La forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne (77), brûle depuis le dimanche 12 juillet 2026. Parti en fin d'après-midi en bordure de l'autoroute A6, sur la commune de Noisy-sur-École, le feu s'est propagé au massif à une vitesse que l'on croyait réservée au sud de la France. Les autorités parlent d'un incendie d'une ampleur exceptionnelle, avec plus de 800 hectares déjà parcourus par les flammes après minuit, une vingtaine de kilomètres d'autoroute fermés et un trafic ferroviaire à genoux au départ de la gare de Lyon.
Le sous-préfet de la zone, Yannis Bouzar, a employé les mots d'« ampleur exceptionnelle » lors d'un point presse nocturne, quand les secours décrivent de leur côté un feu « très virulent ». Le panache de fumée était visible à une vingtaine de kilomètres à la ronde.
Ce qui frappe, c'est surtout l'ampleur des moyens. Pour la première fois en région parisienne, des avions bombardiers d'eau (deux Dash) et des hélicoptères ont été acheminés depuis le sud du pays, rejoints par des Canadairs. Au sol, environ 400 sapeurs-pompiers de Seine-et-Marne et leurs renforts venus de plusieurs régions se relaient, appuyés par des agriculteurs venus apporter de l'eau avec leurs tracteurs et leurs citernes. Le colonel Olivier Compta, qui dirige les opérations, évoque une intervention d'une à deux semaines.
La topographie du massif complique tout. Le sol tourbeux de Fontainebleau laisse le feu descendre sous la surface, ce qui oblige les équipes à noyer les parcelles pour éviter les reprises, même une fois les flammes visibles maîtrisées.
Dimanche soir, une quinzaine d'habitations ont été évacuées au Vaudoué, où le front de flammes s'est approché à une centaine de mètres des premières maisons. Environ 200 habitants ont pris les devants et rejoint d'eux-mêmes les gymnases ouverts pour les accueillir, tandis que des propriétaires de chevaux mettaient leurs animaux à l'abri au Grand Parquet de Fontainebleau.
Sans l'appui aérien, selon le colonel Compta, les villages de Noisy-sur-École et du Vaudoué auraient été entièrement évacués.
Ce lundi 13 juillet 2026, l'A6 reste coupée dans les deux sens entre Soisy-sur-École et Nemours, sur une vingtaine de kilomètres, avec sortie obligatoire à Ury dans le sens Province-Paris et à Cély dans le sens Paris-Province. L'A5, fermée dimanche à cause d'un feu de chaume vers Le Châtelet-en-Brie, a rouvert dans la soirée. On consulte Bison Futé avant de prendre la route.
Côté rail, l'addition est lourde : l'incendie du Châtelet-en-Brie a endommagé des câbles de signalisation le long de la LGV Sud-Est, provoquant des retards allant jusqu'à six heures à Paris gare de Lyon, en plein premier week-end de grands départs. Environ 130 trains ont été concernés et la SNCF a fait activer le plan Pegase pour renforcer les taxis après la fermeture du métro. Avant tout déplacement, on vérifie sur SNCF Connect.
Non, et c'est formel. La préfecture de Seine-et-Marne a interdit l'accès à l'ensemble du massif forestier, ainsi que les travaux agricoles dans les champs, pour éviter tout nouveau départ de feu. Les points de situation officiels sont publiés au fil de l'eau par les services de l'État en Seine-et-Marne, et le massif est géré par l'Office national des forêts.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'est rendu sur place ce lundi matin. Les conditions météo restent défavorables : l'Île-de-France est toujours en vigilance rouge canicule ces 12 et 13 juillet, et l'on peut suivre l'évolution des alertes sur le site de Météo-France. Pour savoir quand la chaleur lâchera enfin prise, on fait le point dans notre article sur la fin des fortes chaleurs en Île-de-France.
Un dernier mot, et il compte : près de 25 000 hectares ont déjà brûlé en France depuis le début de l'été, environ deux fois plus qu'à la même période en 2025. Un mégot jeté par la fenêtre, un feu d'artifice non autorisé, des gravats laissés en plein soleil suffisent à déclencher un sinistre comme celui-ci. Les autorités rappellent que les responsables, volontaires ou imprudents, s'exposent à des poursuites pénales.















