Bac 2021 : l'épreuve du grand oral va-t-elle perdre de sa valeur ?

Par Cécile D. · Publié le 11 avril 2021 à 14h08 · Mis à jour le 11 avril 2021 à 14h08
Selon une information du Parisien, le ministère de l'Education nationale réfléchirait à baisser de moitié l'importance du grand oral. Cette épreuve du baccalauréat vaut aujourd'hui 10% de la note finale. En raison de la pandémie et des problèmes rencontrés cette année scolaire, la valeur de cette note pourrait être ramenée à 5%.

En juin 2021, les élèves de Terminale devaient se soumettre pour la première fois à l'épreuve du grand oral : un examen de 20 minutes qui clôt le baccalauréat. Une épreuve très importante, qui devait compter pour 10% de la note finale. Un pourcentage qui va peut-être être revu à la baisse.

Selon des informations du Parisien, le ministère de l'Éducation nationale envisagerait de ramener le coefficient du grand oral à 5% de la note finale, en raison de l'épidémie de Covid-19 et de l'influence qu'elle a eue sur cette année scolaire chaotique.

Pour le moment, les épreuves de juin sont toujours maintenues. En revanche, le ministère entend prendre en compte les parcours et la préparation au bac inégale que les lycéens ont subis cette année, notamment en baissant le coefficient du grand oral.  « Cela permettrait à la fois de maintenir le grand oral, une épreuve intelligente pour les lycéens, car c’est la première, dans leur cursus, qui leur permet de prendre la parole devant un jury. C’est un moment important avant leur entrée dans le supérieur. Et en divisant par deux son poids dans la notation, on enlève du stress, on prend en compte le fait que l’année a été particulière et la préparation du grand oral, chahutée. Leur note au bac est ainsi davantage axée sur les spécialités évaluées au contrôle continu, et sur l’épreuve de philo. C’est quand même mieux que d’annuler purement et simplement le grand oral », explique une source du Parisien qui travaille sur ce dossier.

Depuis plusieurs semaines, professeurs et lycéens tentaient de faire supprimer les examens finaux du bac, comme cela avait été le cas en 2020. Une professeure de sciences économiques et sociales explique que cette épreuve inédite peut être très pénalisante pour des élèves qui n'ont pas pu être préparés par leurs professeurs. 

Sophie Vénétitay, porte-parole du Snes-FSU, syndicat majoritaire du second degré, ajoute que « passer de 10 à 5 % de la note globale, cela montrerait qu’il y a une volonté de sauver à tout prix la grande réforme de Jean-Michel Blanquer. Le problème, c’est que même si l’on baisse son poids, l’épreuve reste mal préparée, à cause de la crise, du distanciel, ou encore des fermetures d’établissements et des différences d’accueil des lycéens. »

Le grand oral - qui sera donc mené pour la première fois en 2021 - est un exposé et un échange avec un jury, qui s'étale sur 20 minutes. Cette présentation porte sur une question étudiée pendant toute l'année par l'élève. Elle aborde également le projet d'orientation du bachelier. 

Le gouvernement défend cette épreuve, qu'il juge très utile pour préparer les lycéens à la prise de parole en public, compétence souvent demandée dans le milieu professionnel et dans les études supérieures. Le ministère de l'Éducation nationale tente donc de conserver à tout prix cette épreuve nouvelle du baccalauréat.

Pas sûr cependant que la baisse du coefficient du grand oral soit une bonne idée. Pour Hélène, professeure de lycée en Seine-et-Marne, « cela risque de démotiver un peu mes élèves, qui ont déjà du mal à se rendre compte qu’il y a le bac dans deux mois. Si on maintient, il faut le faire à fond et ne pas en faire une épreuve qui ne vaut plus grand-chose… Un peu de pression ne fait de mal à personne ».

Au grand déplaisir de tous les acteurs impliqués, la décision finale concernant l'évolution de cette épreuve du bac ne sera pas connue rapidement.

Un comité de suivi de la réforme du baccalauréat doit se réunir, avant le 3 mai, avec les organisations syndicales, afin d’évoquer d’éventuelles adaptations de l’épreuve, selon l’évolution de la situation sanitaire. 

Selon une ordonnance en date du 26 décembre 2020, le ministère a la possibilité d'adapter les modalités de l'examen jusqu'à deux semaines avant le début des épreuves. On se dirige donc vers un bac surprise pour les élèves de Terminale de 2021.

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