Coronavirus et traitements : les pistes de médicaments évoquées en France et dans le monde

Par Caroline J., Manon C. · Publié le 30 mars 2020 à 12h26 · Mis à jour le 30 mars 2020 à 12h27
Depuis l’apparition du coronavirus et cette crise sanitaire qualifiée par l’OMS de « crise sanitaire mondiale majeure de notre époque », les chercheurs et professionnels de santé sont à pied d’œuvre pour tenter de trouver un vaccin ou un médicament efficace contre le COVID-19. Si l’anti-paludique chloroquine fait de plus en plus parler en France, d’autres pistes sont aussi évoquées dans le reste du monde. On fait le point sur ces avancées médicales qui donnent de l’espoir.

Si les mesures de confinement mises en place en Chine et en Corée du Sud semblent efficaces pour lutter contre la propagation du coronavirus, le nombre de personnes infectées par le COVID-19 dans le reste du monde - et notamment en Europe - ne cesse de se multiplier. En Italie, on recense à ce jour, jeudi 26 mars 2020, 7 503 décès et 74 386 personnes infectées contre 1331 décès et 25 233 cas confirmés en France.

Alors, pour faire face à cette crise sanitaire mondiale, chercheurs et professionnels de santé du monde entier travaillent d’arrache-pied pour tenter de trouver un traitement efficace pour vaincre le COVID-19. Si le vaccin risque de ne pas voir le jour avant plusieurs mois, des essais cliniques de médicaments sont en ce moment même réalisés dans plusieurs endroits du globe.

La chloroquine, la piste française

En France, la piste de la chloroquine, fait beaucoup parler. Selon le Professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranéen Infection de Marseille (Bouches-du-Rhône), l’anti-paludique Plaquenil - nom commercial de la chloriquine - serait efficace auprès de trois quarts des patients infectés par le coronavirus.

Pourtant, comme le rappelle Le Monde, l'étude de Didier Raoult repose sur des éléments ténus, et ses résultats sont contestables (et contestés par la communauté scientifique). Ainsi, un patient de l'étude du professeur Raoult, traité à l’hydroxychloroquine, est mort mais n’a pas été inclus dans l’analyse. Tout comme trois autres patients dont l’état s’est aggravé malgré le traitement à l’hydroxychloroquine, et qui ont dû être placés en soins intensifs; alors même que parmi les patients non-traités de l'étude, on ne déplore aucune mort ni aucune réanimation. 

Le Monde, toujours, souligne également des critères d’enrôlement peu clairs, une statistique contestée, des groupes traités et témoins trop différents pour être comparables et des hiatus inexpliqué entre les courbes présentées en vidéo et celles publiées. Autant de pratiques controversées qui font bondir les confrères du professeur Raoult. 

Lors d’un point presse le 21 mars, le ministre de la Santé Olivier Véran a expliqué que l'étude du professeur Didier Raoult serait testée "à plus grande échelle" : "J'ai demandé à ce que l'étude du professeur Raoult puisse être reproduite […] dans d'autres centres hospitaliers, par d'autres équipes indépendantes. Je suis cela d'extrêmement près." Le 17 mars, le laboratoire français Sanofi s'est dit prêt à offrir aux autorités françaises plusieurs millions de doses qui pourraient permettre de traiter 300 000 patients.

Selon Les Echos, cette étude menée par le Professeur Didier Raoult va rejoindre l'essai européen Discovery dont la part française est conduite par l'Inserm. Cet essai devrait porter sur plusieurs centaines de patients hospitalisés. Les premiers résultats devraient être dévoilés dans six semaines.

Un essai clinique avec 800 patients lancé en France

En attendant, un essai clinique a débuté le 20 mars dernier sur 800 patients dans les CHU de Lyon, Nantes et Paris. L’idée est de tester différents médicaments, jugés efficaces en laboratoire contre le coronavirus, sur quatre groupes de patients infectés par le virus. 

Un premier groupe sera traité de façon classique, par exemple avec de l'oxygène et ventilation. Le deuxième groupe se verra administrer du Remdesivir, un médicament habituellement utilisé contre le virus Ebola, alors que le troisième groupe recevra avec du Kaletra, connu pour soigner les malades touchés par le VIH. Enfin, un mélange de deux molécules, le Kaletra et un interféron bêta, sera prescrit au dernier et quatrième groupe. 

Le 30 mars 2020, Frédérique Vidal, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, a annoncé sur France Info que les premiers résultats des tests de molécules menés dans les hôpitaux français contre le Coronavirus seraient connus prochainement, avec un "premier retour en fin de cette semaine". 

Des médecins français se portent volontaires 

Alors que le traitement à la chloroquine et l'étude du Professeur Raoult font débat au sein de la communauté scientifique, des médecins français testés positifs au Coronavirus se sont portés volontaires pour tester le traitement sur eux-mêmes. 

C'est une pratique courante d'après le docteur Thierry Lardenois, Président de la Caisse autonome de retraites des médecins de France, qui en a fait la demande auprès du ministre de la Santé. 

Les antiviraux, une autre piste à l'étude dans le monde

Des nombreuses études cliniques sont en cours, dont la plupart repose sur l'étude des effets de médicaments pré-existants face au virus Covid-19 : lopinavir, ritonavir, darunavir (déjà utilisés pour traiter les infections au VIH ou au Sars-CoV-2), remdesivir (testé contre Ebola) ou encore favipiravir ou umifénovir (contre la grippe et d'autres virus).

Les résultats n'ont, pour la grande majorité, pas encore été publiés ou ne sont pas assez convaincants. 

En Chine, l'hydroxychloroquine guérit 13 patients sur 15

Une étude publiée le 6 mars 2020 par le journal de l'université du Zhejiang s'est basée sur le cas de 30 patients atteints du Coronavirus, à qui l'on a administré de l'hydroxychloroquine. Après sept jours, 13 des 15 patients sous traitement ont été testés négatifs au Coronavirus : il ne portait plus de trace du virus en eux.

Dans le même temps, un autre groupe positif au Coronavirus n'a pas été traité à l'hydroxychloroquine, et le taux de rémission n'a été que d'un patient sur 15. Un test néanmoins trop minime pour être considéré comme significatif.

L'Avigan, une piste évoquée en Asie 

Autre traitement évoqué pour lutter contre le COVID-19 ? L’Avigan, un antigrippal développé par Fujifilm, également présent dans le secteur pharmaceutique. Selon le ministère chinois des sciences et technologies, les essais cliniques réalisés avec l’Avigan sont encourageants suite à des tests menés en Chine, sur 80 patients dans un hôpital à Shenzhen, puis dans un hôpital de Wuhan auprès de 120 patients cette fois-ci. Notez toutefois que certains spécialistes restent prudents à son sujet en raison de la principale molécule de l’Avigan, qui pourrait avoir des effets négatifs sur les fœtus des femmes enceintes.

Le BCG, la piste néerlandaise 

Connu pour être un traitement contre la tuberculose et le cancer de la vessie, le BCG est actuellement à l'étude au Pays-Bas. Ce vaccin permet de booster le système immunitaire et pourrait aider à prévenir des infections respiratoires et néonatales, l'année suivant l'injection. 

Une étude sur 1000 soignants de 8 hôpitaux des Pays-Bas devrait être lancée prochainement. Les résultats sont attendus dans 3 à 4 mois. 

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