Agnès Buzyn mise en examen pour "mise en danger de la vie d'autrui" durant l'épidémie de Covid-19

Par Graziella L. · Publié le 11 septembre 2021 à 10h17
L'ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a été mise en examen vendredi pour "mise en danger de la vie d'autrui" et sa gestion de l'épidémie de Covid-19.

C'est la première ministre et personnalité à être jugée pour son rôle dans l'épidémie de Covid-19 en France. Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé, a été mise en examen vendredi 10 septembre pour "mise en danger de la vie d'autrui" lors de la crise sanitaire.

Le 24 janvier 2020, Agnès Buzyn avait avancé que "les risques de propagation du coronavirus dans la population sont très faibles". Aujourd'hui, la France comptabilise près de 115 000 morts liés à l'épidémie de coronavirus et entame son dix-neuvième mois de vie bouleversé par la pandémie. Certains ne peuvent s'empêcher d'imaginer ce à quoi aurait ressemblé l'épidémie en France si elle avait été anticipée à ses débuts, alors que nous avions des informations peu rassurantes venant de Wuhan, en Chine.

"Aujourd’hui, c’est une excellente opportunité pour moi de m’expliquer et de rétablir la vérité des faits. Je ne laisserai pas salir l’action du gouvernement, mon action en tant que ministre, alors que nous avons fait tant pour préparer notre pays à une crise sanitaire mondiale qui, je le rappelle, dure encore", a-t-elle déclaré à son arrivée devant la Cour de justice de la République. Cette institution est la seule habilitée à juger des ministres dans l’exercice de leurs fonctions.

Après neuf heures d'audition, Agnès Buzyn a été mise en examen et placée sous le statut de témoin assisté pour "abstention volontaire de combattre un sinistre". Remplacée mi-février par Olivier Véran, toujours en poste, pour tenter de devenir maire de Paris, l'ex-ministre a confié avant le confinement, en mars 2020, avoir pleuré en quittant le ministère "parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Depuis le début je ne pensais qu’à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade". Des propos qui mettent en cause la gestion du gouvernement de l'épidémie, puisqu'elle avait indiqué en juin avoir alerté l’Elysée et Matignon dès janvier sur le "danger" potentiel du coronavirus.

Le procureur général de la Cour de cassation, François Molins, a reçu près de 14 500 plaintes sur la gestion de l'épidémie, qui continuent à affluer face aux décisions de l'exécutif. La mise en examen d'Agnès Buzyn créé un précédent, qui pourrait être suivi par d’autres convocations pour Olivier Véran ou Edouard Philippe notamment.

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