Saviez-vous que la destination touristique la plus fréquentée d'Europe abrite une curiosité architecturale introuvable dans les autres royaumes enchanteurs de la planète ? Lorsque l'on prépare une visite à Disneyland Paris, les habitués s'attendent naturellement à retrouver les zones cultes des parcs américains ou asiatiques. Pourtant, à une trentaine de kilomètres de Paris, en région parisienne, le secteur traditionnellement tourné vers l'avenir ne s'appelle pas Tomorrowland, mais Discoveryland. Cette signature singulière, loin d'être un hasard pour les visiteurs français comme pour les voyageurs internationaux, cache une formidable aventure de conception.
Lors de l'inauguration du premier parc en Californie en 1955, Walt Disney avait pensé Tomorrowland comme une vitrine étincelante des innovations scientifiques et de l'exploration spatiale. Le hic ? Le futur finit toujours par nous rattraper. En quelques décennies, les inventions projetées se sont matérialisées ou ont pris un coup de vieux, contraignant les Imagineers — les ingénieurs et artistes créatifs de Disney — à d'incessants et coûteux chantiers de modernisation pour maintenir l'illusion du lendemain.
Quand est venu le moment d'imaginer le resort aux portes de Paris à l'orée des années 1990, le directeur artistique Tim Delaney a choisi de contourner le problème avec malice : au lieu de courir après un futur réel voué à se périmer, pourquoi ne pas explorer le futur tel qu'on le rêvait dans le passé ?
C'est ainsi qu'a vu le jour le concept de Discoveryland, entièrement imprégné de rétro-futurisme et plus singulièrement du style steampunk.
Apparu dans la littérature de science-fiction vers la fin du 20e siècle, le mouvement steampunk imagine une uchronie séduisante : celle d'une civilisation où l'énergie de la vapeur (steam en anglais) et le génie mécanique de la révolution industrielle du 19e siècle seraient restés le moteur principal des plus folles conquêtes technologiques. Visuellement, cette esthétique repose sur des codes bien précis :
Des métaux chauds et bruts : du cuivre chatoyant, du laiton doré, du bronze patiné et des plaques d'acier rivetées rappelant l'ossature de la tour Eiffel.
Une mécanique triomphante et visible : d'imposantes roues dentées, des cadrans astronomiques, des pistons et d'élégantes tuyauteries cuivrées.
Le raffinement du 19e siècle : un mariage entre l'élégance victorienne et des machines fantastiques sorties tout droit d'un atelier d'inventeur.
En région parisienne, cet imaginaire s'articule autour des grandes figures du patrimoine intellectuel européen. Les curieux y admirent le lagon abritant le sous-marin Nautilus et la structure métallique de Space Mountain, tous deux inspirés des récits de Jules Verne, mais aussi les astronavires d'Orbitron dessinés d'après les croquis célestes de Léonard de Vinci, sans oublier les clins d'œil aux voyages spatio-temporels de H.G. Wells.
Au-delà de cette prouesse artistique, une légende tenace dans le milieu des parcs à thèmes raconte que ce choix d'univers aurait également servi un dessein diplomatique. À l'époque de la construction du site en Île-de-France, l'arrivée de la firme californienne suscitait d'âpres débats au sein de l'intelligentsia française, qui redoutait une forme d'hégémonie culturelle américaine. Les concepteurs auraient alors délibérément mis en avant Jules Verne et ses pairs afin d'offrir un gage d'authenticité et de respect du patrimoine local, préférant l'évocation poétique de la « Terre des Découvertes » au « Tomorrowland ».
Véritable manœuvre relationnelle ou pure intuition artistique, Discoveryland offre aux explorateurs de passage en région francilienne une parenthèse hors d'âge, prouvant que les rêves d'autrefois ne prennent jamais une ride.
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Lieu
Disneyland Paris
Boulevard de Parc
77700 Coupvray
Calcul d'itinéraire
Infos d’accessibilité
Accès
RER A station "Marne-la-Vallée - Chessy - Parc Disneyland"



























