Le PIB de la France baisse de 13,8% au 2e trimestre 2020

Par Elodie D. · Publié le 31 juillet 2020 à 11h36 · Mis à jour le 3 août 2020 à 14h33
Le PIB de la France pour le 2e trimestre vient d'être annoncé par l'INSEE et le pays entre en récession, avec -13,8% enregistrés entre avril et juin 2020, soit 470000 millions d'euros entre avril et juin 2020. La baisse de la production de biens, de la consommation de services, l'arrêt des constructions et la baisse d'acquisition d'actifs ont le plus joué sur la croissance.

L’adage s’est révélé vrai : quand la Chine éternue, le monde s’enrhume. Au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) français s’est effondré de 13,8 %, soit 110.000 millions d’euros en moins sur la période, selon les chiffres publiés ce vendredi 31 juillet par l’INSEE. Pour Mathieu Plane, de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), « Il s’agit du plus fort recul enregistré depuis la Seconde Guerre mondiale ».

Si l’on s’attarde sur la consommation des ménages, qui enregistre –11,0 % par rapport au 1er trimestre, c’est du côté des services que les ménages ont réduit leur consommation (-15,3 %), tout comme sur l’achat de biens fabriqués (-12 %). La facture énergétique a aussi baissé par rapport au premier trimestre (−11,1 %), en raison de la forte baisse des achats de carburants pendant le confinement. Reste que le budget alimentation est resté stable, à -0,5 % par rapport au premier trimestre 2020 (+1,8 % par rapport au 2e trimestre 2019).

La production s’est aussi effondrée, avec une baisse de -14,2 % sur la période, tous secteurs confondus. L’industrie manufacturière connait une chute de -19,9 %, quand la construction, à l’arrêt, a enregistré une baisse de -24,1 % de croissance sur le trimestre (-33,6 % par rapport à l’année 2019). L’investissement des entreprises affiche ainsi une chute de 17,8 % (après 10,3 % de baisse).

Le commerce extérieur a beaucoup diminué sur la période : les importations ont connu une baisse de −17,3 % (après –5,5 % au premier trimestre), notamment pour les biens manufacturés, mais l’effet positif de cette baisse a été contré par une baisse encore plus grande des exportations (−25,5 %), en particulier dans les matériels de transport.

L’INSEE met cependant en garde. Ces premiers chiffres sont des estimations qui restent fragiles et qui pourront être révisées au cours des prochains mois. D’ailleurs, elle précise que l’estimation de la croissance du PIB au premier trimestre 2020 est révisée à la baisse (0,6 point) et s’établit donc à –5,9 %.

C’est le 3e trimestre consécutif de baisse du PIB en France, ce qui place bien le pays en récession économique. Tout l’enjeu du gouvernement est de redonner confiance aux agents pour relancer la dynamique production-consommation, notamment avec  un plan de relance de plus de 100 milliards d’euros. L’INSEE prévoit un rebond 19 % pour le troisième trimestre et et la Banque de France table sur une croissance de 14 %.

Informations pratiques

Commentaires
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche
Affinez votre recherche