École obligatoire dès 3 ans : lutte contre le séparatisme et cas exceptionnels

Par Cécile D., Julie M. · Publié le 9 décembre 2020 à 16h06 · Mis à jour le 9 décembre 2020 à 16h07
L’école pourrait devenir obligatoire pour tous les enfants dès 3 ans à partir de la rentrée 2021, dans le cadre de la lutte contre les séparatismes. Actuellement, 50.000 enfants se trouvent « hors du système » et peuvent être victimes des « dérives » de l’instruction à domicile, dont la déscolarisation ou le communautarisme. Des autorisations exceptionnelles peuvent être accordées aux familles, sous conditions.

Ce fut une annonce forte du discours d’Emmanuel Macron sur la laïcité, le vendredi 2 octobre 2020. L’instruction à l’école serait rendue obligatoire dès l’âge de trois ans à partir de la rentrée 2021, et l'école à la maison, « strictement limitée, notamment aux impératifs de santé ».

Pour Macron, cette décision de rendre l'école à la maison interdite est « sans doute des plus radicales depuis la loi de 1882 (la loi Ferry qui rend l’instruction obligatoire jusqu'à 16 ans) ou celle sur la mixité à l’école en 1969 ».

Le président de la République a argumenté sa décision en expliquant que certains enfants sont déscolarisés et « vont dans des structures qui ne sont nullement déclarées. (…) Des structures très simples : des murs, presque pas de fenêtres ; des enfants qui arrivent à 8 heures chaque jour et qui repartent à 15 heures ; des femmes en niqab qui les accueillent ; et lorsqu’on les interroge : les prières, certains cours, voilà leur enseignement. »

Si ce phénomène est marginal et ne concernerait que des « centaines, des milliers d’enfants partout sur notre territoire », le nombre d’enfants scolarisés à la maison augmenterait chaque année. Certains parents demanderaient des « certificats [d’absence] pour allergies au chlore » afin d'éviter certains cours de sport à leurs enfants.

Mais hors de question de stigmatiser la culture arabe pour Emmanuel Macron. Le président a ainsi plaidé pour l’enseignement de la langue arabe à l’école en évoquant la richesse de « cette culture plurielle ». Il déclare ainsi que l’État doit « s’engager et soutenir ce qui doit, dans notre pays, permettre de faire émerger une meilleure compréhension de l’Islam ».

Des exceptions

Lors d'une conférence de presse, le 9 décembre, Jean Castex a présenté le nouveau projet de loi du gouvernement, visant à combattre le « séparatisme ». Parmi les grandes lignes de ce projet, l'éducation des enfants, et notamment la possibilité, ou non, de faire l'école à la maison.

A ce sujet, Jean-Michel Blanquer a déclaré que l'école est la « colonne de la République » et que « l'instruction à domicile doit être tout à fait exceptionnelle. » Le ministre confirme donc que la scolarisation serait obligatoire à partir de 3 ans.

Cependant, et pour apaiser la colère de nombreux parents, des exceptions peuvent être faites, notamment pour la pratique d'une activité artistique ou physique intensive, à cause de l'état de santé ou du handicap de l'enfant, ou en cas d'itinérance fréquente de la famille. Ces cas à part devront être contrôlés avec soin par le rectorat, « dans le respect supérieur de l'enfant. »

Quelques jours auparavant, lors de son interview pour Brut, Emmanuel Macron affirmait qu'il « faut que les bonnes exceptions qui correspondent aux situations que les gens vivent et qui correspondent à une liberté légitime, conforme aux valeurs de la République, puissent continuer à se faire. » Un conseiller ministériel ajoutait dans le Parisien : « Pour les familles qui offrent la garantie d'un enseignement à domicile, et qui ne présentent pas de risque de radicalisation, la contrainte devrait être levée. » 

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