Comment sont morts les dinosaures ? Une étude propose une nouvelle théorie

Par Cécile D. · Publié le 17 février 2021 à 13h32 · Mis à jour le 17 février 2021 à 13h32
Une étude publiée dans la revue Scientific Reports remet en question la théorie selon laquelle l'extinction des dinosaures serait dû à un astéroïde qui se serait écrasé sur Terre. D'après l'auteur de cette étude, une comète serait plutôt à l'origine de cette extinction de masse.

Amir Siraj, étudiant en astrophysique à Harvard, est l'auteur principal de cette étude parue dans la revue Scientific Reports. Le jeune chercheur a étudié le nuage d'Oort, un nuage de débris situé à la limite du système solaire. Selon lui, une comète de ce nuage aurait été poussée vers le Soleil par la planète Jupiter et sa forte attraction gravitationnelle. La comète aurait alors explosé, propulsant un fragment de la comète vers la Terre. Amir Siraj estime qu'il se serait alors écrasé du côté de la péninsule mexicaine du Yucatan, à Chicxulub, entraînant l'extinction d'une grande partie des créatures vivant sur Terre à l'époque. 

L'étudiant explique à l'AFP (dont les informations sont relayées par le HuffPost) que Jupiter agit « comme un flipper » qui renvoie les comètes sur « des orbites les rapprochant très près du Soleil ». Face à l'astre, les comètes « les plus grosses éclatent en plus de 1000 fragments », détaille Amir Siraj. 

L'étudiant et son professeur Avi Loeb, co-auteur de l'étude, ont effectué des simulations gravitationnelles à partir des données disponibles sur le nuage d’Oort et le mouvement des planètes, afin de recréer sur ordinateur l'événement qui a pu mettre fin au règne des dinosaures.

Comète, astéroïde, quelle différence ?

« Les astéroïdes sont des rochers secs dans notre système solaire », tandis que les comètes ressemblent plus « à des boules de neige sales ou des roches glacées, aux extrémités du système solaire », explique Amir Siraj. Les astéroïdes sont plus lents que les comètes, leur impact sur Terre ne peut donc pas être aussi dévastateur selon les deux auteurs. 

Si la théorie actuelle de l'extinction des dinosaures implique un astéroïde, c'est que « les astéroïdes ont une fréquence d’impact légèrement plus élevée [que les comètes], donc ils sont favorisés par rapport » à elles pour expliquer la disparition des dinosaures, note Amir Siraj.

Cependant, selon l'étudiant, l'explosion de comètes multiplie le nombre d'objets célestes, et donc les chances que l'un de ces débris vienne frapper la Terre. « Notre théorie montre que potentiellement, des fragments de comètes encore plus massives (...) peuvent expliquer cette fréquence » de façon plus satisfaisante.

L'étude pointe également du doigt le fait que le cratère de Chicxulub est dû à un objet composé de chondrite carbonée. Cet élément n'est présent que dans 10% des astéroïdes, tandis que les comètes en possèdent plus souvent et en plus grande quantité. 

Un phénomène à craindre ?

Le professeur Avi Loeb a hâte de pouvoir travailler avec le nouveau télescope de l’Observatoire Vera Rubin qui doit être mis en service l’année prochaine au Chili. Il espère pouvoir observer l’attraction gravitationnelle sur les comètes. Cette étude « sera extrêmement importante pour faire des prévisions sur les 100 prochaines années, pour savoir si quelque chose de fâcheux pourrait nous arriver », explique-t-il.

Le professeur et son élève ont en effet calculé qu’un fragment de comète pourrait frapper la Terre à une fréquence longue de plusieurs centaines de millions d’années. La fin de notre civilisation n'a donc pas encore sonné. À moins d'une surprise. « Il s’agit d’une statistique, vous ne savez jamais quand la prochaine arrivera », modère Avi Loeb. 

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