Grève et manifs du 8 octobre 2026 à Paris : crèches, cantines, carburant, lycées, le point

Par My de Sortiraparis · Mis à jour le 7 octobre 2026 à 19h04
La mobilisation lycéenne continue à Paris et en Île-de-France avec un appel à un acte IV ce jeudi 8 octobre 2026, soutenu par plusieurs syndicats, le jour même où crèches et salariés de TotalEnergies se mettent aussi en grève.

Ce jeudi 8 octobre 2026 s'annonce encore agité à Paris et en Île-de-France. Deux jours après une journée qui a réuni entre 50 000 et 100 000 personnes dans la capitale, lycéens, étudiants et plusieurs syndicats appellent à un acte IV de la manifestation lycéenne.

Le même jour, la grève de la petite enfance donne rendez-vous aux parents et aux professionnels dans le 14e arrondissement, pendant que la CGT appelle les salariés de TotalEnergies à cesser le travail. On fait le point sur ce qui est prévu, ce qui reste à confirmer et la façon de s'organiser, que vous ayez un ado mobilisé, un enfant en crèche ou un réservoir presque vide.

Un acte IV de la manifestation lycéenne ce jeudi à Paris ?

Né mi-septembre dans les lycées franciliens, le mouvement ne montre aucun signe de fatigue. Mardi 6 octobre, le cortège parisien a relié République à Nation par le boulevard Voltaire, avec six stations de métro fermées sur le trajet. Le ministère de l'Intérieur a compté 56 000 manifestants dans la capitale et plus de 250 000 en France, quand les organisateurs en annoncent 100 000 à Paris et 450 000 dans tout le pays, selon le suivi de l'AFP.

C'est d'ailleurs elle qui a lancé l'expression d'acte IV. « Nous n'arrêterons rien tant que nous n'aurons pas eu gain de cause », prévient l'organisation. L'Union syndicale lycéenne tient la même ligne : sur franceinfo, son président Ryad Rani a appelé à poursuivre les blocages ce mercredi et à reformer des cortèges jeudi. La Fage s'associe elle aussi à l'appel.

Le cortège de la jeunesse est attendu dans l'après-midi, après la manifestation de la petite enfance du matin. Cette fois, ce n'est plus l'est parisien qui est concerné : les stations fermées à la demande de la préfecture de police se trouvent dans le secteur de Barbès et de la gare de l'Est, entre les 10e et 18e arrondissements, ce qui laisse penser que la mobilisation se concentrera dans ce quartier. Mardi, le cortège était parti de la place de la République.

Visuels Paris - transport - métro- station ferméeVisuels Paris - transport - métro- station ferméeVisuels Paris - transport - métro- station ferméeVisuels Paris - transport - métro- station fermée Manifestation du 8 octobre à Paris : la liste des stations de métro fermées ce jeudi
En raison d'une nouvelle manifestation lycéenne et étudiante prévue ce 8 octobre 2026 à Paris, la RATP annonce des perturbations dans les transports en commun. Voici la liste des stations de métro fermées ce jeudi. [Lire la suite]

Quels syndicats appellent à la grève jeudi 8 octobre ?

Côté enseignants, le Snes-FSU, le Snep-FSU et le Snuep-FSU ont publié un communiqué commun ce mercredi. Les trois syndicats de la FSU appellent à poursuivre et à amplifier le mouvement par la grève et la manifestation, en se tenant aux côtés des lycéens jeudi.

La conférence de presse intersyndicale de mercredi a confirmé cet appel. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a pris la parole au nom de cinq organisations (FSU, CGT, FO, Sud et Unsa), qui soutiendront la journée de jeudi par la grève et la manifestation. Elle a aussi jugé les réponses du gouvernement tardives et annoncé que son syndicat prépare une grève des personnels de l'Éducation nationale en début de semaine prochaine, rapporte l'AFP.

La CGT promet aussi d'être de nouveau mobilisée avec les lycéens et les étudiants, et veut multiplier les actions jusqu'à la grande journée interprofessionnelle du 5 novembre. Même tonalité chez Solidaires, qui appelle à une nouvelle journée nationale le 8 octobre et demande à ses militants de « rejoindre et protéger les cortèges ».

