Transports : Valérie Pécresse envisage de réduire l'offre de transports en commun

Par Cécile D. · Photos par Rizhlaine F. · Publié le 27 décembre 2020 à 10h37 · Mis à jour le 27 décembre 2020 à 10h37
Conséquence du confinement et du télétravail, les transports en commun se sont vidés. Pour réduire les coûts et rééquilibrer les budgets, la présidente de la région Île-de-France envisage de réduire le volume de bus et de trains sur le réseau.

Dans une interview donnée à L'Express, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse est revenue sur les défis financiers qui accompagnent les nouveaux comportements des travailleurs. Entre les confinements et l'élargissement des mesures de télétravail, les bus, métros et trains se sont soudainement vidés. Un manque à gagner important pour la région, qui devra prendre des mesures pour combler les pertes d'argent.

Valérie Pécresse note une baisse importante des déplacements dans Franciliens : « avant le Covid-19, nous enregistrions 43 millions de déplacements par jour dans la région. Sur ce chiffre, il y avait 7 millions de trajets domicile travail. Seulement 1% des Franciliens étaient déjà des adeptes du télétravail. C'était très faible et cela nous a surpris. Aujourd'hui, on voit que le télétravail et l'épidémie ont des effets directs sur la demande. Nous avons enregistré une baisse de 13% des déplacements, tous modes confondus. Dans le détail, la marche a reculé de 4%, la voiture de 19% et les transports en commun de 28%. À l'inverse, le vélo a progressé de 25% même s'il ne pèse que 3% du volume de déplacements. »

Cette baisse générale de 13% des déplacements est à imputer au télétravail, selon la présidente de région. En revanche, ce changement de comportement ne s'observe pas également dans toutes les couches de la société. « Le télétravail concerne plus les cadres (22% travaillaient à distance au moment de l'étude) que les ouvriers (9%) ou les employés (5%). On voit bien que le télétravail va générer une nouvelle fracture, à la fois sociale et territoriale. Pendant les périodes de confinement, les lignes des quartiers populaires ont fonctionné plus que les autres », détaille Valérie Pécresse.

Ainsi, les transports en commun ont perdu en moyenne plus de 50% de leurs voyageurs en 2020. Bien que les heures de pointe soient encore souvent chargées, bien souvent, les métros, bus et trains roulent presque vides.

Cette tendance risque de se confirmer en 2021 : la région s'attend à « 1 milliard d'euros de perte d'exploitation en 2021, qui ne sont pas couverts par le plan de renflouement de 2,6 milliards d'euros qu'il a fallu arracher à l'exécutif l'été dernier », déplore Valérie Pécresse.

Pour pallier à ce manque à gagner, l'Île-de-France envisage donc de baisser l'offre de transports. « Tout va dépendre de l'attitude de l'État. IDFM est une structure en bonne santé financière, on génère 500 à 600 millions d'euros de cash-flow chaque année. Nous aurons l'argent pour rembourser la dette Covid. Mais si nous n'obtenons pas le milliard en question, nous avons trois options. Baisser les investissements : je ne le veux pas. Augmenter le prix du Pass Navigo : c'est impossible et ce serait injuste. Baisser l'offre : c'est l'option privilégiée, mais il faudra que l'État l'assume », explique Mme Pécresse.

La région prend également en compte les évolutions de la population : l'envie de déménager "au vert", tout en restant près de Paris pour travailler, les débats sur la gratuité des transports, les travaux du Grand Paris... L'année 2021 réserve bien des défis.

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