Covid-19 : "les croyants" devant "les églises" seront verbalisés "dès ce week-end", assure Darmanin

Par Alexandre G. · Publié le 13 novembre 2020 à 12h54 · Mis à jour le 13 novembre 2020 à 12h54
Alors que plusieurs rassemblements devant des lieux de culte ont été recensés dimanche dernier un peu partout en France, le ministre de l'Intérieur a fait savoir au micro de Franceinfo ce vendredi 13 novembre 2020 qu'il était prêt à mobiliser des forces de l'ordre pour "verbaliser des croyants" qui prévoient éventuellement de se rassembler "devant des églises" ce week-end.

Quand la pédagogie ne fonctionne plus, il faut verbaliser les Français. Même s'ils se trouvent devant des lieux de culte. Tel est le message envoyé par Gérald Darmanin aux croyants, ce vendredi 13 novembre 2020. Interrogé au micro de Franceinfo, le ministre de l'Intérieur a laissé entendre qu'il était prêt à envoyer des policiers "verbaliser des croyants", dans le cas où ces derniers seraient "devant des églises" ou tout autre lieux de culte. 

Un avertissement qui s'explique par les nombreux manquements aperçus le week-end dernier, sur les parvis d'églises situées à Versailles, à Nantes et dans d'autres villes, où des centaines de croyants se sont rassemblés à l'occasion des célébrations de la Toussaint. Depuis que le confinement a été à nouveau instauré en France, les lieux de culte peuvent encore rester ouverts, mais les cérémonies religieuses et les rassemblements à l'intérieur, ou devant les lieux de culte, sont toujours interdits jusqu'à nouvel ordre, au moins jusqu'au 1er décembre. 

Aussi, la Conférence des évêques de France avait protesté contre cette interdiction dès l'annonce du reconfinement. Dans un courrier adressé d'abord au président de la République, puis ensuite par un recours au Conseil d'État, ces derniers considéraient que cette interdiction constituait une atteinte à leur liberté de culte, à la liberté personnelle, à la liberté d’aller et venir et à la liberté de réunion. Réponse du Conseil d'État au 7 novembre : non, cette interdiction n'est "manifestement pas illégale". 

Pour aller dans le sens des croyants, Darmanin a proposé l'alternative numérique pou afin de continuer la pratique de leur culte. "Un ministre des cultes peut continuer à faire son office et filmer son office", explique-t-il. Pourtant, le ministre rappelle que le gouvernement n'entend absolument pas revenir sur cette interdiction. "Il ne peut y avoir d'office religieux, vu la gravité de la situation" rappelle-t-il.

Aussi, il s'est autorisé une sortie un brin philosophique. "La vie est plus importante que tout. Et la vie, c'est de lutter contre le coronavirus. Donc je ne souhaite pas envoyer les policiers et les gendarmes verbaliser les croyants devant une église, évidemment. Mais s'il s'agit d'un acte répété et qui est manifestement contraire aux lois de la République, je le ferai, dès ce week-end", avertit-il. 

En ce sens, il conclue son intervention par un avertissement lourd de sens. "Il n'y aura plus de week-end de mansuétude". Pour l'heure, aucune contravention ou amende n'a été infligée devant les églises

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