En Seine-Saint-Denis, la FSU 93, la CGT Éduc'action 93, SUD éducation 93 et la CNT 93 donnent rendez-vous à 16h devant la préfecture de Bobigny pour un rassemblement pour l'éducation. L'intersyndicale du département y réclame un plan d'urgence pour ses établissements.

Que réclament les lycéens mobilisés ?

Les revendications n'ont pas bougé depuis le début du mouvement, parti de Créteil dans le Val-de-Marne. Les lycéens demandent plus de moyens pour l'éducation, le remplacement des professeurs absents, des classes moins chargées et des bâtiments enfin entretenus. Parcoursup et la longueur des journées reviennent aussi souvent sur les pancartes, comme nous l'expliquions dans notre décryptage.

Le gouvernement tente de calmer le jeu. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé une suspension des cours en fin de semaine : les emplois du temps sont banalisés jusqu'à vendredi pour laisser place à un « Temps Lycéens » de dialogue dans chaque établissement. Une consultation nationale reste aussi ouverte aux élèves jusqu'au vendredi 23 octobre 2026, et le chef du gouvernement doit s'exprimer ce mercredi soir sur la situation dans les lycées.

De son côté, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a suspendu l'usage des grenades assourdissantes pour le mouvement lycéen, après qu'un manifestant de 15 ans a été grièvement blessé à la main à Lens. Mais sur le fond, aucune réponse chiffrée n'a encore été apportée aux demandes de moyens, et c'est bien ce manque qui alimente l'appel à redescendre dans la rue.

Grève de la Petite Enfance, les crèches et cantines seront-elles fermées ce jeudi ?

C'est la question qui occupe beaucoup de parents parisiens cette semaine. La Fédération CGT des Services publics a déposé un préavis de grève de minuit à minuit. Il couvre les personnels des structures d'accueil de la petite enfance relevant de la fonction publique territoriale, donc les crèches municipales.

Le mouvement est porté avec le collectif Pas de bébés à la consigne, qui réunit professionnels, syndicats et associations familiales. Impossible de savoir à l'avance quelles structures fermeront : tout dépend du nombre de grévistes dans chaque équipe. Dans le privé, les salariés peuvent se déclarer grévistes le jour même, rappelle Quelle Crèche. Le plus sûr reste d'interroger la direction de votre crèche et de prévoir un plan B.

Sur le fond, la CGT réclame notamment un professionnel pour cinq enfants quel que soit leur âge, la revalorisation des salaires et la reconnaissance de l'usure professionnelle, comme le détaille Dijon Actualités. En toile de fond, une pénurie de personnel qui pèse sur l'accueil au quotidien.

Cantines et garderies : les écoles de Paris sont-elles touchées jeudi ?

Les crèches ne sont pas les seules concernées. La FSU Territoriale a déposé un préavis de grève national pour toute la journée du 8 octobre, qui couvre l'ensemble des agents de la fonction publique territoriale. Autrement dit, les animateurs du périscolaire, les ATSEM et le personnel de restauration employés par la Ville de Paris peuvent eux aussi cesser le travail jeudi. La Fédération CGT des Services publics a par ailleurs déposé un préavis courant du 6 au 31 octobre, en soutien au mouvement lycéen.

Ailleurs en France, plusieurs villes ont déjà prévenu les familles. Le Havre annonce que l'accueil du matin et du soir et la cantine ne seront pas assurés dans certaines écoles, et Corbas, près de Lyon, prévient que le périscolaire et le restaurant scolaire seront perturbés. À Paris, la Ville n'avait pas encore publié de liste d'écoles concernées ce mercredi après-midi.

Le risque n'a rien de théorique dans la capitale. Les animateurs parisiens, emmenés notamment par le Supap-FSU, ont mené plusieurs grèves ces derniers mois, et celle de novembre 2025 avait entraîné la fermeture de 100 à 200 cantines sur les 620 écoles de la ville selon le syndicat (48 un jour donné selon la mairie). Le plus sûr reste de surveiller les messages de l'école et l'affichage à l'entrée, et de prévoir de récupérer votre enfant à midi si la cantine est fermée, ainsi qu'une solution pour la fin d'après-midi si le goûter et l'étude ne sont pas assurés.

