Coronavirus : le vaccin russe soupçonné de fraude ?

Par Laurent P. · Publié le 18 septembre 2020 à 15h20 · Mis à jour le 18 septembre 2020 à 15h21
Et si le vaccin russe contre le coronavirus n'était pas aussi viable que ce que prétend le Kremlin ? C'est ce que mettent en avant des chercheurs américains, soupçonnant la Russie de fraude après avoir constaté "répétitions de motifs" suspectes dans les données de l'étude autour du vaccin, concernant ses phases 1 et 2.

De possibles faux résultats qui pourraient remettre en question plusieurs mois de recherche... Après les annonces tonitruantes de Vladimir Poutine sur la mise en circulation d'un vaccin contre le coronavirus, élaboré dans un laboratoire russe et prenant de cours le monde entier dans la course à la commercialisation d'un produit, des chercheurs américains viennent de remettre en doute les résultats des études autour de ce vaccin, les soupçonnant de fraude. En cause : des "répétitions de motifs" suspectes dans les données des phases 1 et 2 de l'étude autour dudit vaccin.

C'est à travers une lettre ouverte que les chercheurs ont dévoilé ces données suspectes. "Nous avons vu dans les figures de la publication les répétitions de motifs qui nous paraissent trop improbables pour être juste provoquées par le hasard", explique ainsi Enrico Bucci, biologiste à la Temple University de Philadelphie et spécialiste de la fraude scientifique. L'objectif de ce billet : simplement demander des explications aux chercheurs russes, ainsi qu'à The Lancet, où l'article a été publié.

"Le seul moyen de mettre fin aux incertitudes serait que les Russes publient les données brutes de leurs analyses, pour qu’on puisse enfin voir les chiffres des mesures", demande Enrico Bucci. Et de poursuivre : "Les seules données supplémentaires mises en ligne par le Lancet tiennent dans un fichier de 8 pages, alors que celles de la publication équivalente du vaccin de l’université d’Oxford et d’AstraZeneca, publiées dans la même revue, comptaient pas moins de 128 pages".

Une suspicion sous couvert de "guerre diplomatique", aussi, et qui intervient alors qu'une course au vaccin a actuellement lieu, même si les chercheurs travaillent de concert. Et une recherche qui ne s'en retrouve pas forcément grandi.

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