Paris : la création d'une police municipale approuvée à l'Assemblée nationale

Par Alexandre G., Elodie D. · Publié le 19 novembre 2020 à 16h12 · Mis à jour le 19 novembre 2020 à 16h21
Paris va bientôt avoir sa police municipale. En effet, l'Assemblée Nationale a voté ce jeudi 19 novembre en faveur de la création d'une force de police rattachée à la Ville de Paris. Anne Hidalgo table sur une mise en service au plus tard mi-2021. Cette police municipale, de 5000 agents, aura pour mission d'assurer la tranquillité publique, sanctionner les incivilités, combattre les nuisances sonores et les dépôts sauvages d’ordures.

La police municipale de Paris, voulue par Anne Hidalgo, devrait être lancée en février 2021 après l’adoption de la proposition de loi sur la sécurité. Justement, l'Assemblée nationale a voté ce jeudi 19 novembre 2020 en faveur de la création d'une police municipale dans la capitale

C'était là le dernier obstacle qui barrait la route à sa mise en place. Sur Twitter, la maire de Paris s'est "réjouis" de l'issue du vote. Une décision favorable du Parlement qui représente à ses yeux "l'aboutissement d'un travail qu'(elle) porte depuis deux ans pour renforcer la sécurité des Parisiennes et des Parisiens". Pourtant, les opposants d'Anne Hidalgo soulignent son manque de "responsabilité", étant donné que cette police ne sera pas équipée d'armes létales. 

Pour le controversé ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, il s'agit là d'une "évolution historique qui va permettre de renforcer la sécurité des Parisiens", approuve-t-il. Si l'article 4 de la proposition de loi sur la "sécurité globale" est adopté, de nombreux Français ont manifesté leur colère et leur opposition au projet d'ensemble présenté par la majorité présidentielle. Ils étaient plusieurs centaines à se rassembler derrière l'Assemblée nationale lors de la première lecture du texte, mardi 17 novembre 2020. La manifestation s'est terminée par une évacuation au canon à eau et gaz lacrymogènes par les forces de police. 

Au début du mois de novembre, Nicolas Nordman l'adjoint à la sécurité à la mairie de Paris détaillait les missions de cette future police municipale parisienne. L’élu explique : ils seront 5 000 agents d’ici 2024, formés dans une « école de la police municipale » parisienne, et auront pour but de lutter, notamment, contre les incivilités.

La mairie compte aller chercher ses policiers dans le contingent des 3 200 agents de la Direction de la prévention, de la sécurité et de la protection (DPSP), essentiellement des Agents de surveillance de Paris (ASP) venus de la préfecture de police et Inspecteurs de sécurité de la Ville de Paris (ISVP). Pour le reste des agents, la Ville va organiser des recrutements. Déjà en octobre, la mairie avait ouvert 120 postes d’inspecteurs et inspectrices de sécurité. La formation serait d’un an à l’école, suivie d'une année supplémentaire sur le terrain.

Ils auront pour objectif prioritaire la lutte contre « les incivilités qui pourrissent la vie quotidienne des Parisiens », les « dépôts sauvages d’ordures », la « pollution sonore », les « vélos et trottinettes qui roulent sur les trottoirs » ou les infractions sur les pistes cyclables.

Le but n’est pas de concurrencer la police nationale, mais d’être complémentaires : « Nous ne souhaitons pas que notre police soit cette police appelée pour intervenir sur une scène d’attentat ou de braquage. Ça, c’est du ressort de la police nationale ». Puis de poursuivre : il est « important de ne pas introduire de confusion des rôles ».

Les policiers municipaux de Paris ne seront pas armés, mais seront équipés de bâtons Tonfa, de gilets pare-balles, de bombes de gaz lacrymogène et de caméras piéton, « qui est un élément de protection de nos agents et du public ». « Nous considérons que les missions de nos agents de police municipale parisienne ne justifient pas de les doter d’armes létales », assure ce lundi Nicolas Nordman.

L’adjoint résume : « c’est une police qui connaîtra les commerçants, les acteurs du quartier, qui pourra intervenir pour pacifier. Et la police nationale gardera son rôle dans tout ce qui est lutte contre le grand banditisme, le terrorisme, les trafics de stupéfiants ».

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