Transports en Île-de-France : la région cesse de payer la RATP et la SNCF

Par Alexandre G. · Publié le 8 juillet 2020 à 14h12 · Mis à jour le 8 juillet 2020 à 14h12
Alors que le spectre d'un arrêt total ou partiel d'activité menace les métros, bus et RER, la présidente de la Région Île-de-France avait averti la menace d'une cessation de paiement pour la RATP et la SNCF si l'Etat ne compense pas intégralement le manque à gagner dû à la crise sanitaire. C'est désormais officiel depuis ce mercredi 8 juillet : la région ne paye plus ses deux prestataires.

Valérie Pécresse appelle l'Etat à venir en aide à la région Île-de-France. À partir du 8 juillet en Île-de-France, il se pourrait qu'il n'y ait plus aucun bus, RER ou métro en circulation. Île-de-France Mobilités (IDFM), l'autorité organisatrice des transports de la région a fait savoir à l'État qu'elle pourrait "faire jouer la clause d'imprévisibilité des contrats" précise sa présidente, Valérie Pécresse, au cas où l'État n'agirait pas pour aider la trésorerie et payer la RATP et la SNCF, les deux prestataires de la branche. 

Sans réponse de l'Etat, la région Île-de-France acte officiellement sa cessation de paiement ce mercredi 8 juillet. Valérie Pécresse a mis ses menaces à exécution, et annonce officiellement arrêter provisoirement de payer la RATP et la SNCF, qui devront désormais selon ses mots "utiliser leur trésorerie" afin d'assurer la circulation des transports publics

Quelques semaines auparavant, la présidente LR de la Région Île-de-France en charge de la gestion d'IDFM alerte sur le fait que "nous ne paierons plus les opérateurs à partir du 8 juillet par manque de trésorerie, tout simplement" souligne-t-elle dans une téléconférence de presse organisée mardi 23 juin. Elle poursuit en affirmant que "nous avons la trésorerie pour tenir quelques semaines, le temps qu'une solution soit trouvée". Cependant, en interne, on précise que l'entreprise ne pourra pas assumer plus longtemps le fonctionnement du réseau sans aide de l'État. 

Un coup de pouce nécessaire, tant les pertes enregistrées depuis le début de la période sont importantes. Le Covid-19 a, à lui tout seul, privé IDFM de 2,5 milliards d'euros de recettes en 2020. C'est la recette voyageurs qui fait défaut à la régie parisienne, puisqu'elle représente 38% de ses pertes, soit 1,6 milliard d'euros précisément. Valérie Pécresse rappelle que "pendant la première phase du déconfinement, on a continué à perdre 80% des recettes voyageurs avec la distanciation physique obligatoire que nous avons été les seuls à appliquer en Europe"

Pour elle, "il n'y a pas beaucoup d'autres options qu'un plan de renflouement massif" poursuit l'élue LR. Aussi, elle s'interroge sur les moyens mis en oeuvre par le gouvernement : "j'ai du mal à comprendre la logique du gouvernement. Mettre 15 milliards d'euros sur l'aéronautique, 9 milliards sur l'automobile". Elle affirme aussi qu'elle "ne veut pas des paroles d'amour", mais seulement des "preuves d'amour". Une romance, à la française. 

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