Crack à Paris : la Mairie ou l'État, à qui la faute ?

Par Alexandre G. · Photos par Alexandre G. · Mis à jour le 9 septembre 2021 à 15h58 · Publié le 9 septembre 2021 à 15h57
Tandis que la situation se complique de jour en jour dans le nord-est parisien en raison des consommateurs de crack toujours plus nombreux, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le Premier adjoint à la mairie de Paris Emmanuel Grégoire se dédouanent systématiquement de leurs responsabilités. Compétence municipale, prédisposition de l'État en la matière : les deux partis se renvoient la patate chaude.

Est-ce à l'État ou à la Mairie de Paris de s'occuper de la situation du crack dans le nord-est de Paris ? Pour l'instant, une seule vérité s'impose : personne ne veut porter le chapeau. Ni le ministère de l'Intérieur, pourtant compétent en matière de lutte contre le trafic de stupéfiant, qui considère que "c'est une compétence municipale" et que "ce n'est pas une décision du gouvernement", comme l'a confirmé le ministre Gérald Darmanin ce mercredi 8 septembre 2021 sur France Inter. Ni la municipalité, qui par l'intermédiaire d'Emmanuel Grégoire le premier adjoint à la mairie de Paris explique à l'AFP que cette sortie médiatique est "un moyen de s'exonérer de ses propres responsabilités". 

Alors, à qui la faute ? Depuis plusieurs mois, les habitants du nord-est parisien constatent sous leurs fenêtres des consommateurs de crack toujours plus nombreux, venus de toute l'Europe. D'abord concentrés aux abords de la place Stalingrad dans le 19e arrondissement, l'épicentre du trafic s'est déporté à quelques pas, aux jardins d'Éole, dans le 18e. Une véritable plaque-tournante de la drogue en plein Paris, difficilement répréhensible par les forces de l'ordre étant donné leur manque d'effectifs et de moyens. Résultat : dealers et consommateurs campent devant les grilles, indéboulonnables. 

Face à la gangrène du crack à Paris, les pouvoirs publics s'efforcent tant bien que mal de trouver des remèdes. Après plusieurs semaines de tergiversations et de discussions, autant avec les collectifs de riverains que les associations d'aides aux toxicomanes, la mairie de Paris a annoncé l'ouverture d'un centre d'accueil dans le 20e arrondissement. La municipalité a d'ailleurs annoncé sa volonté d'ouvrir 4 nouveaux sites d'accueil du même genre. "Nous ne demandons pas que ce soient des salles de consommation à moindres risques au plan juridique, nous demandons d'abord que ce soient des lieux de prise en charge transversale" justifie Emmanuel Grégoire auprès de l'AFP. Seulement pour l'instant, "il n'est pas question de lieu d'inhalation", poursuit-il. 

Aussi, cela fait de nombreuses années que la place Beauvau et l'Hôtel de Ville se font la guerre à ce sujet. Au moment de désengorger la célèbre "Colline du crack" à proximité de la gare du Nord, fin 2019, l'État et la Ville avaient mis en place des solutions de logement pour les toxicomanes, ainsi que l'installation d'une "salle de shoot" en face de l'hôpital Lariboisière. "Les salles de consommation qui existent sont liées à un dispositif financier cofinancé par l'État et qui est à la main du gouvernement", se dédouane le Premier adjoint socialiste. Une chose est sûre : ni le ministère ni la municipalité souhaitent renouveler l'expérience. Reste désormais à trouver des solutions pérennes... 

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Pendant deux nuits consécutives, samedi 1er et dimanche 2 mai 2021, des tirs de mortier d'artifice ont explosé aux alentours de la place de la bataille de Stalingrad et de l'avenue de Flandre, dans le 19e. Les riverains en sont aujourd'hui réduits à ce type d'action ”coup de poing” pour tenter de se faire entendre par les autorités compétentes. La présence quasi permanente des vendeurs et consommateurs de crack, venus toujours plus nombreux des quatre coins de l'Europe dans le ”triangle d'or”' du nord-est de la capitale, se répercute implacablement sur le quotidien invivable des habitants du quartier Riquet Stalingrad. Témoignages. [Lire la suite]

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Informations pratiques

Lieu

Paris
75 Paris

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