Nouveau rebondissement ce jeudi 22 octobre 2026 à Paris : la manifestation des lycéens et étudiants, interdite mercredi par la Préfecture de police, a bien été autorisée par le tribunal administratif, avant qu'un nouvel arrêté de la préfecture n'impose un rassemblement statique. Les manifestants se retrouvent devant l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, dans le 13e arrondissement, sans défiler vers la place de la Bastille.
Des centaines de manifestants sont rassemblés près de l'hôpital. Côté transports, plusieurs stations de métro restent fermées depuis 10h le long du parcours initialement prévu, à Place d'Italie, Austerlitz et Bastille.
Vacances de la Toussaint ou pas, la jeunesse mobilisée depuis la rentrée ne lâche pas le pavé. Cette nouvelle journée tombe cinq jours après la grande mobilisation du 17 octobre, et deux jours avant un nouveau rendez-vous prévu samedi.
Mercredi 21 octobre, la Préfecture de police avait publié l'arrêté n°2026-01404, qui interdisait le cortège déclaré entre le boulevard de l'Hôpital et la place de la Bastille. Elle mettait en avant les débordements constatés lors des rassemblements des 13 et 17 octobre, que l'organisateur n'aurait pas su empêcher.
L'Interfac IDF, qui avait prévenu qu'elle ne comptait pas se laisser faire auprès de France 3 Paris Île-de-France, a déposé un recours. Jeudi 22 octobre, le tribunal administratif a levé l'interdiction, comme l'a annoncé le mouvement étudiant sur ses réseaux sociaux.
La Préfecture de police a toutefois réagi dans la foulée. Selon France 3 Paris Île-de-France, elle a pris un nouvel arrêté qui transforme le cortège en rassemblement statique. Concrètement, les manifestants peuvent se réunir, mais pas défiler jusqu'à Bastille.
Ce bras de fer rappelle celui du 17 octobre. Ce jour-là, le cortège de République à la Concorde déclaré par l'Interfac IDF avait déjà été interdit par l'arrêté n°2026-01342.
L'Interfac IDF a donné rendez-vous à ses soutiens à 14h devant la Pitié-Salpêtrière, boulevard de l'Hôpital, à deux pas de la station Saint-Marcel. Avec le nouvel arrêté, le rassemblement doit rester sur place. Le mouvement annonce aussi une assemblée générale à 18h place de la République, à la jonction des 3e, 10e et 11e arrondissements, pour organiser la suite de la mobilisation.
D'après l'appel des organisateurs, le cortège devait partir du boulevard de l'Hôpital et remonter vers la gare d'Austerlitz. Il devait ensuite traverser la Seine, longer la gare de Lyon et terminer sa route à Bastille.
Le tracé n'avait rien d'un hasard. Les organisateurs présentaient cette marche comme une manifestation « en direction des travailleurs », avec un passage devant deux grandes gares et un hôpital, comme une main tendue aux salariés. Clin d'œil de l'histoire, le point de départ porte le nom du salpêtre, la poudre à canon qu'on fabriquait ici avant que le site ne devienne un hospice au XVIIe siècle.
À la demande de la Préfecture de police, la RATP ferme plusieurs stations depuis 10h. Sur la ligne 1, Bastille et Saint-Paul ne sont pas desservies. Sur la ligne 5, les fermetures concernent Place d'Italie, Campo-Formio, Saint-Marcel, Gare d'Austerlitz, Quai de la Râpée, Bastille et Bréguet-Sabin.
Manifestation du 22 octobre à Paris : les stations de métro fermées
Plusieurs stations de métro fermeront dès 10h à Paris ce jeudi 22 octobre 2026, en raison de la manifestation des lycéens et étudiants, bien qu'elle soit interdite et par mesure de sécurité. Bastille, Place d’Italie, Saint-Paul... La liste des arrêts concernés et les conséquences sur les correspondances. [Lire la suite]
Place d'Italie est également fermée sur la ligne 6 et sur la ligne 7, tout comme Bastille et Chemin Vert sur la ligne 8. Les rames passent sans s'arrêter, et les correspondances sont impossibles à Bastille (lignes 1, 5 et 8) comme à Place d'Italie (lignes 5, 6 et 7). La ligne 10 est par ailleurs interrompue entre Gare d'Austerlitz et Jussieu.
