La nouvelle a surpris le monde des mecs sucrés et amateurs de pâtisseries : Christophe Michalak a vendu la totalité de ses parts à la société Kresk Développement, se retirant ainsi de l’entreprise qu’il avait fondée en 2013 avec sa femme Delphine McCarty. Autour d’une vingtaine de boutiques entre Paris et le Japon, et quelque 150 collaborateurs, la marque Michalak était devenue l’une des enseignes de pâtisserie parisienne les plus identifiables de la capitale.
Ce n’est pas la première fois que Kresk entre dans la danse. Le groupe avait déjà pris 70 % du capital de Michalak Paris dès 2023, dans le cadre d’une première opération présentée comme un soutien au développement de l’enseigne, notamment en Asie. Kresk Développement est le family office de Didier Tabary (ancien actionnaire majoritaire des Laboratoires Filorga), dont les actifs dépassent 1,5 milliard d’euros, répartis entre la cosmétique, le private equity, l’immobilier et l’environnement.
Autant dire que les pâtisseries Michalak passent entre des mains bien capitalisées. La cession totale annoncée fin avril 2026 par le chef lui-même acte la sortie définitive du fondateur. À 52 ans, Christophe Michalak confie vouloir cuisiner désormais “sans concession” et parle d’un “énorme break”, avec un projet atypique : parcourir la France à vélo électrique, à la rencontre des jeunes pâtissiers et des producteurs du terroir.
Bonne question, et celle qui intéresse le plus les habitués. Pour l’heure, rien n’indique de fermetures. Les boutiques restent accessibles rue du Faubourg Poissonnière dans le 10e, rue de la Verrerie dans le Marais, rue du Vieux Colombier à Saint-Germain-des-Prés, et au Printemps Haussmann.
Le site officiel Christophe Michalak reste également actif, avec commande en ligne et livraison réfrigérée en France métropolitaine. Ce qui change, c’est l’homme derrière le nom. La griffe Michalak a toujours reposé sur une identité très personnelle : un style rock’n’roll assumé, des recettes décomplexées, une énergie que les Parisiens reconnaissaient à chaque nouvelle ouverture.
Comme Pierre Hermé avant lui, qui avait cédé la majorité de sa société à L’Occitane puis à Butler Industries, Christophe Michalak avait fait le choix d’un partenaire financier fort pour accélérer son développement. La différence, c’est que Pierre Hermé est resté à la barre. Michalak, lui, passe à autre chose.
C’est là que la question devient intéressante. Une maison de pâtisserie haut de gamme peut fonctionner sans son fondateur, à condition que les équipes et les recettes soient bien transmises.
On pense à Ladurée, à Fauchon, à tant d’autres griffes parisiennes qui ont survécu à leurs créateurs. Mais une enseigne construite sur le charisme d’un seul chef, avec un nom propre sur la façade, c’est une autre affaire. Les créations iconiques restent au catalogue : le Kalin (l’ourson guimauve qui avait encore fait sensation lors du pop-up au Printemps Haussmann début 2026), le Paris-Brest revisité, le flan vanille, les viennoiseries de la boulangerie du Faubourg Poissonnière. Autant de références qui ont fidélisé une clientèle parisienne exigeante, et qui n’ont pas forcément besoin de Christophe Michalak en personne pour continuer à plaire.
Reste à voir ce que Kresk Développement envisage vraiment pour la suite. Lors de la première prise de participation en 2023, la structure avait annoncé vouloir renforcer la présence en France et à l’étranger. Ce cap reste-t-il d’actualité ? La réponse viendra sans doute dans les prochains mois, au fil des ouvertures ou des éventuelles évolutions d’enseigne. En attendant, pour ceux qui veulent découvrir ou redécouvrir les boutiques, les adresses parisiennes sont toujours en activité. La pâtisserie de la rue du Vieux Colombier dans le 6e, côté Saint-Germain-des-Prés, reste un bon point de chute pour les gourmands de la Rive Gauche.















