Archéologie : une nouvelle pyramide découverte sur le site Maya de Tikal, au Guatemala

Par Cécile D. · Publié le 23 avril 2021 à 11h10 · Mis à jour le 23 avril 2021 à 11h10
Site bien connu des touristes passionnés par l'histoire Maya, Tikal n'a pas encore révélé tous ses secrets : les archéologues ont découvert une nouvelle pyramide dissimulée par la jungle, grâce à la technologie laser du LiDAR.

Depuis des centaines d'années, touristes et chercheurs sont passés devant sans la voir. En 2018, grâce à une prospection aérienne au laser LiDAR, des archéologues ont découvert une nouvelle pyramide, au nord du Guatemala, aux abords de la cité maya de Tikal. La méthode du laser LiDAR consiste à scanner une zone grâce à un laser, afin de cartographier précisément le relief d'un site et identifier des structures difficiles à voir à l'œil nu.

Tikal, ancienne cité fondée au IVe siècle av. J.-C., était le cœur du puissant empire maya, et s'étendait sur près de 15 km². Elle comporte plusieurs pyramides, dont une découverte récemment. Ce nouveau monument était auparavant confondu avec une élévation naturelle, recouverte par la jungle mésoaméricaine. Les fouilles menées dans cette pyramide en 2019 ont bouleversé notre vision de l'histoire de la cité maya.

Cette pyramide est située dans la périphérie de Tikal, et se détache bien des autres monuments construits là. La pyramide forme son propre environnement, avec les petits bâtiments et l'enclos qui l'entourent. Son architecture et ses formes frappent par leur différence : les spécialistes voient une ressemblance avec le reste de l'architecture de la cité, mais ce petit ensemble de bâtiments ne se fond pas dans la ville. 

En réalité, comme l'ont découvert les chercheurs, ce complexe est une reproduction miniature de la place dite de la Citadelle, au centre de Teotihuacan, soit à 1 000 kilomètres de là, au Mexique ! Les habitants de Tikal ont reproduit chez eux le temple du Serpent à Plumes. Une copie qui étonne les archéologues.

Le Figaro nous rapporte les propos de l'archéologue Edwin Román-Ramírez, directeur de fouille à Tikal : « nous savions que les Teotihuacanos avaient au moins une certaine présence et influence à Tikal et dans les régions mayas voisines avant l'année 378, mais nous ne savions pas si les Mayas ne faisaient qu'imiter certains aspects du royaume le plus puissant de la région. »

Avec ces nouveaux éléments en tête, le chercheur a mené de nouvelles campagnes de fouille, et en a conclu que les cités de Tikal et Teotihuacan avaient tissé des liens forts autour de la culture matérielle. Une céramique, de forme teotihuacan et décorée à l'image du dieu de a pluie de Tikal, des armes typiques de Teotihuacan retrouvées au Guatemala, des offrandes funéraires... Toutes ces trouvailles conduisent Edwin Román-Ramírez à penser que Tikal était en réalité une enclave ou une colonie semi-autonome de Teotihuacan.

La pyramide découverte en 2018 aurait été construite plusieurs siècles après la fondation de la cité maya. Ce monument (relativement) récent aurait été réalisé avant l'invasion militaire de Teotihuacan de l'an 378, lorsque les relations entre Tikal et Teotihuacan étaient encore amicales. « Nous ne pouvons pas dire avec certitude que les personnes qui ont construit tout cela étaient originaires de Teotihuacan, mais ils connaissaient certainement très bien la culture et les traditions de la cité », suppose Edwin Román-Ramírez. Dans les colonnes du journal guatémaltèque Prensa Libre, l'archéologue formule l'hypothèse que cette pyramide avait été construite pour un noble originaire de Teotihuacan. « Il devait s'agir d'un genre de dignitaire de Teotihuacan qui vivait dans le centre de Tikal », estime le chercheur.

Des ossements ont été découverts dans le monument. Les archéologues attendent avec impatience les résultats de leur analyse, pour peut-être percer quelques secrets de cette histoire si lointaine. « Ce que nous avons trouvé suggère que pendant plus d'un siècle, des gens qui étaient au moins très familiers avec Teotihuacan vivaient dans leur propre colonie, un secteur distinct dans son identité et pratiquant la religion de Teotihuacan », récapitule Edwin Román-Ramírez.

Ces découvertes permettent de repenser les relations entre les deux nations. Cette pyramide n'est que le début de nouvelles révélations sur l'histoire maya, une perspective qui ravit les archéologues. « Il est évident que nous sommes en train de mettre le doigt sur un événement très important de l'histoire des Mayas et de, et que l'un des plus grands mystères d'Amérique centrale est en passe d'être élucidé », s'est enthousiasmé l'archéologue Francisco Estrada-Belli, repris dans National Geographic.

Des fouilles sont toujours en cours à Tikal, et les chercheurs espèrent bien pouvoir enfin résoudre ces vieux mystères qui entourent les relations diplomatiques entre les anciennes nations qui ont régné sur l'Amérique centrale.

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