recruter dans les SAAD, mais le gouvernement ne peut pas nous demander de payer s’il ne met pas davantage sur la table. » Il ajoute que « si nous appliquons cet avenant, nous devrons aussi augmenter les rémunérations des salariés dans les foyers pour handicapés, pour qu’il n’y ait pas deux poids deux mesures avec ceux des SAAD ».

Brigitte Bourguignon ne s'avoue pas vaincue et entend bien poursuivre ses négociations avec l'ADF pour que l'avenant soit publié selon le calendrier annoncé.

Toutefois, Frédéric Neymon, directeur de "Âges et perspectives", une agence spécialisée dans le secteur, estime que « ce n'est certainement pas suffisant » explique-t-il. Le responsable rappelle que ces faibles revalorisations restent « des pansements sur un métier qui a besoin structurellement d'être aidé ». D'après lui, la seule solution valable est de « mettre plus de trois milliards et demi sur la table », avance-t-il. 

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