Née à Paris en 1902, Denise Bellon contribue à la fondation d'Alliance Photo, première agence photographique de l’entre-deux guerres. Marquée par l’esthétique de la « Nouvelle Vision », elle réalise de nombreux reportages dans les Balkans, en Finlande et en Afrique subsaharienne, ainsi que des commandes publicitaires d’une grande créativité.
Dissimulant sa judéité à Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale, Denise Bellon y poursuit son activité et laisse un remarquable ensemble d’images sur la ville sous l’Occupation. Fin 1944, elle couvre le maquis républicain espagnol replié dans l’Aude pour Midi libre, fondé par son mari Armand Labin, à la demande du Mouvement de libération nationale. En 1945, elle réalise à Moissac un bouleversant reportage sur la maison des Éclaireurs israélites, qui fut un refuge pour les enfants juifs jusqu’en 1943 et accueillera des orphelins de la Shoah après la Libération.
En 1947, elle rapporte de Djerba un remarquable ensemble d’images de la communauté juive de l’île.
André Breton lui confie ainsi de 1938 à 1965 la couverture des expositions surréalistes. Denise Bellon laisse aussi des portraits de nombreux artistes juifs de l’école de Paris et d’écrivains dont elle est proche, dont Simone de Beauvoir, Paul Bénichou, Joseph Delteil, Henry Miller ou Jacques Prévert. Grâce à sa familiarité avec le milieu cinématographique, on retrouve aussi les visages de Paul Grimault, Joseph Kosma, Nico Papatakis, ou les jeunes Marcel Marceau et Serge Reggiani. Ses filles aussi feront carrière dans le cinéma, Yannick comme réalisatrice, et Loleh comme actrice et dramaturge. En 1972, les derniers travaux de Denise Bellon sont des photographies de tournage de Quelque part quelqu’un, réalisé par Yannick.
D’une exceptionnelle diversité, son œuvre se caractérise par une forte indépendance dans le monde de la photographie, et une grande curiosité, tant pour l’« ailleurs », que l’on retrouve dans ses reportages à l’étranger, que pour l’insolite proche, qu’il s’agisse d’un mariage gitan dans la Zone entourant encore Paris avant-guerre, ou du surréalisme dont elle suivra les évolutions. Rompant avec les conventions bourgeoises de sa famille, elle porte sur le monde un regard vagabond que l’on retrouve chez d’autres photographes juives de sa génération comme Lore Krüger, Gerda Taro, Denise Colomb ou Gisèle Freund.

Dates et Horaires
Du 9 octobre 2025 au 8 mars 2026
Lieu
Musée d'art et d'histoire du Judaïsme
71 Rue du Temple
75003 Paris 3
Accès
Métro ligne 11 station "Rambuteau"
Tarifs
Tarif enfant -18ans : Gratuit
Tarif jeune -26ans : 5,5€
Tarif réduit : 7,5€
Tarif plein : 10,5€
Site officiel
www.mahj.org
Page Instagram
@mahjparis















