Il fut un temps où, à Disneyland Paris, une simple séance en salle pouvait vous donner l’impression d’entrer dans un univers totalement différent... C'est en tout cas ce que vous proposaient deux attractions, aujourd’hui disparues, à Discoveryland : d’abord Captain EO, qui plongeait les visiteurs dans une aventure futuriste portée par Michael Jackson, puis Chérie, j’ai rétréci le public, inspirée de l’univers de la famille Szalinski (mais surtout du film culte sorti en 1989). À elles deux, elles racontent une époque où le parc misait volontiers sur le cinéma, les effets 3D et l’immersion.
Quand Disneyland Paris ouvre en 1992, Captain EO fait partie des propositions marquantes de Discoveryland. L’attraction est alors présentée dans le théâtre de Discoveryland et met en scène un film en 3D déjà célèbre pour son pedigree impressionnant : George Lucas à la conception, Francis Ford Coppola à la réalisation, et Michael Jackson dans le rôle principal. Rien que ça ! Une attraction populaire, mais qui a dû fermer le 17 août 1998 pour faire place à d'autres aventures.
Ce qui faisait la singularité de Captain EO, ce n’était pas seulement la présence de Michael Jackson, mais son style très identifiable : une œuvre hybride, à mi-chemin entre le clip musical, la science-fiction et le conte pop futuriste. Costumes spectaculaires, chorégraphies millimétrées, musique omniprésente, effets 3D et ambiance galactique formaient un objet visuel typiquement ancré dans les années 1980. En clair : une attraction qui ne ressemblait à aucune autre, et qui assumait totalement son côté flamboyant.
Autre détail qui nourrit encore sa petite légende : après la disparition de Michael Jackson en 2009, le film a été remis à l’affiche dans plusieurs parcs Disney. À Disneyland Paris, Captain EO est revenu du 12 juin 2010 au 12 avril 2015. Une sorte de rappel nostalgique, comme si le parc avait rouvert pour quelques années une capsule temporelle pleine de lasers, de fumée et de vestes futuristes.
Après Captain EO, Discoveryland change de registre avec une nouvelle attraction, toujours dans le Discoveryland Theater : Chérie, j’ai rétréci le public. Une adaptation en salle de l’univers de Honey, I Shrunk the Kids, connu en français sous le titre Chérie, j’ai rétréci les gosses. La version parisienne a ouvert le 28 mars 1999.
Ici, plus question de sauver une planète à coups de chansons interstellaires. Le public entre dans le laboratoire du professeur Wayne Szalinski et devient, bien malgré lui, victime de sa fameuse machine à rétrécir. Le principe du film 3D reposait sur une idée très simple mais terriblement efficace : faire croire aux spectateurs qu’ils avaient changé d’échelle. Une souris pouvait sembler gigantesque, un chien éternuer à la figure de toute la salle, et le moindre objet du quotidien devenait soudain une menace monumentale.
Ce qui définissait particulièrement cette attraction, c’était l’alliance entre 3D et effets en salle. Chez Disney, ce type de spectacle ne se contentait pas d’être regardé : il se vivait physiquement. Les sièges, les sons, les surprises sensorielles et les effets synchronisés amplifiaient la sensation de panique joyeuse. On n’était pas dans une attraction à sensations classique, mais dans une salle où tout était fait pour donner l’impression que l’action débordait de l’écran. Et c’est précisément cela qui l’a rendue si mémorable pour toute une génération de visiteurs.
Ce qui relie Captain EO et Chérie, j’ai rétréci le public, au fond, c’est, au delà de leur emplacement, leur capacité à faire franchir au visiteur la frontière entre salle de cinéma et attraction. L’une vous propulsait dans une fantaisie pop futuriste portée par Michael Jackson ; l’autre vous glissait au cœur d’une comédie scientifique culte signée Disney. Deux univers très différents, mais une même promesse : ne plus être simple spectateur.
Aujourd’hui, ces attractions ont disparu du paysage de Disneyland Paris, mais elles conservent une place à part dans la mémoire des fans. Peut-être parce qu’elles racontent une époque où Discoveryland osait les expériences les plus étranges, les plus spectaculaires, et parfois les plus délicieusement kitsch. Et entre nous, un parc capable de vous faire hésiter entre "je suis dans un clip de Michael Jackson" et "je vais me faire écraser par un enfant géant" mérite tout de même une petite standing ovation nostalgique.
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