Manifestation du 24 octobre à Paris : parcours, armée et interdictions

Par My de Sortiraparis · Mis à jour le 21 octobre 2026 à 16h22
La manifestation du samedi 24 octobre 2026 à Paris compte désormais deux parcours déclarés, Bastille-Opéra pour les gilets jaunes et Bastille-Nation pour la CGT. La préfecture doit trancher, sous un dispositif de sécurité massif.

La manifestation du 24 octobre à Paris se dessine un peu plus chaque jour. Ce mercredi 21 octobre 2026, deux déclarations ont été déposées en préfecture pour l'acte II de la mobilisation. Les gilets jaunes visent un cortège de la place de la Bastille (4e, 11e et 12e arrondissements) jusqu'à Opéra (9e), en passant par République. La CGT Paris propose de son côté un trajet plus court, de Bastille à la place de la Nation (12e).

Une semaine après la journée du 17 octobre, marquée par une très forte mobilisation et de nombreuses violences, le gouvernement prépare un dispositif de sécurité "massif". Le ministre de l'Intérieur doit le détailler jeudi, mais les grandes lignes sont déjà connues : militaires Sentinelle en renfort, unités d'élite mobilisées et interdiction possible des cortèges jugés à risque.

On fait le point sur ce qui est acté, ce qui reste en suspens et ce qui peut encore bouger d'ici samedi. Pour le contexte général, notre article acte II ce samedi 24 octobre, à quoi faut-il s'attendre ? fait le tour de la question.

Quel parcours pour les gilets jaunes samedi à Paris ?

C'est sur France 2, mercredi matin, que Benjamin Ball, coordinateur des gilets jaunes et éditeur du site qui cartographie les actions prévues, a annoncé avoir envoyé une déclaration en préfecture. Le cortège partirait de Bastille pour rejoindre la place de l'Opéra.

Auprès du Parisien, il précise le tracé souhaité. Le défilé traverserait la place de la République (3e, 10e et 11e), puis emprunterait les Grands Boulevards avant d'arriver au pied de l'Opéra Garnier. Un choix loin d'être anodin : République est soumise depuis deux nuits à un couvre-feu et à des interdictions de rassemblement.

L'arrivée pose aussi question. Le quartier de l'Opéra, c'est celui des grands magasins du boulevard Haussmann, en plein cœur commerçant de la rive droite. Or, dans un télégramme aux préfets consulté par Le Parisien, Laurent Nuñez demande de "privilégier des itinéraires éloignés des bâtiments publics et des rues commerçantes". Difficile d'imaginer ce tracé validé tel quel.

Benjamin Ball, lui, promet une journée d'ampleur où "tout le monde sera dans la rue" : lycéens, étudiants, syndicats, quartiers populaires, paysans, militants pour le climat, infirmières ou pompiers. Environ 340 actions sont recensées dans toute la France sur la carte des mobilisations, un chiffre qui grimpe chaque jour selon lui.

Un point juridique compte aussi. À Paris, une manifestation doit être déclarée à la Préfecture de police au moins trois jours francs avant la date. Pour un samedi, cela signifie au plus tard le mardi soir, comme le rappelle un avocat pénaliste parisien. Envoyée mercredi, la déclaration arrive donc après ce délai sur le papier, ce qui laisse au préfet une marge d'appréciation supplémentaire.

La CGT déclare un autre parcours, de Bastille à Nation

Contactée par Le Parisien, la CGT Paris annonce avoir déposé sa propre déclaration. Départ de la même place de la Bastille, mais direction la place de la Nation, soit un parcours d'environ 2 km sur un axe habitué des défilés syndicaux. Ce tracé attend lui aussi la validation des autorités.

L'Union étudiante appelle de son côté à se rassembler place de la Bastille dès 14h, comme nous l'indiquions. Au niveau national, la CGT avait déjà appelé ses 600 000 adhérents à rejoindre pacifiquement les rassemblements du samedi.

Reste l'inconnue étudiante. L'Interfac Île-de-France n'a pas encore choisi son parcours. Les étudiants veulent participer et la coordination reste en lien avec les gilets jaunes, mais la décision passera d'abord par les assemblées générales de fac, puis par une assemblée interfac jeudi soir, explique au Parisien Mathis Aversenq, membre de son comité de mobilisation.

Une manifestation étudiante annoncée dès jeudi dans le 13e

Sans attendre samedi, l'Interfac IDF appelle aussi à défiler ce jeudi 22 octobre. Le cortège partirait de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (13e) pour rejoindre Bastille, en passant par les gares d'Austerlitz et de Lyon. À l'heure où nous écrivons, la préfecture n'a ni validé ni interdit ce parcours.