Où a lieu la manifestation de la petite enfance à Paris ?

Le rendez-vous est fixé dans le 14e arrondissement, place des Droits-de-l'Enfant, à l'angle des rues de la Tombe-Issoire et d'Alésia, à partir de 10h. Un lieu choisi avec un certain sens du symbole, à deux pas du parc Montsouris et de la station Alésia (ligne 4).

Grève chez TotalEnergies : faut-il craindre pour le carburant ?

Autre front ce jeudi, sans lien direct avec l'école. La CGT appelle les salariés de TotalEnergies à une grève de 24 heures dans les raffineries et les stations-service du groupe. Selon le coordinateur CGT Éric Sellini, les expéditions de carburant pourraient être bloquées ou ralenties selon les sites. Le syndicat défend l'emploi et les salaires, alors que le groupe a annoncé une hausse du dividende versé aux actionnaires.

Pas de panique à la pompe pour autant. Une grève d'une journée ne vide pas les cuves du jour au lendemain, mais si votre jauge flirte avec la réserve, mieux vaut faire le plein dès ce mercredi.

Comment s'organiser ce jeudi à Paris ?

Un mot de prudence d'abord : des violences ont éclaté en marge de plusieurs cortèges ces derniers jours, et des rendez-vous non déclarés circulent parfois dès la mi-journée. La préfecture de police a déjà interdit les rassemblements aux abords de plusieurs lycées parisiens. Si vous passez près d'un établissement mobilisé, mieux vaut garder ses distances.

Côté transports, aucun appel à la grève ne vise directement le métro ou le RER ce jeudi, mais des fermetures de stations restent possibles au passage d'un cortège. Les accès d'une station de métro très fréquentée sont d'ailleurs déjà annoncés fermés. Un coup d'œil sur Île-de-France Mobilités, sur notre point trafic du jour et sur les perturbations de la semaine évite les mauvaises surprises.

Pour les parents, le réflexe reste de contacter sa crèche ou l'école de son enfant dès ce mercredi et de consulter les informations de la Ville de Paris pour les crèches, cantines et accueils périscolaires municipaux. Pour les lycéens, l'ENT et les messages de l'établissement donnent les infos les plus fiables sur l'ouverture ou non des cours.

Quelles sont les prochaines dates de mobilisation ?

Ce jeudi n'est qu'une étape dans un calendrier déjà bien rempli :

  • Jeudi 8 octobre 2026 : acte IV lycéen et étudiant, grève de la petite enfance, cantines et garderies perturbées, grève chez TotalEnergies et rassemblement pour l'éducation à Bobigny ;
  • Jusqu'au vendredi 9 octobre 2026 : emplois du temps banalisés dans les lycées pour le « Temps Lycéens » ;
  • Début de semaine prochaine : grève des personnels de l'Éducation nationale en préparation à l'appel du Snes-FSU ;
  • Samedi 17 octobre 2026 : mobilisation générale, avec un rendez-vous à Paris comme dans une vingtaine de grandes villes ;
  • Vendredi 23 octobre 2026 : clôture de la consultation nationale des lycéens ;
  • Jeudi 5 novembre 2026 : journée nationale interprofessionnelle à l'appel de la CFDT, de la CGT, de FO, de l'Unsa et de la FSU.

La date du 17 octobre a d'abord circulé chez les jeunes sur les réseaux sociaux, avant d'être reprise par les syndicats. Quant au 5 novembre, l'intersyndicale appelle salariés du public et du privé, retraités et jeunes à défiler pour les salaires, les services publics et l'emploi, selon son communiqué commun. De quoi laisser penser que l'automne social ne fait que commencer.

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Informations pratiques

Dates et Horaires
Le 8 octobre 2026

× Horaires indicatifs : pour confirmer l'ouverture, contactez l'établissement.
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