L'heure de réouverture n'est pas précisée. Tous les détails sont à retrouver dans notre article sur les stations de métro fermées pour la manifestation du 22 octobre.
L'appel est porté par l'AG interfac d'Île-de-France, la coordination lycéenne Paris x Banlieue, la coordination nationale étudiante et la Coordination nationale lycéenne. Cette dernière s'est réunie à Paris le dimanche 18 octobre. Selon son communiqué de presse, plus de 100 lycéens venus de 27 villes y ont participé, de Lille à Marseille en passant par Brest, Lyon ou Strasbourg.
Le texte appelle les lycéens à descendre dans la rue jeudi 22 et samedi 24 octobre, et soutient « toutes les suites de la mobilisation », des blocages aux occupations.
Côté étudiants, interrogée par France 24, Coppélia Moreau, membre de l'Interfac d'Île-de-France, explique que cette structure, qui coordonne les comités de mobilisation des universités franciliennes, a voté la poursuite du mouvement ce jeudi.
Les revendications tiennent en quelques lignes. Les jeunes demandent plus de moyens et de personnel dans l'éducation, des classes limitées à 25 élèves et la suppression de Parcoursup. Ils dénoncent aussi les inégalités entre lycées des beaux quartiers et lycées populaires, ainsi qu'entre public et privé.
S'y ajoute désormais la question de la répression. La coordination exige la libération des jeunes interpellés et l'abandon des poursuites. Elle critique aussi les fermetures de lycées décidées pendant les blocages. Côté gouvernement, le plan d'urgence de remplacement des professeurs absents (3 000 remplaçants promis) n'a pas suffi à calmer le jeu.
Le mouvement est né fin septembre dans les lycées de banlieue, notamment à Créteil le 23 septembre, avant de gagner tout le pays. Le 2 octobre, le ministère de l'Intérieur recensait déjà plus de 1 000 lycées touchés.
Attendez-vous à des perturbations tout l'après-midi autour du boulevard de l'Hôpital et de la Pitié-Salpêtrière, dans les 5e et 13e arrondissements. Les fermetures de stations décidées le long du parcours initial peuvent aussi évoluer, mieux vaut vérifier avant de partir. En fin de journée, l'assemblée générale prévue place de la République peut aussi ralentir la circulation dans le secteur. Ce jeudi s'inscrit dans un contexte déjà tendu, après plusieurs nuits de couvre-feu à Paris.
Avant de partir, consultez le site de la RATP, le calculateur d'Île-de-France Mobilités et notre point trafic métro, RER et trains. Si vous avez un rendez-vous à la Pitié-Salpêtrière, prévoyez une bonne marge et privilégiez une station encore ouverte, comme Chevaleret sur la ligne 6.
Envie de passer l'après-midi loin des boulevards ? Piochez dans nos sorties de ce jeudi 22 octobre 2026.
La Coordination nationale lycéenne annonce déjà la suite du calendrier :
Pour samedi, tous les détails sont à retrouver dans notre article sur la manifestation du 24 octobre à Paris. La grève du 5 novembre 2026 fait elle aussi l'objet d'un suivi.
Les lycéens promettent de revenir « encore plus forts » à la rentrée. Reste à savoir si la mobilisation tiendra pendant les vacances. L'histoire montre en tout cas que la jeunesse a déjà su faire plier le pouvoir, comme le raconte notre retour sur ces grèves de la jeunesse qui ont fait reculer les gouvernements, de Mai 68 au CPE.
Dates et Horaires
Le 22 octobre 2026
À 14h
Lieu
hôpital de la Pitié-Salpêtrière
47-83 boulevard de l'Hôpital
75013 Paris 13
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Manifestation du 22 octobre à Paris : les stations de métro fermées














