Covid : le variant sud-africain serait résistant au vaccin selon une étude

Par Laurent P., Caroline J., My B. · Publié le 21 janvier 2021 à 12h16 · Mis à jour le 21 janvier 2021 à 13h45
Après le Royaume-Uni, c’est l’Afrique du Sud qui inquiète les chercheurs. Selon eux, la nouvelle variante du Coronavirus découverte dans ce pays serait "davantage transmissible" que les précédentes souches mises en évidence et résisterait aux vaccins actuellement administrés dans le monde selon une étude.

Alors que plusieurs cas du variant britannique ont été détectés en France, la nouvelle souche sud-africaine du Coronavirus préoccupe de plus en plus les scientifiques. Selon plusieurs chercheurs, cette nouvelle mutation découverte serait "davantage transmissible" que les précédentes. 

Selon une étude préliminaire parue le 19 janvier, ayant consisté en l'étude de la réaction du plasma chez des patients guéris de la Covid, confronté à ce nouveau variant, celui-ci serait "largement résistant aux anticorps neutralisants", ainsi qu'aux vaccins, comme le rapportent nos confrères de Var Matin. Des premiers résultats, qui doivent encore être validés par un comité scientifique. Concernant cette mutation du virus, celle-ci se situe au niveau de la protéine Spike et répond au nom de E484K. Une mutation qui serait capable de diminuer la reconnaissance du virus par les anticorps, rendant leur action inefficace.

Une étude qui va même plus loin en expliquant que le risque de réinfection était important. "C’est un problème qui inquiétait beaucoup d’entre nous: que des nouveaux variants du Sars-Cov-2 échappent à la réponse immunitaire en plus de leur plus grande transmissibilité", a par ailleurs expliqué Kristian Andersen, immunologiste à l’institut de recherche Scripps, sur Twitter. Pour lutter contre ce variant, il est donc impératif que les vaccins puissent identifier la mutation pour enrayer le virus, et modifier leur vaccin en conséquence.

Une complication qui n'empêche pas la France d'être engagée dans "une course de vitesse" face aux nouveaux variants britannique et sud-africain du coronavirus, déclarait mardi 12 janvier Jean-François Delfraissy sur TF1. Il enjoint la population à "restreindre de façon drastique les relations entre la France et l'Afrique du Sud", où circule un autre variant, connu sous le nom de 501Y.V2.

"Nous pensons, et tous les éléments vont dans ce sens, que cette variante est davantage transmissible" a fait savoir Tulio de Oliveira, le directeur de l'institut de recherche KRISP. Selon lui, "80 à 90%" des génomes séquencés à partir de la deuxième moitié de novembre "présentaient cette variante", a-t-il ajouté. "Nous n'avions jamais vu une seule lignée dominer ainsi", ni "se répandre aussi vite", s’est-il alarmé.

Toujours d'après les conclusions de son étude, cette nouvelle variante aurait "probablement émergé dans la région de Nelson Mandela Bay", avant de s’étendre "vers Le Cap, région la plus touristique du pays".

Des conclusions qui pourraient expliquer la hausse fulgurante du nombre de nouvelles personnes positives au Covid-19 dans le pays. Le 23 décembre au soir, plus de 14 000 nouveaux cas ont été enregistrés en Afrique du Sud en l’espace de 24h. Ces chiffres "indiquent que le virus continue de se répandre de manière exponentielle", "beaucoup plus rapidement que pendant la première vague", a précisé dans un communiqué le ministre de la Santé Zweli Mkhize. "Nous allons dépasser le pic de la première vague dans les prochains jours", a-t-il prévenu, alors que la saison estivale s'est installée sur le pays. 

À l’heure actuelle, cette variante du Covid-19 concerne 90% des personnes testées en Afrique du Sud. Selon les scientifiques, elle n’apporterait pas plus de formes graves de la maladie. Toutefois, le virus se propagerait beaucoup plus rapidement, entraînant une saturation dans les hôpitaux.

Les chercheurs s’intéressent de près à ce variant et tentent désormais de savoir si les vaccins mis au point contre la première souche du Coronavirus sont aussi efficaces contre cette mutation du Covid-19 découverte en Afrique du Sud. Des analyses sont actuellement en cours. Le directeur de BioNtech a pour sa part confié qu’un vaccin contre cette nouvelle souche ou une autre pourrait être recombiné, si nécessaire, en l'espace de six semaines.

On rappelle que, le 31 décembre 2020 dernier, le premier cas de cette variante a été recensé en France, dans le Haut-Rhin. L'homme, habitant près de la frontière Suisse, revenait d'un séjour en Afrique du Sud. Le ministère de la santé a affirmé que la personne concernée était aujourd'hui guérie et qu'elle avait respecté le protocole sanitaire durant sa convalescence;  elle "s'est immédiatement isolée à son domicile dès l'apparition des symptômes" de fait, "aucun contact à risque n'a été identifié".

Jeudi 14 novembre, l'OMS s'est réunit en urgence pour évaluer la situation concernant les variants afin de pouvoir délivrer des recommandations : « Le comité se retrouve normalement tous les trois mois, mais "cette fois-ci le directeur général a convié les membres deux semaines plus tôt que le calendrier prévu pour étudier des sujets qui nécessitent un débat urgent. Il s'agit des récents variants et de l'usage de certificats de vaccination et de tests pour les voyages internationaux", a expliqué l'OMS dans un communiqué publié le 13 janvier au soir à Genève. 

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