Attentats du 13-Novembre : le procès historique s'ouvre mercredi 8 septembre

Par Cécile D. · Mis à jour le 2 septembre 2021 à 17h07 · Publié le 1 septembre 2021 à 13h18
Le 13 novembre 2015, la France était frappée par l'horreur : plusieurs attaques simultanées conduites par des terroristes à Paris ont coûté la vie à 130 personnes. Le 8 septembre 2021, le procès des attentats s'ouvre à cour d'assises spéciale de Paris. Un procès historique, spécial à plus d'un titre.

C'est une date qui restera gravée à jamais dans la mémoire des Français. Le 13 novembre 2015, un peu après 21h, plusieurs fusillades et attaques-suicides ont été conduites par des terroristes se revendiquant membres de l'organisation terroriste de l'Etat islamique. Le Stade de France, le Bataclan et plusieurs rues festives de Paris étaient la cible de ces terroristes, qui ont tué 130 personnes et blessé 413 individus, dont 99 grièvement.

Une soirée horrifique, qu'il faut se remémorer ce 8 septembre 2021. A partir de ce mercredi, et pendant les neuf prochains mois, 20 accusés seront jugés à la cour d'assises spéciale de Paris. Face à eux, 1 800 victimes sur les bancs des parties civiles et plus de 300 avocats. Un procès hors-norme qui a nécessité des aménagements spécifiques.

Sur l'Île de la Cité, dans le Palais de Justice, une salle a été construite spécialement pour ce procès monumental. Près de 700m² d'espace pour accueillir environ 500 personnes à la fois et les caméras qui filmeront intégralement ce procès. En plus de cette salle imposante, 14 autres salles seront utilisées, pour accueillir les parties civiles, les proches des accusés mais aussi les journalistes et le public, révèle Jean-Michel Hayat, premier président de la cour d'appel de Paris, sur France Info.

Le magistrat explique : « Il était indispensable d’édifier une salle d’audience qui respecte le cadre historique de ce Palais de justice, qui permette d’accueillir un très grand nombre de parties civiles, et d’être à la hauteur des enjeux du plus grand procès jamais organisé en France. »

Des entrées sont prévues pour chaque catégorie de public : ceux qui participent de près ou de loin au procès des attentats devront suivre un parcours spécifique pour ne pas se mélanger avec ceux qui viennent au Palais de Justice pour d'autres affaires. « Il n’est pas question de retarder l’appel d’une décision prud’homale ou l’appel d’une décision de divorce. La justice fonctionnera à 100% durant toute cette période », assure Jean-Michel Hayat.

Ce procès est parti pour durer : 20 personnes sont jugées, et des milliers d'autres réclament justice. Le dossier d'instruction comporte un million de pages : autant d'éléments à prendre en compte pour que les juges puissent prendre leur décision.  

Sur le banc des accusés, on ne retrouve que 14 personnes : 11 sont actuellement détenus, trois se présentent libres au tribunal. Les six autres sont jugés par défaut ; parmi eux, cinq sont présumés morts.

Outre la taille de la salle, qui devait être assez grande pour accueillir les personnes impliquées dans cette affaire judiciaire, d'autres défis se sont imposés dans la préparation de ce procès. La tragédie de ces attentats ne peut pas nous faire oublier l'épidémie de Covid-19 : avec autant de monde réunit dans la salle d'audience, le risque d'un cluster est grand. L'Etat redoute également la menace terroriste, qui pourrait être attisée au moment où la France revient sur le plus grand attentat de son histoire.

Pour parer à ce problème de sécurité, la décision a été prise de boucler entièrement l'Île de la Cité. Une accréditation spéciale devra être présentée par toute personne souhaitant accéder au centre de Paris. 

Du côté des magistrats, on craint également les effets que pourraient avoir le rappel de ces événements tragiques. Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan et président de l’association de victimes Life for Paris, anticipe « certains débordements d’émotion ». Des émotions très fortes, qui pourraient influencer les juges.

C'est en tout cas ce que craignent les avocats des accusés. « Ce procès promet d’être chargé en émotions, mais la justice se devra de les tenir à distance si elle ne veut pas perdre de vue les principes qui fondent notre état de droit. Nous veillerons à ce que ce procès exceptionnel ne devienne pas un procès d’exception », assurent Mes Olivia Ronen et Martin Vettes, avocats de Salah Abdeslam, dans les colonnes de la Voix du Nord.

Au regard de cette période très spéciale, on peut s'attendre à ce que les hommages rendus aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 soient, cette année, encore plus nombreux que les précédents.

Informations pratiques

Dates et Horaires
À partir du 8 septembre 2021

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