Auto-confinement des enfants : des consignes floues perturbent syndicats et parents d'élèves

Par Alexandre G. · Publié le 16 décembre 2020 à 12h28 · Mis à jour le 16 décembre 2020 à 12h28
Depuis le mardi 15 décembre, suivant la recommandation du Conseil scientifique, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer et son Premier ministre ont clamé haut et fort que les absences des élèves seraient tolérées jeudi et vendredi, les deux derniers jours du trimestre. Syndicats, parents d'élèves et enfants ont encore du mal à comprendre les consignes pour s'adapter à une nouvelle logistique.

Face à la menace du Covid-19, une école "à la carte" ? C'est ce que redoute le syndicat SE-UNSA, interrogé par RTL, qui considère que "autoriser les absences, c'est laisser entendre que l'école est un lieu de contamination possible". Lundi 14 décembre 2020, à quelques jours des vacances scolaires, le Conseil scientifique a émis une recommandation concernant l'auto-confinement des enfants à la maison dès ce jeudi, soit à l'avant-dernier jour des cours, afin de freiner au maximum la transmission du virus. 

Au lendemain, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, martelaient sur les plateaux de radio et de télévision que l'absence des élèves les jeudi et vendredi serait tolérée au motif de la protection sanitaire. Les recteurs d'académie ont reçu le matin même la note qui indiquait la nouvelle doctrine scolaire. Seul impératif : que les familles avertissent l'établissement en amont. En maternelle et primaire, seuls les parents qui peuvent garder leurs enfants à la maison sont autorisés à les dispenser d'école. 

L'école considérée comme lieu de contaminations ? 

Si l'objectif est clair -empêcher des contaminations dans les école et chez les enfants avant les fêtes de Noël et de fin d'année-, beaucoup de flou subsiste. Certains chefs d'établissement peinent à cacher leurs doutes face à une mesure "de dernière minute" témoigne Florence Delannoy, secrétaire générale adjointe du SNPDEN-UNSA questionnée par Le Monde. "Les lycées se sont organisés pour mettre en place l'enseignement hybride. Si la seule mesure efficace était de confiner, il fallait nous le dire. On fait semblant que tout est normal, pour changer les règles du jeu au dernier moment", soutient-elle. 

D'ailleurs, la même incompréhension prédomine chez les parents d'élèves. Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE (premier syndicat de parents d'élèves en France) estime que la décision ne devrait pas revenir aux parents. Surtout après une telle série d'incertitude. "La seule personne qui peut autoriser un enfant à ne pas s'y rendre, c'est un médecin" affirme le syndicaliste à La Dépêche.fr. "Soit l'école est un lieu de contaminations et il faut fermer toutes les écoles, soit ça ne l'est pas" appuie-t-il. "On a expliqué pendant des mois que l'école n'était pas un lieu de contamination, que les enfants n'étaient pas contaminants. Mais apparemment, c'est le cas pour les fêtes de fin d'année" s'interroge le responsable. 

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