Covid : pas de reconfinement national, le pari sanitaire risqué du gouvernement ?

Par Alexandre G. · Publié le 5 mars 2021 à 13h16 · Mis à jour le 8 mars 2021 à 15h20
Au soir des annonces du Premier ministre Jean Castex ce jeudi 4 mars 2021, les Français auront compris que le gouvernement maintient le statu quo du couvre-feu à 18h pour contenir l'épidémie du Covid-19 dans les 23 départements en "surveillance renforcée" - à l'exception du Pas-de-Calais, reconfiné localement dès ce samedi. Le choix du "contrat de confiance" et de l'accélération de la campagne de vaccination reste à doubles tranchants : politiquement efficace à court terme, l'aggravation de la situation sanitaire dans l'Hexagone pourrait le rendre risqué à moyen ou long terme. Décryptage.

Ouf, pas de reconfinement en France. Mais toujours des doutes. Face à la recrudescence de l'épidémie du Covid-19 et de ses nouveaux variants observée ces derniers jours dans l'Hexagone, le Premier ministre Jean Castex a confirmé au soir des annonces du jeudi 4 mars l'intention du gouvernement de ne pas reconfiner les Français à l'échelle nationale. Sur les 23 départements placés en "surveillance renforcée", dont l'intégralité de la région Île-de-France, seul le Pas-de-Calais a été reconfiné localement. Sur le long terme, cette stratégie est-elle viable ? Ou s'agit-il d'un pari sanitaire court-termiste risqué ? 

À l'échelle nationale, rien ne bouge : le couvre-feu instauré à 18h reste la norme partout en France. Pourtant, si l'on se fie aux chiffres de Santé publique France, les indicateurs de l'épidémie sont particulièrement dans le rouge, notamment au niveau du taux d'incidence (220,4 de moyenne nationale au 4 mars) et de la tension hospitalière (71,8% de taux d'occupation des lits en réanimation). Surtout, si l'on se souvient des préconisations gouvernementales avancées lors du confinement de l'automne dernier, on constate que l'exécutif a changé de braquet en matière de politique sanitaire

"Pas de hausse exponentielle", mais des chiffres inquiétants 

Si les chiffres de l'épidémie en février-mars se tiennent encore loin des standards observés lors du sursaut de début novembre en France (52 518 nouveaux cas quotidiens au 2 novembre 2020), et que le chef du gouvernement martèle qu'il n'y a "pas de hausse exponentielle" du Covid-19 en France, la montée spectaculaire du taux d'incidence dans certains départements -notamment franciliens comme la Seine-Saint-Denis, au-dessus de 400- laisse penser à un éventuel regain de forme de la pandémie, au moins à l'échelle locale. 

Pour lutter contre le fléau épidémique, le gouvernement entend faire confiance aux Français. Tout en accélérant de son côté sur la campagne de vaccination, solution ultime brandie par Jean Castex et Véran pour retrouver "une vie normale", d'ici la mi-avril selon ses pronostics. Sauf que cette solution prend du temps... Derrière, hormis le couvre-feu, pas d'obligation : seulement des recommandations. La dernière fois que le gouvernement s'est contenté de préconisations face au regain de forme du Covid-19 ? C'était juste avant l'automne, vers la fin du mois de septembre. Avec les conséquences que l'on connaît.

Un pari sanitaire quelque peu risqué qui pourrait s'avérer très dangereux pour l'exécutif, en cas de résurgence de l'épidémie. La stratégie du gouvernement serait ainsi pointée du doigt, mettant à mal le château de cartes du plan sanitaire de la Macronie. Gare à l'excès de confiance : quand il s'agit de questions sanitaires, la boule de cristal doit rester au placard. Pour l'instant, l'heure est à la prudence. 

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