Monoprix a annoncé mardi 10 février 2026 la fermeture de plusieurs magasins en Ile-de-France, notamment dans les Hauts-de-Seine (92) et le Val-de-Marne (94). L'enseigne urbaine du groupe Casino prévoit également la cession de trois points de vente au discounteur allemand Lidl. Une réorganisation qui concerne environ 200 salariés, mais sans aucune suppression d'emploi, assure la direction.
Concrètement, quatre des six fermetures annoncées touchent directement la petite couronne parisienne. Les Monoprix de La Défense et de Malakoff ainsi que le Monop' de Clichy dans les Hauts-de-Seine vont baisser le rideau, tout comme le Monoprix de Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne. Les deux autres fermetures concernent des magasins à Nantes (Loire-Atlantique) et Tours (Indre-et-Loire). Pour les salariés touchés, l'enseigne promet un repositionnement dans d'autres magasins de la marque au sein du même bassin d'emploi.
En parallèle des fermetures, Monoprix prévoit la cession de trois magasins franciliens à Lidl : ceux de Chatou, Le Pecq (Yvelines) et Argenteuil (Val-d'Oise). Le géant allemand du discount a confirmé dans un communiqué séparé être entré en négociations exclusives avec Casino. La finalisation de l'opération devrait intervenir d'ici la fin du premier semestre 2026. Lidl s'engage à conserver 100 % des effectifs des magasins repris. Le distributeur allemand, sixième acteur de la grande distribution en France, entend ainsi renforcer sa présence dans les zones urbaines et périurbaines, après avoir déjà repris 19 supermarchés à Auchan en 2025.
Ces décisions s'inscrivent dans la vaste réorganisation du groupe Casino, passé sous le contrôle du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky en 2024. Le distributeur stéphanois, qui avait accumulé des années de surendettement, négocie actuellement avec ses créanciers pour ramener sa dette de 1,4 milliard à 800 millions d'euros avant l'échéance de mars 2027. L'enseigne explique que ces projets résultent d'analyses menées magasin par magasin, prenant en compte la fréquentation, l'environnement commercial et les contraintes immobilières de chaque site.
Du côté des syndicats, l'inquiétude est palpable. La CGT Monoprix a dénoncé une réorganisation qu'elle qualifie de brutale. Les représentants du personnel s'inquiètent particulièrement pour les salariés amenés à passer chez Lidl, où les conditions de travail diffèrent sensiblement.
Au-delà de ces fermetures, onze magasins Monop' doivent passer en franchise avec un partenaire historique, et un autre point de vente à Lyon sera cédé à l'enseigne espagnole Primaprix. Sur les neuf premiers mois de 2025, Monoprix avait déjà fermé 16 magasins tout en en ouvrant 19. L'enseigne, qui compte plus de 600 points de vente, 17 000 collaborateurs et 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, prévoit de rénover l'ensemble de ses Monoprix à horizon 2030 dans le cadre du plan stratégique Renouveau 2030.
Bref, les habitants de La Défense, Malakoff, Clichy et Vitry-sur-Seine vont devoir trouver de nouvelles habitudes pour faire leurs courses. Une page se tourne pour ces magasins bien ancrés dans le quotidien des riverains, à l'heure où la grande distribution continue sa profonde mutation.
Âge recommandé
Tout public















