Manifestation du 13 octobre : Pourquoi les étudiants manifestent et font blocus ?

Par Manon de Sortiraparis · Photos par Raphaël de Sortiraparis · Mis à jour le 12 octobre 2026 à 11h13
Lycéens et étudiants sont appelés à manifester partout en France ce mardi 13 octobre 2026, avec un rassemblement prévu à Paris. Manque de professeurs et de personnels, classes chargées, bâtiments dégradés, journées jugées trop longues ou encore Parcoursup : derrière les blocages, les revendications sont multiples. On fait le point.

Après plusieurs journées de blocages de lycées, la mobilisation doit connaître un nouveau temps fort le mardi 13 octobre 2026. Des organisations lycéennes et étudiantes appellent à manifester, tandis que la FCPE et de nombreux syndicats de l'Éducation nationale ont rejoint l'appel. Le mouvement, né le 21 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, s'est depuis propagé dans toute la France. Mais derrière les images de barricades devant les établissements, quelles sont précisément les revendications ?

Le mouvement actuel trouve son origine dans le Val-de-Marne. Mi-septembre, des personnels du lycée Saint-Exupéry de Créteil se mettent en grève pour dénoncer un manque d'effectifs. Le lendemain, environ 200 élèves bloquent à leur tour leur établissement en soutien aux enseignants. Les images circulent sur les réseaux sociaux et d'autres lycées rejoignent progressivement la contestation.

Le phénomène change alors rapidement d'échelle. Environ 410 lycées connaissent des manifestations le 29 septembre. Le 1er octobre, plus de 200 lycées sont perturbés rien qu'en Île-de-France. Le mouvement atteint ensuite plus de 1000 établissements à l'échelle nationale au plus fort de la semaine. Vendredi 2 octobre, le ministère recensait encore 735 lycées perturbés, un chiffre en baisse d'environ 30% par rapport à la veille.

Lors de la journée de mobilisation, le mardi 6 octobre 2026, les lycéens et étudiants ont de nouveau manifesté à Paris et dans plusieurs villes françaises. En Île-de-France, le mouvement a entraîné des blocages d'universités, notamment à Paris 1, Paris 8, Paris Cité et Nanterre, ainsi que des perturbations dans plusieurs lycées.

Selon le bilan gouvernemental, 266 000 personnes ont manifesté en France, dont 56 000 à Paris, contre 450 000 au niveau national et 100 000 dans la capitale selon les organisateurs. Le ministère de l'Éducation nationale a également recensé 891 lycées dont les cours étaient totalement ou partiellement suspendus, tandis qu'environ 40% des établissements publics d'enseignement supérieur ont connu des perturbations.

Professeurs absents, classes chargées et manque de personnels

La première revendication porte sur les moyens humains accordés aux établissements. Les lycéens mobilisés dénoncent notamment des professeurs absents ou non remplacés, mais également un manque d'infirmiers scolaires, de psychologues, d'assistants sociaux et de personnels d'encadrement.

Les revendications ne sont cependant pas parfaitement identiques d'un lycée à l'autre. Le mouvement s'est développé de manière largement décentralisée et certaines demandes répondent à des problèmes propres à chaque établissement. Les organisations syndicales mettent toutefois en avant plusieurs thèmes communs : effectifs par classe, manque de personnels, emplois du temps et moyens financiers accordés à l'Éducation nationale.

Après avoir rencontré les représentants lycéens le 2 octobre, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a notamment annoncé vouloir accélérer les remplacements en donnant la priorité aux classes à examen, ainsi que la création prévue de 300 postes supplémentaires d'infirmières scolaires, psychologues de l'Éducation nationale et assistants sociaux dans le projet de budget.

Depuis, Édouard Geffray a précisé son plan d'urgence : le 8 octobre, il a annoncé le déploiement de 3000 enseignants remplaçants, des moyens supplémentaires pour les remplacements de courte durée et la possibilité pour les rectorats de recruter en urgence. Lors d'une réunion syndicale le 9 octobre, il a également évoqué le recrutement de près de 1000 contractuels et l'attribution de 18 000 unités supplémentaires du Pacte enseignant. Ces mesures restent à déployer et leur efficacité devra être évaluée.

Manifestation Paris - Visuels - Réforme des retraites place ConcordeManifestation Paris - Visuels - Réforme des retraites place ConcordeManifestation Paris - Visuels - Réforme des retraites place ConcordeManifestation Paris - Visuels - Réforme des retraites place Concorde

Parcoursup, les journées de cours et l'état des lycées au centre des revendications

Mais la mobilisation dépasse toutefois la seule question des postes. Des lycéens dénoncent des emplois du temps trop chargés, la longueur des journées scolaires et la pression ressentie autour de l'orientation et de Parcoursup. Le système d'accès à l'enseignement supérieur cristallise une partie des critiques, particulièrement chez les élèves de terminale.

Les témoignages recueillis dans plusieurs établissements font état d'un sentiment de stress face à la sélection et à l'incertitude entourant les admissions dans le supérieur. La santé mentale fait ainsi partie des sujets évoqués par les représentants lycéens lors de leur rencontre avec le ministre, au même titre que les moyens humains, les rythmes scolaires et l'état des bâtiments.

Autre sujet récurrent : le bâti scolaire. Des élèves signalent des établissements vieillissants ou dégradés, avec des situations très variables selon les territoires. Cette question est particulière puisque l'entretien et la construction des lycées relèvent principalement des régions, et non directement du ministère de l'Éducation nationale.

Le sentiment d'inégalités entre établissements et territoires alimente également la mobilisation. En Seine-Saint-Denis notamment, des élèves interrogés mettent en regard leurs conditions d'études avec celles d'établissements parisiens jugés mieux dotés. 

Pourquoi bloquer les lycées et pourquoi manifester ?

Le blocus est utilisé par les lycéens mobilisés comme moyen de rendre leur mouvement visible et de perturber le fonctionnement habituel des établissements. Il ne faut toutefois pas confondre automatiquement mobilisation, blocage et fermeture administrative : certains établissements peuvent être bloqués sans être officiellement fermés, tandis que d'autres sont fermés préventivement par les autorités.

Un nouvel appel à la grève et à la manifestation est lancé pour le mardi 13 octobre 2026, à l'initiative des organisations lycéennes et étudiantes, soutenues par plusieurs syndicats de l'Éducation nationale, dont la FSU, l'UNSA Éducation, la CGT Éduc'action, FO, la CFDT et SUD Éducation. Malgré les premières annonces du ministre Édouard Geffray, les organisations mobilisées réclament davantage de moyens pour les établissements, des recrutements et de meilleures conditions d'études.

À Paris, une manifestation est annoncée à 14h au départ de la place d'Italie, tandis que des grèves et des blocages pourraient de nouveau perturber certains lycées et universités d'Île-de-France.

Cette page peut contenir des éléments assistés par IA, plus d’information ici.

Informations pratiques

Dates et Horaires
Le 13 octobre 2026

× Horaires indicatifs : pour confirmer l'ouverture, contactez l'établissement.
    Commentaires