Incendie de la cathédrale de Nantes : le bénévole du diocèse placé en détention

Par Elodie D., Caroline J., Manon C. · Publié le 26 juillet 2020 à 09h58 · Mis à jour le 26 juillet 2020 à 10h44
L'enquête sur l'incendie de la Cathédrale de Nantes vient de connaître un rebondissement puisque le principal suspect, un bénévole du diocèse relâché le 19 juillet dernier, a finalement été mis en examen pour « destructions et dégradations par incendie », et placé en détention provisoire dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 juillet.

Les pompiers ont reçu un appel des riverains à 7h44 le samedi 18 juillet 2020. La Cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Nantes était en feu. Selon le procurer de la République de Nantes, « un premier départ de feu [a eu lieu] au niveau du grand orgue et deux autres à droite et à gauche de la Nef », ce qui le poussait à privilégier « la piste criminelle ».

D'après les premières constatations, il n'y a pas eu d'effraction, alors que trois départs de feu ont été repérés « à une distance conséquente les uns des autres », avait-il précisé. Une enquête pour incendie criminel avait alors été ouverte. 

Très vite, un bénévole du diocèse avait été placé en garde à vue, suite à l'incendie de la cathédrale. Des incohérences avaient notamment été constatées dans son emploi du temps. Mais le principal suspect avait été relâché sans poursuite le 19 juillet dernier.

Mais l'enquête vient de connaître un rebondissement puisque ce même bénévole du diocèse a finalement été mis en examen pour « destructions et dégradations par incendie » et placé en détention provisoire dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 juillet.

L’homme de 39 ans « a reconnu, lors de l’interrogatoire de première comparution devant le juge d’instruction, avoir allumé les trois feux dans la cathédrale : sur le grand orgue, le petit orgue et dans un panneau électrique », a fait savoir le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès. « Il regrette amèrement les faits et évoquer cela a été pour lui une libération. Mon client est aujourd’hui rongé par le remords et dépassé par l’ampleur qu’ont pris les événements », a pour sa part confié l’avocat du mis en examen, Me Quentin Chabert, au quotidien Presse-Océan. 

On rappelle que près d’une centaine de pompiers avaient été dépêchés sur place pour éteindre le feu. Lors d’un point presse, le directeur départemental des pompiers, le général Laurent Ferlay, avait indiqué : « Les dégâts sont concentrés sur le grand orgue qui semble être entièrement détruit. La plate-forme sur laquelle il se situe est très instable et menace de s’effondrer ».

A cela s'ajoutait le buffet d’orgue du XVIIe siècle, un tableau d’Hippolyte Flandrin du XIXe, une partie des stalles du cœur qui étaient récentes et les vitraux de la façade, dont une partie était des vestiges de vitraux du XVIe siècle, le reste étant moderne.

Le Premier ministre, accompagné des ministres de l'Intérieur et de la Culture, s'était rendu sur place le jour même en fin de journée. Il avait souhaité rendre hommage au professionnalisme et au dévouement de la centaine de pompiers, qui avaient été mobilisés dès le début du sinistre et qui l'avaient "géré de manière remarquable". Jean Castex avait notamment déclaré "place aussi à la reconstruction, que je souhaite la plus rapide possible et à laquelle l’État prendra toute sa part".

Ce n’est pas la première fois que cathédrale de Nantes, est victime d’un incendie. En 1972, le chalumeau d’un couvreur avait provoqué un incendie, ravageant toute la toiture. Le monument était resté fermé pendant trois ans.

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