Le gouvernement pourrait racheter les stocks non vendus des commerçants après les fêtes

Par Cécile D. · Publié le 27 novembre 2020 à 10h53 · Mis à jour le 27 novembre 2020 à 10h53
Privés de clients pendant des semaines, les commerçants se retrouvent en fin d'année avec des stocks trop pleins. Le gouvernement envisagerait de racheter le surplus de produits après les fêtes, pour soulager leur trésorerie.

Entre le Black Friday et les fêtes de fin d'année, les commerçants s'étaient constitué un stock conséquent de produits, sans savoir qu'un deuxième confinement les empêcherait de vendre leurs marchandises. Résultat : beaucoup de frais engagés et aucune garantie que tous ces stocks seront écoulés avant la fin de l'année. Un coup dur pour les commerçants, déjà pris à la gorge par la perte nette de revenus engendrée par les confinements.

Pour empêcher tous ces acteurs de l'économie de sombrer, le gouvernement envisagerait de racheter les surplus de stock des magasins, après janvier, pour renflouer un peu les caisses des commerçants.

Selon une source proche du ministre Alain Griset, interrogée par Le Figaro,  « la crainte de nombreux commerçants, ce sont les stocks qui ont été constitués avant la fin de l'année et qu'ils craignent ne pas pouvoir écoulerAu regard de la reprise économique des commerces à partir de ce samedi, on verra donc s'il est nécessaire ou pas d'envisager une reprise des stocks. Si la reprise est bonne et qu'il n'y a plus de sujet de stock, la question ne se posera pas. »

Une idée très appréciée par les principaux intéressés, qui craignent cependant que cette promesse ne s'envole très vite. Le Figaro  donne la parole à Éric Mertz, président de la Fédération nationale de l'habillement. Les boutiques d'habillement sont particulièrement concernées par cette mesure, puisqu'elles renouvellent habituellement très vite leurs stocks.

Eric Metz est donc d'accord pour dire que « l'idée du gouvernement de racheter les stocks est excellente ». Cependant, il s'inquiète à l'idée que cette promesse ne soit qu'un « leurre ». « Avec le Black Friday au mois de décembre et si les soldes commencent bien le 6 janvier, les commerçants auront bradé leurs marchandises d'ici un mois, sans réaliser aucune marge. Au final, fin janvier, il n'y aura probablement plus rien à racheter, même si les commerçants n'auront créé aucune richesse », explique-t-il.

Pour le président de la Fédération nationale de l'habillement, beaucoup de commerçants sont dans une situation désespérée. Pour renflouer le plus vite possible leur trésorerie désemplie et éviter une cessation de paiements, ils pourraient casser leurs prix.

Eric Mertz souligne qu'une « entreprise sur deux dans notre branche a contracté un prêt garanti par l'état (PGE), pour environ 13% de leur chiffre d'affaires annuel. Or avec les trois mois de fermeture, elles ont déjà perdu environ 30% de chiffre. De plus, les reports de cotisations sociales devront bien être payés un jour. Donc même avec le PGE, ces entreprises ont de gros problèmes de trésorerie et d'ici un mois, on aura de nombreuses cessations de paiements et redressements judiciairesD'où la nécessité de brader les stocks. » 

Ainsi, même si les stocks sont vendus, cela pourrait ne pas suffire pour assurer un chiffre d'affaires correct pour les commerçants. Certains espèrent peut-être que l'autorisation d'ouverture le dimanche sera suffisante pour attirer les clients et vider peu à peu les stocks.

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