Coronavirus : le Conseil d'Etat refuse d'ordonner le confinement total en France

Par Alexandre G. · Publié le 22 mars 2020 à 17h30 · Mis à jour le 22 mars 2020 à 21h30
En France, nombreux sont ceux à ne pas suivre scrupuleusement les consignes sanitaires exceptionnelles de confinement. Le Conseil d'Etat a refusé d'ordonner ce dimanche 22 mars 2020 la question d'un confinement total par de nouvelles mesures encore plus restrictives, afin d'endiguer la progression du coronavirus. Cependant, il enjoint le Gouvernement de réexaminer certaines dérogations.

Face au Covid-19, doit-on en arriver au confinement total ? Pour le Conseil d'Etat, saisi par le syndicat des Jeunes Médecins qui étudiait la question ce dimanche 22 mars 2020, ce n'est pas encore à l'ordre du jour. Alors que les Français sont appelés à rester chez eux depuis l'annonce du président Emmanuel Macron des nouvelles mesures de confinement lundi 16 mars, le corps médical et de nombreux observateurs déplorent une absence de prise de conscience et des consignes souvent trop peu respectées. 

Néanmoins, après 2h30 d'audience, l'institution "enjoint le Gouvernement de préciser la portée ou de réexaminer certaines des dérogations au confinement aujourd'hui en vigueur". En clair ? Il faut hausser le ton et limiter les dérogations, dans la mesure de l'urgence. Plus précisément, ils appellent à préciser les dérogations ou de réexaminer certaines des dérogations au confinement aujourd’hui en vigueur concernant notamment les déplacements pour motif de santé, ou pour les déplacements brefs comme pour l'activité physique à proximité.

Des articles de dérogations désormais connus de tous mais qui apparaissent "trop large" pour le Conseil d'Etat. Il en va de même pour les marchés ouverts, dont leur fonctionnement doit être évalué "compte tenu de leur taille et de leur niveau de fréquentation". Pour le renforcement des tests de dépistage, autre sujet à l'ordre du jour de cette audience exceptionnelle, les membres de l'institution considère que le gouvernement "a pris les dispositions nécessaires"

Ainsi, le syndicat des Jeunes médecins et l'Intersyndicale nationale des internes plaidaient ensemble devant le Conseil d'Etat la cause d'un confinement généralisé et total en France. Leur objectif ? Contraindre la population française au confinement total, au moins le temps d'endiguer la progression de l'épidémie dans l'Hexagone. Depuis le début de l'épidémie due au coronavirus, les syndicats du personnel hospitalier appellent à une certaine cohérence dans la gestion de la crise sanitaire, en n'hésitant pas à pointer du doigt les erreurs manifestes du gouvernement lorsque nécessaire. 

Dans le même temps, Patrick Bouet, président du Conseil National de l'Ordre des Médecins rappelait en interview sur BFM TV ce jour qu'il s'agissait avant tout de demander au Conseil d'Etat des "décisions nationales fortes", qui assurent une certaine "uniformité et fermeté" dans l'applications de ces mesures. Si l'on en croit l'institution, l'heure n'est pas encore au confinement total.

Des alertes répétées avec vigueur à l'unisson de l'ensemble des responsables politiques au vu de la situation actuelle. Jogging trop éloignés de son domicile, marchés alimentaires encore ouvert : l'attitude d'une bonne partie de la population témoigne d'un vrai manquement dans le respect des consignes. D'après les associations et syndicats du corps médical, cela participe à l'augmentation du nombre de contacts et représente un risque de propagation aigüe. Surtout si l'on agit pas efficacement dans les prochains jours. 

Parmi les nouvelles mesures efficaces, les mêmes syndicats réclamaient par exemple au Conseil d'Etat la fermeture des marchés, la limitation des sorties au strict minimum, que ce soit pour les courses alimentaires ou pour des raisons de santé. Aussi, ils proposaient de s'organiser sur le ravitaillement, à l'aide d'applications ou d'outils numériques. L'objectif serait avant tout d'éviter les zones d'affluence à l'approche des magasins, et ainsi éviter le risque de contact. Des questions pas encore nécessaires, à en croire le Conseil d'Etat.

Informations pratiques

Site officiel
www.conseil-etat.fr

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