Crise économique : la fin du « quoi qu'il en coûte » en France ?

Par Elodie D. · Publié le 5 novembre 2020 à 11h44 · Mis à jour le 6 novembre 2020 à 11h49
Le "Quoi qu'il en coute" de Macron est-il sur la fin ? Alors que la France débloque 20 milliards d'euros supplémentaires pour faire face à la crise, le Ministre délégué au budget vient d'annoncer la création d'un groupe de travail pour "réfléchir au redressement, à terme, des finances publiques françaises."

Le moment était redouté. Le retour à la "normalité" dans la gestion des finances publiques. Depuis le mois de mars 2020, le président de la République veut rassurer les entreprises et ménages français avec une phrase magique, "quoi qu'il en coute", pour signifier que l'état est derrière les Français et s'endette à leur place. Ce jeudi 5 novembre 2020, Olivier Dussopt, ministre délégué chargé des comptes publics, était présent devant les sénateurs pour présenter le quatrième projet de loi de finances rectificative pour 2020 et une phrase en a dit beaucoup.

"La priorité du gouvernement, est d'abord de répondre à la crise épidémique et à ses conséquences économiques et sociales, et dans un second temps, d'arrêter le schéma de fin de gestion." Un groupe de travail va en effet être créé pour faire des propositions dans le cadre de la révision de la trajectoire pluriannuelle demandée par le Haut Conseil des Finances Publiques.

Depuis mars dernier, le coronavirus a coûté 186 milliards d'euros : 100 milliards de pertes de recettes du fait de la chute d'activité, et 86 milliards de mesures d'urgence sanitaires et économiques. Et en novembre, l'Etat présente un projet de loi de finances rectificative pour 2020 qui intègre 20 milliards d'euros supplémentaires, après près de 470 milliards débloqués depuis mars (dont plus de 300 milliards de garanties publiques).

Dans un entretien au JDD, le ministre délégué chargé des comptes publics indique "Nous acceptons de dégrader massivement nos finances publiques, mais en veillant à ce que ce soit temporaire : les mesures d'urgence et de relance ne seront pas pérennes, seules celles du Ségur de la Santé et la baisse des impôts de production dureront."

En effet, les marchés financiers et notamment le FMI, commencent à questionner la gestion de crise des pays, et la France doit avoir « une trajectoire de finances publiques crédible dans le temps et solide pour garder notre crédibilité sur les marchés financiers ».

Selon Olivier Dussopt, les experts seront chargés de construire des scénarios alternatifs pour maitriser l'endettement public d'ici cinq ou dix ans, en fonction des prévisions de croissance pour les années à venir et la dette finale de 2020. Le ministre assure que le remboursement se fera dans la durée, sur plusieurs années, grâce aux réformes, à la croissance et une maîtrise de la dépense publique.

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