La forêt de Fontainebleau, en Seine-et-Marne (77), vit l'un des pires épisodes de son histoire récente. Depuis ce dimanche 12 juillet 2026, l'incendie parti en bordure de l'autoroute A6, à hauteur de Noisy-sur-École, a parcouru près de 1 000 hectares, soit à peu près 5 % de ce massif de plus de 20 000 hectares. Le directeur général de la Sécurité civile, Julien Marion, parle d'un bilan « très significatif ». Ce lundi, le feu n'est ni fixé ni maîtrisé, deux nouveaux départs ont été signalés dans le massif, dont un à proximité du golf de Fontainebleau, et l'hypothèse d'un départ volontaire est désormais sur la table.
En visite à Noisy-sur-École ce lundi matin, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a mis les mots sur ce que beaucoup redoutaient : une dizaine de points de départ de feu ont été relevés dans un périmètre d'environ 1 000 mètres, ce qui laisse supposer une origine volontaire. Le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory, a confirmé qu'une enquête est ouverte.
Le ministre espère voir le feu fixé dans la journée, mais prévient que le traitement du sinistre prendra plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Un chiffre donne la mesure du week-end : près de 250 départs de feu ont été recensés sur l'ensemble du territoire pour la seule journée de dimanche, dont une trentaine simultanés. Emmanuel Macron a rappelé de son côté que neuf départs de feu sur dix sont liés à une activité humaine.
Le dispositif ne cesse de grossir. Deux Canadair supplémentaires sont en transit pour rejoindre les deux Canadair, les deux Dash-8 et les trois hélicoptères bombardiers d'eau déjà engagés. Voir ces avions puiser dans la Seine du côté de Chartrettes reste une image inédite en Île-de-France.
Au sol, plus de 500 sapeurs-pompiers sont mobilisés, avec d'importants renforts terrestres venus de plusieurs régions et encore en route. Les conditions météo, elles, ne donnent aucun répit : un vent qui dépasse par moments les 40 km/h, une végétation desséchée par une semaine de canicule, et un sol tourbeux dans lequel le feu s'enfonce, ce qui oblige les équipes à noyer les parcelles pour éviter les reprises.
Entre 700 et 900 personnes ont été évacuées à titre préventif dans le secteur du Vaudoué et d'Achères-la-Forêt, où le front de flammes s'est approché à une centaine de mètres des premières maisons. Aucune victime n'est à déplorer et aucune habitation n'a été détruite à ce stade, une ou deux granges ayant été touchées.
Autre opération marquante : l'évacuation de 150 chevaux du centre équestre du Grand Parquet, à Fontainebleau, avec le concours de l'armée. Le colonel Frédéric Duprez décrit une évacuation menée dans la précipitation, face à des flammes toutes proches, et salue la mobilisation des propriétaires et des professionnels du cheval du secteur.
Sur la route, l'A6 a été coupée dans les deux sens entre Soisy-sur-École et Nemours, sur une vingtaine de kilomètres, avec sortie obligatoire à Ury et à Cély. La situation reste très évolutive et les autorités demandent d'éviter le secteur : on consulte Bison Futé avant de prendre la route.
Sur le rail, le répit aura été de courte durée. Les câbles de signalisation endommagés dimanche le long de la LGV Sud-Est ont bien été réparés dans la nuit, mais un nouvel incendie déclaré aux abords des voies près de Sens, dans l'Yonne, a de nouveau interrompu les circulations entre Paris et Tonnerre. Les trains sont détournés et accusent jusqu'à 3h40 de retard : on suit tout cela dans notre article sur l'incendie qui coupe la LGV et retarde les TGV, et on vérifie son train sur SNCF Connect.
Non. La préfecture de Seine-et-Marne maintient l'interdiction d'accès à l'ensemble du massif forestier, ainsi que l'arrêt des travaux agricoles dans les champs. Les points de situation officiels sont publiés au fil de l'eau par les services de l'État en Seine-et-Marne, et le massif est géré par l'Office national des forêts.
Ce feu figure déjà parmi les trois plus importants recensés dans la moitié nord de la France depuis 2006. La météo n'aide pas : l'Île-de-France reste en vigilance rouge canicule ces 13 et 14 juillet, et l'on suit l'évolution des alertes sur le site de Météo-France. Pour savoir quand la chaleur lâchera enfin prise, on fait le point dans notre article sur la fin des fortes chaleurs en Île-de-France.
Conséquence directe de ce risque incendie, tous les feux d'artifice du 14 juillet sont désormais interdits en Seine-et-Marne, et de nombreuses communes franciliennes ont suivi : on retrouve la liste des feux d'artifice annulés en Île-de-France les 13 et 14 juillet. Depuis le début de l'été, près de 25 000 hectares ont brûlé en France, environ deux fois plus qu'à la même période en 2025, et 32 personnes ont déjà été placées en garde à vue.



















