Coronavirus : Jerome Salomon alerte sur une deuxième vague en France

Par Laurent P., Rizhlaine F. · Publié le 8 juillet 2020 à 11h19 · Mis à jour le 11 juillet 2020 à 10h18
Faut-il s'attendre à une seconde vague de coronavirus en France ? Jerome Salomon appelle les Français à la vigilance face à ce scénario. Selon le Conseil Scientifique, un retour de la Covid-19 en automne serait extrêmement probable. Quels sont les indices qui rendent cette nouvelle vague de contamination possible ? On fait le point.

Alors que le coronavirus est considéré comme étant contrôlé en France, la lutte contre l'épidémie n'est pas encore terminée. Et si la covid-19 semble connaître un grand ralentissement en Europe, l'hypothèse d'une deuxième vague est toujours étudiée au sein de la communauté scientifique

Dans un entretien accordé au journal Le Figaro, Jérôme Salomon a appelé les Français à faire preuve de vigilance : "Il ne faut pas relâcher les efforts, même pour tous ceux qui sont actuellement en vacances" ajoutant qu'il fallait "se préparer à une reprise de l'épidémie, voire à une deuxième vague". Par ailleurs, l'arrivée de cas importés pourrait également laisser présager un retour de l'épidémie au cours de l'été.

Le 22 juin 2020, le Conseil Scientifique avait estimé "extrêmement probable" l'arrivée d'une seconde vague de Covid 19 en automne. Il préconise alors de conserver les données qui ont été collectées depuis le début de la crise sanitaire. L'Ordre des Médecins, en revanche, présenterait un avis défavorable à l'allongement de la conservation de ces informations pour des raisons de confidentialité.  

Quels sont les indices qui permettent de penser qu'une deuxième vague est probable ? La rédaction fait le point : 

Un relâchement certain constaté par de nombreux épidémiologiques

"Maintenant que l’on voit clairement les infections baisser, les gens pensent que c’est fini. Mais ça ne l’est pas" expliquait Andréa Ammon, la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), fin mai. Une baisse du nombre de cas qui ont poussé beaucoup de Français a relâcher la vigilance depuis plusieurs semaines en ne respectant plus la distanciation physique ou les gestes barrières. Une situation constatée encore dernièrement lors de la Fête de la Musique, où plusieurs grands rassemblements ont eux lieu alors qu'ils étaient interdits, sans aucun respect des mesures sanitaires en vigueur encore aujourd'hui.

Ce relâchement, les épidémiologistes le rappellent dans la plupart des médias. "L’épidémie est sous contrôle, mais le risque est toujours là. Il est impératif de maintenir la distanciation physique et les gestes barrières" explique ainsi Pascal Crépay, épidémiologiste à l’École des hautes études en Santé publique de Rennes. Un relâchement qui, s'il perdure, facilitera d'autant plus la circulation du virus sur le territoire et l'apparition quasi certaine d'une deuxième vague.

Le R0 est de nouveau supérieur à 1 dans plusieurs régions françaises

Elles sont cinq au total, au 12 juin dernier, à voir un regain de l'épidémie selon Santé publique France : l'Auvergne-Rhône-Alpes, l'Occitanie, la Martinique, la Normandie et la Guyane. "En Normandie, le taux de reproduction effectif du virus a augmenté cette dernière semaine, jusqu’à dépasser le seuil d’alerte fixé à 1,5" a indiqué la Direction générale de la santé. Et de poursuivre : "Ce chiffre est désormais de 1,6".

Une hausse qui s'explique à travers deux facteurs principaux, comme nous l'indiquent nos confrères de Ouest France : par la hausse du nombre de clusters, mais également grâce à l'augmentation du nombre de personnes dépistées, permettant d'être encore plus précis sur l'évolution du virus et sa propagation. Ce qui suggère qu'une seconde vague est probable, c'est aussi que ce R0 en hausse dans certaines régions fait augmenter le R0 national : toujours selon Ouest France, du 1er au 12 juin, le taux de reproduction du virus est passé de 0,88 à 0,96.

Pour rappel, concernant le R0, lorsque l'indicateur est en dessous de 1, cela signifie qu'un malade contamine en moyenne moins d'une personne, mais si cet indicateur passe la barre des 1, ce a veut dire que le malade contamine cette fois-ci plus d'une personne en moyenne, signe que l'épidémie progresse.

Une pandémie qui se poursuit et s’accélère à travers le monde

Si le virus ralentit sa progression en France, c'est loin d'être le cas dans le reste du monde. Plus de 120.000 morts aux États-Unis, détection de nouveaux clusters en Chine, Italie ou Portugal, reconfinement partiel en Allemagne… autant de signes avant-coureurs qu'une seconde vague épidémique est possible, d'autant plus lorsque les frontières rouvriront le 1er juillet pour les pays hors de l'espace Schengen.

D'autres pays sont également d'ores et déjà touchés par une seconde vague, à l'image de l'Iran, de l'Inde ou encore de la Corée du Sud qui a reconnu, mardi 23 juin, voir déferler une nouvelle vague de contamination avec 50 cas dépistés par jour. 

La Covid-19, un virus sensible aux saisons ?

"Si on regarde l’historique des grandes pandémies de virus respiratoires, on voit que huit sur dix régressent dans les pays européens de manière spontanée durant l’été. En revanche, vous en avez cinq sur dix qui récidivent à l’automne". Des mots prononcés début juin par Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, qui sont loin d'être rassurants. Un virus qui pourrait revenir sous forme de deuxième vague plus tard dans l'année ? C'est l'hypothèse que semblent avancer de nombreux médecins et chercheurs, expliquant que le virus serait particulièrement sensible à la chaleur et qu'il se développerait plus aisément lors de période froide ou humide.

Une hypothèse qui s'explique par le fait que la maladie se propage par l'expulsion de gouttelettes, et que celles-ci "subsistent plus longtemps à l’air libre dans le froid, et que les défenses immunitaires sont affaiblies en hiver", comme nous l'expliquent nos confrères de Ouest France. Autre explication : le virus se dégraderait plus facilement sur les surfaces chaudes, "la couche de gras protectrice qui les enveloppe séchant plus rapidement" pour citer nos confrères. Une saisonnalité qui fait encore débat et qui devra trouver des réponses dans les différentes études menées sur le sujet.

En mai déjà, le centre européen de prévention des maladies (ECDC) avait indiqué que l'Europe devrait s'attendre à une seconde vague. Andréa Ammon, directrice de l'ECDC avait précisé que la question n'était pas de savoir si elle allait avoir lieu, mais d'estimer quand et l'ampleur qu'elle pourrait avoir. La perspective d'un retour du virus avait par ailleurs fait l'objet de l'élaboration d'un plan de reconfinement d'urgence de la part du gouvernement français. 

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