Après Au Revoir là-haut, premier volet des Enfants du Désastre adapté en 2017 par Albert Dupontel, Couleurs de l'incendie (2022) transpose au cinéma le deuxième tome de la trilogie littéraire de Pierre Lemaitre. Réalisé par Clovis Cornillac et écrit par l’auteur du roman lui-même, le film réunit Léa Drucker, Benoît Poelvoorde, Olivier Gourmet, Alice Isaaz et Fanny Ardant. Il sera disponible sur Netflix le 25 février 2026.
Installé dans l’entre-deux-guerres, le récit suit Madelaine Péricourt, héritière d’un puissant empire financier, confrontée à une série de trahisons qui la précipitent dans la chute. Sans exiger de connaître l’intrigue du premier film, cette adaptation reprend l’univers social et politique de la saga de Lemaitre, en déplaçant le centre de gravité vers un parcours de déclassement et de reconstruction, sur fond d’Europe menacée.
La trajectoire de Madelaine s’inscrit dans une mécanique de pouvoir, de corruption et de manipulation, où l’intime se mêle au politique. Entre Paris et Berlin, le film déploie un drame d’époque qui observe les stratégies d’ascension, les alliances de façade et les violences symboliques d’un milieu qui se referme quand l’héritière vacille. L’enjeu central : reprendre la main dans un monde conçu pour l’exclure.
Couleurs de l'incendie est adapté du roman de Pierre Lemaitre (Albin Michel, 2018), suite directe d’Au revoir là-haut. Pour cette transposition, l’écrivain signe lui-même l’adaptation et les dialogues, un choix rare à ce niveau de production qui garantit une continuité de ton et de construction narrative avec l’œuvre d’origine. Côté mise en scène, Clovis Cornillac aborde ici son quatrième long métrage en tant que réalisateur, dans un registre de film historique davantage centré sur la dramaturgie et les rapports de forces que sur la fresque spectaculaire.
Le film reconstitue la France de la fin des années 1920, en croisant décors bourgeois, espaces institutionnels et coulisses d’un capitalisme d’héritiers. Les scènes berlinoises ont notamment été tournées à Strasbourg, dont certains quartiers correspondent à l’architecture du Berlin d’avant-guerre. La direction artistique et les costumes ont été remarqués lors de la saison des prix, avec des nominations aux César 2023 (costumes et décors).
Entre drame intime et chronique sociale, le film privilégie une narration tendue, portée par la progression d’une héroïne qui passe de la sidération à l’action. Le casting contribue à la densité du récit : Léa Drucker incarne une Madelaine en recomposition permanente, tandis que Benoît Poelvoorde et Olivier Gourmet inscrivent leurs personnages dans une galerie d’influents où l’intérêt prime sur l’affect. Par son ancrage historique et son regard sur les mécanismes de domination, Couleurs de l'incendie se rapproche d’un cinéma de reconstitution axé sur l’intrigue et les milieux, dans la lignée de certains drames français d’époque centrés sur la chute sociale et les stratégies de survie.
Notre avis sur Couleurs de l'incendie :
Rassurez-vous, nul besoin d'avoir vu Au Revoir là-haut pour comprendre ce nouvel opus, la trilogie de Pierre Lemaitre est plutôt thématique, et même si le personnage principal du film, était déjà présent dans le film d'Albert Dupontel, aucune référence à ce premier volet n'est faite dans le second. On y suit Madelaine Péricourt, riche héritière et propriétaire d'une importante parisienne en plein entre-deux-guerres, qui se fait dépouiller de tous ses biens par les hommes dont elle est le plus proche. Dès lors, elle échafaude un plan pour se venger.
Ecrit et dialogué par Pierre Lemaitre lui-même, vous n'avez aucun souci à vous faire quant au fait qu'il s'agît-là d'une très bonne adaptation. Sur fond de montée du nazisme, Clovis Cornillac propose, pour sa quatrième réalisation, un film d'époque bien mené et souvent haletant. C'est assurément son œuvre la plus ambitieuse. Cependant, il se laisse parfois submerger par cette ambition. On sent clairement sa volonté de réaliser un grand film, mais n'est pas Albert Dupontel qui veut et le style virevoltant et flamboyant d'Au Revoir là-haut se perd. Ici, la mise en scène est plus classique, plus plate parfois aussi. Certaines idées sont ratées, comme celle de vouloir donner l'impression que le film est sans cesse éclairé à la bougie en donnant à l'image de légères variations de lumière.
Tout n'est pas toujours convaincant, mais l'ensemble séduit, notamment grâce au formidable casting. Olivier Gourmet est notamment savoureux, et même les plus petits rôles, comme ceux d'Alice Isaaz et Fanny Ardant, sont au très bon niveau du long-métrage.
Couleurs de l'incendie
Film | 2022
Sortie au cinéma : 9 novembre 2022
Sur Netflix le 25 février 2026
Drame, Historique | Durée : 2h16
De Clovis Cornillac | Avec Léa Drucker, Benoît Poelvoorde, Alice Isaaz
Titre original : Couleurs de l'incendie
Nationalité : France
En adaptant le deuxième tome des Enfants du Désastre, Clovis Cornillac et Pierre Lemaitre prolongent l’exploration d’une France d’entre-deux-guerres traversée par les fractures sociales, les calculs politiques et les violences de classe. Porté par une intrigue de dépossession et de reprise de contrôle, Couleurs de l'incendie rejoint Netflix en février 2026, offrant une nouvelle porte d’entrée dans l’univers romanesque de Lemaitre, sans prérequis narratif.
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Durée moyenne
2 h
15 min











