Aïlo : une Odyssée en Laponie, interview de Aldebert

Par Caroline J. · Publié le 6 mars 2019 à 06h30
Pour la toute première fois, l'auteur, compositeur et interprète français Aldebert prête sa voix à un film. Dans "Aïlo, une Odyssée en Laponie", réalisé par Guillaume Maidatchevsky, l'artiste conte avec tendresse la première année d'un petit renne sauvage en Laponie. Le film est à découvrir en salles le mercredi 13 mars 2019.

Petits et grands, amoureux des animaux et des grands espaces, ont rendez-vous au cinéma le 13 mars 2019 pour découvrir sur grand écran le film "Aïlo, une odyssée en Laponie". Réalisé par Guillaume Maidatchevsky, ce conte animalier familial retrace la première année d’un petit renne sauvage. Un long-métrage pour lequel l'artiste Aldebert a composé la chanson du générique et interprète la voix-off. Retour sur cette première expérience cinématographique avec l'auteur, compositeur et interprète français.

C’est la première fois que vous prêtez votre voix à un film. Pourquoi avoir accepté ce projet là?

D’une part, c’était nouveau. Je n’avais jamais fait ça auparavant et j’étais très excité par l’idée d’interpréter une voix sur un film. Ensuite, je trouvais une résonnance évidente avec mon univers, à savoir Enfantillages. Je ne suis jamais allé en Laponie, et je n’ai jamais vu de rennes de ma vie, mais j’avais beaucoup d’attaches et de points communs finalement avec cette histoire. Le film parle d’une famille, de l’apprentissage de la vie, d’enfants, de parents et d’aventures aussi. Pour toutes ces raisons là, le film m’a parlé et je me suis dit qu’évidemment, il fallait y aller !

Comment s’est passée la rencontre avec le réalisateur Guillaume Maidatchevsky ?

Nous nous sommes rencontrés sur l’un des mes concerts Enfantillages. Guillaume est venu avec ses enfants voir le spectacle. Il m’a appelé après en me disant qu’il préparait un film, un conte animalier qui se déroule en Laponie. Au début, je me demandais comment j’allais faire. Je ne savais pas par quel bout prendre la chose. Puis finalement, il m’a montré les premières images sur une terrasse de café à Paris l’été dernier. Assez vite, je me suis dit que c’était une évidence. Je me suis senti proche de ce projet. Puis est arrivée cette chanson du générique de fin et cette voix. C’est agréable quand on se sent aspiré naturellement par quelque chose. Quand ça se passe comme ça, il faut y aller et ne pas se poser de questions…

Comment s’est déroulé le travail sur la voix-off ?

Je me sentais bien, je me sentais en lien avec cette histoire et avec ces personnages. Il a fallu trouver la bonne musicalité dans la voix pour être parfaitement juste dans la scène du film. J’interprète cette voix comme j’interprète une chanson finalement.

Il y a un vrai lien finalement entre la narration et la chanson…

Oui. C’est marrant mais la chanson du générique a ouvert la porte pour la suite. Elle est arrivée très vite, avant même de faire la voix-off. J’avais fait quelques essais. Le réalisateur m’avait donné des images et j’avais le texte. Il fallait que je pose ma voix là-dessus. Et j’y suis allé comme d’habitude, c’est-à-dire naturellement, sans trop me poser de questions. La chanson est arrivée d’elle-même comme si elle existait déjà. C’était très étrange. Habituellement quand j’écris les chansons, je fabrique des images et j’invente un univers, des personnages, un cadre, une émotion à envoyer, je choisis un ton… Pour la chanson de Aïlo, j’avais déjà les images. Il fallait juste composer la musique mais j’avais l’impression que la chanson existait déjà. Du coup, j’ai envoyé assez vite à Guillaume une maquette.

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En tant que spectateur, quel est votre moment préféré du film ?

Ce que j’aime beaucoup dans ce film, c’est la présence de nombreux tableaux. On est sur des émotions souvent très contrastées d’ailleurs, des choses très tendres et d’autres qui sont beaucoup plus tendues, propres à la nature. Je pense à la naissance du début qui n’est pas la scène la plus simple. Je trouve que cet éventail d’émotions façonne le film. Du coup, on se sent très proche de ces animaux même si on découvre un univers plutôt hostile. Guillaume est arrivé à fabriquer ce rapport intime rapide avec ces animaux. Ce n’est pas forcément ce qu’on voit habituellement dans les films animaliers. Dans Aïlo, on est vraiment avec eux et on ressent les choses. C’est toute la force de ce film je trouve.

Concernant la voix-off, quel a été le moment où vous avez pris le plus de plaisir ?

Ce sont vraiment les animaux qui donnent le ton. Ce sont eux qui parlent. Guillaume et la production me donnaient de temps en temps des indications sur l’émotion qu’il fallait adopter. Parfois, on en fait pas assez et parfois trop. J’ai d’ailleurs tendance à en faire trop (rires). Je proposais donc des choses. C’est vraiment un travail de nuance, sur les respirations, sur le rythme… Tout ça, c’est quelque chose que j’ai appris à faire. Et j’ai adoré ça !

Combien de temps avez-vous enregistré ?

Sur Aïlo, nous avons eu deux bonnes grosses journées de studio. Nous avons fait à chaque fois quatre ou cinq versions de chaque phrase. C’est réellement un travail d’orfèvre, un peu comme on peut le faire sur une chanson, mais on ne le fait pas de la même façon. Sur une chanson, on la fait d’un coup. Là, on reprend des petits bouts de phrase. La production et Guillaume réécrivent également des textes en fonction de ce qu’ils ressentent. Ce travail m’a beaucoup fait penser au travail des duos. Sur Enfantillages, j’ai invité beaucoup d’acteurs et de chanteurs à venir partager mes chansons et l’artiste transforme forcément la chanson. Sur Aïlo, ma voix a quelque part changé un peu le film.

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Vous disiez que vous n’aviez jamais mis les pieds en Laponie. Le film vous a-t-il donné envie d’aller découvrir cette région polaire ?

A fond ! Mais forcément, si je vais en Laponie, je vais vouloir tous les revoir, c’est le fantasme (rires). Mais oui bien sûr, ça donne envie. C’est complètement incroyable, c’est presque de la science-fiction même.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Plusieurs projets sont arrivés d’un peu partout depuis la tournée Enfantillage 3. Je pense à cette émission de télé sur Enfantillages. Il y a donc eu ce film Aïlo, ainsi qu’une chanson avec un personnage fictif qui s’appelle Mortelle Adèle sur l’album des 10 ans… J’ai l’impression que Enfantillages a ouvert le champ à de nombreux univers différents. Prochainement, il y a un projet d’Enfantillages autour du monde, qui est un album sur la thématique du voyage. Cela devrait voir le jour dans deux ans je pense. L’occasion d’emmener Enfantillages ailleurs. Je pense d’ailleurs que la chanson d’Aïlo va naturellement trouver sa place dans cet album là.

Bande-annonce de « Aïlo, une Odyssée en Laponie » :

Aïlo, une Odyssée en Laponie
Réalisation : Guillaume Maidatchevsky
En salles le 13 mars 2019

Informations pratiques

Horaires
Du 13 mars 2019 au 26 mars 2019

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