Réouverture des restaurants et cafés en France le 2 juin, seulement en terrasse en île-de-France

Par Caroline J. · Photos par Manon C. · Publié le 28 mai 2020 à 17h52 · Mis à jour le 1 juin 2020 à 15h08
Les restaurants, cafés et bars vont pouvoir rouvrir à compter du mardi 2 juin, dans tous les départements, mais avec des "restrictions temporaires" dans les zones placées en orange. Ainsi, à Paris et en Île-de-France, seules les terrasses des cafés, bars et restaurants pourront à nouveau accueillir des clients. C'est ce qu'a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe le 28 mai lors de sa présentation de la phase 2 du plan de déconfinement.

Alors que certains commerces ont pu rouvrir leurs portes le 11 mai dernier, dans le cadre du déconfinement, les restaurants, bars et cafés n'ont pas eu cette chance. Depuis, beaucoup se demandaient quand ces établissements seraient autorisés à reprendre un début d’activité. 

Edouard Philippe s'est exprimé le 28 mai, afin de présenter la phase 2 de son plan de déconfinement. Il a ainsi confirmé la réouverture des restaurants, cafés et bars "dans tous les départements à partir du 2 juin", mais avec des "restrictions temporaires" dans les zones placées en orange, c'est-à-dire à Paris et en Île-de-France. Dans ces zones concernées, seules les terrasses des cafés, bars et restaurants pourront à nouveau accueillir des clients. Cette mesure sera en vigueur au moins pour les trois semaines à venir.

Le 24 avril dernier, le Président de la République Emmanuel Macron, ses ministres Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ainsi que le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, avaient évoqué la situation des restaurants, cafés et bars, par visioconférence, avec les professionnels de la restauration et de l'hôtellerie.

Les mesures de soutien pour le secteur de l'hôtellerie-restauration

A l'issue de cette réunion, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont annoncé plusieurs mesures de soutien, comme notamment un renforcement du fonds de solidarité. « A compter du 1er juin, nous allons renforcer le fonds de solidarité. Il va désormais être accessible pour toutes les entreprises de l’hôtellerie et de la restauration, jusqu’à 2 millions de chiffre d’affaires, au lieu d’1 million d’euros, et jusqu’à 20 salariés au lieu des 10 salariés. Et le deuxième volet de ce fonds, qui était plafonné à 5 000 euros, sera porté jusqu’à 10 000 euros pour l’ensemble de ces entreprises. »

Autres annonces ? La prolongation du chômage partiel pour tous les secteurs qui ne peuvent pas redémarrer leur activité au 11 mai, dont celui de l'hôtellerie-restauration. Le gouvernement réfléchit également à mettre en place sur le long terme un fond d’investissement pour relancer ce secteur et permettre aux entreprises de redémarrer du bon pied. « Nous organiserons une réunion avec les assurances et les banques pour savoir comment alimenter ce fonds », a précisé le ministre de l'Economie. 

De son côté, Gérald Darmanin a confié que « 880 millions d'euros de charges sont d'ores et déjà reportées. ». Il a également indiqué que le gouvernement allait « continuer, pour tout le secteur, les reports de charges patronales et les reports d’impôts sur les sociétés ». 

Interrogé sur France Inter le 4 mai, Bruno Le Maire avait admis qu'il y aura des faillites pour certaines entreprises du secteur de l'hôtellerie-restauration : "Oui, il y aura des faillites. Je ne l'ai jamais caché. Il y aura des faillites dans certaines très petites entreprises. Il y aura des faillites dans les commerces. Nous le savons et nous devons nous préparer à affronter ces moments qui vont venir dans les prochains mois où les problèmes de trésorerie vont devenir pour beaucoup de chefs d'entreprise des problèmes de solvabilité.

A quand la réouverture des restaurants, cafés et bars et dans quelles conditions ? 

Le gouvernement a donc confirmé la réouverture des restaurants, cafés et bars partout en France à compter du 2 juin. Toutefois, dans les zones situées en orange, comme Paris et l'Île-de-France, seules les terrasses de ces établissements pourront à nouveau accueillir des clients dès mardi prochain. Cette nouvelle mesure devrait être appliquée au moins jusqu'au 22 juin 2020, date à laquelle est fixée la revoyure avant la phase 3 du déconfinement. 

Bien évidemment, les propriétaires de restaurants, cafés et bars devront respecter des consignes sanitaires très strictes. Le GNI (Groupement National des Indépendants) avait dévoilé, le 22 mai dernier, un protocole sanitaire de déconfinement commun à toute la profession HCR (Hôtels, Cafés, Restaurants). Edouard Philippe a confirmé que les professionnels du secteur devront faire respecter une distance d'un mètre entre chaque table. Les clients ne pourront pas être plus de 10 à table. Enfin, le port du masque sera obligatoire pour l'ensemble du personnel mais aussi pour les clients lorsque ces derniers se déplaceront en salle. A noter que dans les cafés et les bars, la consommation debout à l'intérieur sera interdite.

