Plan de déconfinement : c'est quoi, un petit musée ?

Par Laurent P. · Photos par Laurent P. · Publié le 17 mai 2020 à 11h43 · Mis à jour le 17 mai 2020 à 11h45
Dans la lutte contre le coronavirus, Edouard Philippe a annoncé, mardi 28 avril 2020, lors d'une audition à l'Assemblée national, son plan de déconfinement qui sera mis en place dès le 11 mai, sauf changement. Et parmi les établissements ayant l'autorisation de rouvrir à cette date : les "petits musées"... Mais un petit musée, qu'est-ce c'est ? Quels sont les établissements concernés ? On fait le point.

Bonne nouvelle pour les petits musées... malgré le coronavirus, Edouard Philippe a présenté mardi 28 avril son plan de déconfinement, pour une reprise progressive des différents secteurs d'activité dès le 11 mai prochain. Et parmi les établissements cités lors de cette audition, les "petits musées" qui ont donc l'autorisation de rouvrir à cette date-là. Mais beaucoup d'interrogations surgissent dans le milieu culturel : qu'est-ce qu'un petit musée ? A quelle capacité d'accueil peut-on considérer qu'un musée peu rouvrir ? Autant de questions qui attendent des réponses plus précises.

Concernant ces réponses, il va falloir attendre encore un peu pour les avoir. Et pour cause, la plupart des musées ne les ont pas eux-mêmes et sont dans l'attente d'informations de la part du ministère de la Culture, qui, selon nos sources, a tout autant été pris au dépourvu par les annonces du Premier ministre lors de cette audition à l'Assemblée. La première question que tous se posent, en revanche, c'est de savoir ce qu'est un "petit musée" : "Est-ce la taille, le nombre de visiteurs, l'étendue de l'équipe muséale ? C'est l'inconnue totale. On attend les prochaines réunions" ont ainsi expliqué différents musées "dépendant de la tutelle publique" à nos confrères du Parisien.

"Petit musée", une question de superficie et de capacité

Steven Carnel, co-fondateur du Musée de l'Illusion, à Paris, a quant à lui une définition bien précise de ce que peut-être un "petit musée", ou en tout cas considère son établissement en tant que tel : "On a "petit musée" et à contrario "grand musée", avec de nombreuses salles et une fréquentation assez conséquente" explique-t-il. Il poursuit : "Nous, on se considère comme un petit musée à partir de deux critères : la superficie et le nombre de visiteurs. Notre établissement fait 400m2, et nous avons un nombre limité de personnes chaque jour". Et de conclure en se basant sur les directives gouvernementales édictées avant le confinement : "A ce moment-là, il y avait des interdictions d'ouverture pour les espaces de plus de 800 m2. On se base là-dessus pour le déconfinement". En attendant d'avoir plus de précisions du gouvernement, en tous les cas.

Une question de superficie et une question de capacité, surtout, selon Nicolas Laugero Lasserre, responsable du centre d'art urbain Fluctuart et de la galerie d'art Artistik Rezo, situé dans le 11e arrondissement de Paris : "C'est une question de capacité de l'établissement, en ce qui concerne les ERP (établissements recevant du public, ndlr). La capacité des établissements entraîne un risque sanitaire plus ou moins important". Troisième critère à prendre en compte également, selon lui, la configuration des espaces : et pour cause, les configurations "très confiné", entraîneront également "une plus grande prudence et une limitation de la jauge" dans l'accueil des visiteurs.

Réouverture des "petits musées" et galeries d'art, une bonne nouvelle pour le secteur

Un musée, Fluctuart, qui ne fait pas partie de ces établissements qui pourront ouvrir le 11 mai : "Malheureusement, Fluctuart n'est pas concerné, Fluctuart n'est pas un "petit musée", c'est un ERP avec une capacité de 500 personnes, donc malheureusement on n'est pas considéré comme un petit musée". Même si son établissement ne rouvrira pas tout de suite, Nicolas Laugero Lasserre accueille cette annonce avec une certaine sérénité et une certaine compréhension : "Je trouve ces annonces plutôt positives. Pourquoi mettre tout le monde dans le même panier ? Tout le monde ne peut pas être logé à la même enseigne".

En revanche, pour sa galerie d'art, Artistik Rezo, c'est une autre paire de manche : techniquement, celle-ci peut rouvrir dès le 11 mai, mais Nicolas Laugero Lasserre a décidé de reporter cette réouverture au mois de septembre. Une décision liée à cette sortie de crise, compliquée pour les galeries : "Ce qui fait vivre une galerie, ce sont ses séquences de vernissage dans lesquelles on peut brasser, même en étant une petite galerie de 60 m2, plusieurs centaines de personnes. Les soirs de vernissage, il est fréquent que nous ayons plusieurs centaines de personnes, 300, 400 personnes en turnover, évidemment".

Quoi qu'il en soit, une réouverture des galeries semble possible selon lui : "Pour les galeries d'art qui, je pense, peuvent être concernées par la réouverture le 11 mai, la plupart fait 30 voir 40m2", explique-t-il. Et de préciser qu'un groupe de 10 personnes maximum, seul rassemblement autorisé par le Premier ministre, ne devrait pas poser de problème par rapport à la capacité de ces petites structures : "10 personnes, c'est déjà beaucoup pour nous dans 40 m2, on ne les atteint pas. La fréquentation moyenne d'une galerie, c'est parfois 10, 15 ou 20 personnes".

Des mesures sanitaires à mettre en place

En ce qui concerne la réouverture de son musée le 11 mai, Steven Carnel est quant à lui dores et déjà prêt : "Nous avons mis en place des mesures, avec réservation par créneaux horaires, ça permet de contrôler le flux de visiteurs" explique-t-il. Et de continuer en évoquant les autres mesures sanitaires prises pour la sécurité de tous : "Nous sommes en train d'installer une signalétique au sol pour éviter que les visiteurs se croisent, nous avons également commandé des plaques de Plexiglas pour l'accueil des personnes et notre boutique, nous avons installé des écriteaux dans chaque salle expliquant les règles à suivre, à savoir pas plus de deux personnes par pièces, mais également des distributeurs de gel hydroalcoolique sans contact dans tout le musée".

Le personnel sera également mis à contribution et "contrôlera le flux de personnes au sein de chaque salle et fera respecter les règles de distanciation physique". Une équipe muséale qui devra également se protéger : "pour nos équipes, on a acheté en pharmacie des masques en tissus et on a en back up, pour tous les visiteurs qui n'en auraient pas". Et concernant le nettoyage des espaces, tout a également été pensé : "on a changé tous les produits de nettoyage permanent, on est passé sur des désinfectants. Notre entreprise de ménage, avec qui nous avons échangé, a désinfecté le musée, et désinfectera tous les matins pendant trois heures", avant que le personnel prenne la relève et nettoie les surfaces touchées à chaque passage. Faute d'autorisation, le musée de l'Illusion a malheureusement dû refermer ses portes le 14 mai dernier, alors qu'il venait de rouvrir.

A noter en revanche que deux espaces interactifs d'ordinaire accessibles, ne le seront plus jusqu'à nouvel ordre par mesure de sécurité. Pour pouvoir à nouveau profiter du musée dans son intégralité, il faudra encore être patient.

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