Coronavirus : L'Institut Pasteur émet des réserves sur l'immunité collective

Par Manon C. · Publié le 23 avril 2020 à 11h27 · Mis à jour le 23 avril 2020 à 13h46
L'Institut Pasteur a publié une étude séro-épidémologique réalisée à l'aide de tests de détection d'anticorps dans un lycée de l'Oise. Les résultats montrent que le seuil d'immunité est actuellement insuffisant pour pouvoir envisager une immunité collective de la population française, alors que le déconfinement approche.

L'Institut Pasteur a publié une étude, ce jeudi 23 avril, sur le site de publication de preprints médicaux MedRxiv, qui révèle que le taux de personnes présentant des anticorps contre le Coronavirus est actuellement insuffisant

Pour cette étude, l'Institut Pasteur a mené des travaux épidémiologiques, entre le 30 mars et le 3 avril derniers, dans un lycée de Crépy-en-Valois, l'un des premiers foyers de l'épidémie de Coronavirus en France où un enseignant est décédé du virus, le 28 février dernier. 

Selon les résultats de l'étude séro-épidémologique réalisée à l'aide de tests de détection d'anticorps, seulement 25,9% des enseignants, élèves et leur famille ont été infectés et ont développé des anticorps contre le Coronavirus; une proportion bien trop faible et donc un seuil d'immunité insuffisant pour pouvoir envisager une immunité collective de la population française, alors que la date du début du déconfinement en France, envisagé le 11 mai prochain, approche. 

L'Institut Pasteur développe et constate que 41% des lycéens, enseignants et personnels du lycée ont été infectés par le Coronavirus au cours des mois de février et mars, mais seulement 11% des membres de la famille des lycéens ont développé des anticorps. Bien loin des 70% attendus pour espérer une immunité collective capable de stopper la propagation du virus.  

Et encore faut-il que les anticorps soient efficaces contre le Coronavirus et que l'immunité perdure dans le temps, ce que tempère le professeur Arnaud Fontanet, premier auteur de l'étude de l'Institut Pasteur et responsable de l'unité Épidémiologie des maladies émergentes de l'institut, qui déclare "Nous n'avons pas de certitude sur le caractère protecteur des anticorps." 

Tout en soulignant les effets bénéfiques du confinement qui a freiné la propagation du virus, les auteurs de l'étude de l'Institut Pasteur suggèrent donc que l'immunité collective mettra du temps à s'établir durablement au sein de la population française et qu'un déconfinement hâtif n'est pas la bonne solution

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