Les nouvelles offres de restaurants à emporter observées par QualiQuanti

Avec la crise sanitaire et les mesures de confinement, les consommateurs ont indéniablement modifié leurs habitudes alimentaires. Ne pouvant plus accueillir de clients, de nombreux commerçants ont alors développé la vente à emporter, sans passer par Deliveroo/Ubereats. Pour les aider dans leur démarche, le cabinet d’études marketing QualiQuanti a mis sur pied un rapport. Concrètement, cette étude a regroupé et analysé toutes les pratiques commerçantes actuelles, essentiellement en milieu urbain. Objectif ? Aider les restaurateurs à adapter leurs offres au nouveau contexte. Mettant en évidence les bonnes pratiques à adopter face aux craintes de contamination liées au Covid-19, cette étude évoque également les thèmes des offres, des emballages, des tarifs, de la communication physique et digitale, des mesures d’hygiène, de la gestion de l’espace, de l’accès et de la livraison, de la relation clients…

Nous avons contacté par téléphone Daniel Bô, fondateur et dirigeant du QualiQuanti, afin d’en savoir un peu plus sur ces nouvelles offres à emporter proposées par certains commerçants de proximité.

Pourquoi avoir lancé cette étude ?
Pour les consommateurs, le message est simple. Renseignez-vous car il y a des opportunités de se faire servir d’excellents plats ou menus à des tarifs très accessibles, à 15 €, 20 € ou 30 €. En général, le menu (entrée, plat, dessert) est souvent à 22 €, comme par exemple chez Pottoka, Christian Constant ou la Cantine du Troquet à Paris. D’ailleurs, le menu est plus copieux que quand on consomme sur place. Il y a moins de dressage de l’assiette et donc un peu plus de remplissage de l’emballage.

Comment se présente cette nouvelle offre à emporter mise en place par certains restaurateurs pendant le confinement ?
Fini ce qu’on proposait traditionnellement sur place et à mettre dans une boîte pour le consommateur. C’est désormais plus sophistiqué avec une offre qui change. Désormais, nous avons une cuisine totalement différente, qui nous est présentée en livraison ou en click & collect. La nourriture proposée n’est pas la même que celle servie à table. Par exemple, de la viande confite ou un agneau de 7h se réchauffe beaucoup plus facilement que d'autres recettes. D’autres choses ont été repensées comme l’emballage, le service, l’accompagnement et même la relation avec le client. Le processus de décision a évolué également. On ne choisit plus par rapport au lieu mais en fonction de l’offre du moment.

Avec le succès de cette nouvelle offre à emporter, pensez-vous que les commerçants poursuivront le click & collect dans les semaines et mois à venir ?
Oui. D’abord il y a aura des consommateurs, habités à avoir commandé pendant le confinement, qui voudront continuer. Ensuite, pour les restaurateurs, ça leur a fait un complément de revenus. Ils auraient tort de s’en priver. Il y aura moins de place dans les restaurants également. Et puis, j’ai surtout observé que les gens consomment dehors à présent. Ils sont assis par terre, sur les bancs publics. J’aime dire que l’extérieur est le nouvel intérieur. De plus en plus, nous achetons quelque part mais, par peur de rester dans un endroit clos où l’air n’est pas renouvelé, nous consommons dehors, dans des jardins publics par exemple. Pourquoi pas dans des lieux tiers, comme sur des terrasses qui auront été aménagées spécialement, dans des rues qui, peut-être demain, seront piétonnisées, dans des espaces où avant il y avait des voitures….

Par quoi avez-vous été le plus frappé ?
J’anticipe un vrai problème, il n’y a pas de toilette publique aujourd’hui. C’est-à-dire que les bars et les restaurants servent à consommer, mais aussi à se laver les mains et avoir des toilettes. Aujourd’hui, beaucoup de toilettes publiques JC Decaux et sanisettes sont fermées et abîmées. Je pense qu’il faudrait qu’il y ait une offre de toilettes publiques payantes parce que sinon cela va être catastrophique.

Avez-vous quelques exemples de bonnes pratiques, observées à travers votre étude, à recommander ?
Il y a le menu à emporter de Pottoka que j’apprécie particulièrement parce qu'il change tous les jours. Autrement, L’ami Jean par exemple, dans le 7ème, a fait une très belle devanture avec des fruits et légumes de ses différents producteurs, avec un banc à l’accueil… J’ai vu aussi des gens qui mettaient des oursons géants devant leur entrée pour annoncer leur ouverture. Une pizzeria, située sur la Place de Clichy, a mis directement dans la rue des exemples de pizza sous le nez des consommateurs. Il y a aussi certains cavistes qui ont installé des bouteilles de vins enchaînées à leur vitrine pour qu’ils puissent discuter des bouteilles avec leurs clients dans la rue. La problématique aujourd’hui est de faire sortir à l’extérieur ce qui est proposé à l’intérieur puisqu’on ne peut plus rentrer. 

Avez-vous un conseil à donner aux restaurateurs ?
Je pense à la diversité des emballages qu'il faut soigner ou bien aux petits mots d’accompagnement aussi. C’est un conseil que je donne aux chefs, mettez un petit mot dans l’emballage. Puisque vous n’êtes plus là pour expliquer vos assiettes, il faut qu’y ait un petit texte qui raconte le plat.

Découvrez quelques photos prises par Daniel Bô illustrant ses propos.

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