Manifestation lycéens et étudiants du 22 octobre à Paris : le parcoursManifestation lycéens et étudiants du 22 octobre à Paris : le parcoursManifestation lycéens et étudiants du 22 octobre à Paris : le parcoursManifestation lycéens et étudiants du 22 octobre à Paris : le parcours Manifestation lycéens et étudiants du 22 octobre à Paris : infos et parcours
Les lycéens et étudiants mobilisés depuis la rentrée redescendent dans la rue ce jeudi 22 octobre 2026 à Paris, en pleines vacances de la Toussaint. Moyens pour l’école, Parcoursup, répression : on fait le point sur cette nouvelle journée. [Lire la suite]

Si vous circulez jeudi entre le 13e, le 12e et le quartier de Bastille, mieux vaut prévoir un peu de marge. France 24 évoquait déjà cette journée de mobilisation étudiante en début de semaine.

Les lycéens appellent aussi à manifester ce samedi

Les lycéens seront eux aussi de la partie. Dans un communiqué publié ce mercredi 21 octobre, la Coordination nationale lycéenne appelle à descendre dans la rue le jeudi 22 et le samedi 24 octobre, aux côtés des étudiants, des apprentis, des alternants et des travailleurs. Elle dit soutenir toutes les suites possibles du mouvement, des manifestations aux blocages en passant par les occupations.

Ce texte a été adopté lors de sa deuxième réunion, tenue à Paris le 18 octobre. Plus de 100 lycéens mandatés par leurs assemblées générales y représentaient 27 villes, de Brest à Strasbourg et de Lille à Marseille, en plus des délégations d'Île-de-France. Selon la coordination, le mouvement est né dans les lycées de banlieue et d'outre-mer avant de gagner tout le pays.

Côté revendications, les lycéens réclament plus de moyens et de personnel, des classes limitées à 25 élèves, la suppression de Parcoursup et la fin des inégalités entre quartiers aisés et quartiers populaires, comme entre lycées publics et privés. Ils demandent aussi la libération des jeunes interpellés et l'abandon des poursuites.

Les vacances de la Toussaint pourraient disperser une partie des élèves, mais la coordination compte au contraire en profiter pour amplifier la mobilisation. Elle appelle déjà à une journée nationale le mardi 3 novembre, se joint à la grève du 5 novembre contre le budget d'austérité et prévoit une nouvelle réunion le jeudi 29 octobre.

Quel dispositif de sécurité est prévu samedi à Paris ?

Le gouvernement admet que le maintien de l'ordre a montré ses limites le week-end dernier. À l'Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a reconnu un dispositif "trop statique et pas assez mobile" lors de l'acte I.

Le ministère de l'Intérieur annonce donc une doctrine "plus axée sur la réactivité et la mobilité", capable d'aller chercher des petits groupes qui se déplacent vite et de les disperser. Laurent Nuñez présentera le plan complet jeudi. Trois mesures sont déjà connues :

  • l'interdiction des manifestations jugées porteuses de troubles, qu'elles soient déclarées ou non ;
  • le déploiement des militaires de l'opération Sentinelle sur des missions de sécurisation fixe, pour libérer policiers et gendarmes au contact des cortèges ;
  • des moyens renforcés, avec le GIGN, la BRI et le RAID, des hélicoptères, des blindés Centaure de la gendarmerie et des engins lanceurs d'eau.

Les services de renseignement redoutent des groupes de casseurs très mobiles samedi, y compris issus de l'ultragauche. Attendez-vous donc à une présence policière et militaire très visible, bien au-delà de Bastille, de Nation et d'Opéra.

La manifestation du 24 octobre peut-elle être interdite ou déplacée ?

Oui, et le ministre l'a clairement écrit. Dans son télégramme, Laurent Nuñez demande aux préfets d'interdire samedi toutes les manifestations revendicatives susceptibles de troubler l'ordre public. Un cortège déclaré peut aussi être visé si l'organisateur ou son service d'ordre n'offre pas assez de garanties.

Ce point pèse sur la déclaration des gilets jaunes. Interrogé sur la mise en place d'un service d'ordre, Benjamin Ball estime que c'est le travail de la préfecture et du ministère. Le rôle de la coordination, selon lui, est de faire converger les colères sociales et d'obtenir des États généraux à l'Élysée. Le ministre a, lui, indiqué qu'il pilotera lui-même le dispositif samedi.

Le précédent du 17 octobre montre aussi que la préfecture n'hésite pas à redessiner les parcours. Elle avait pris un arrêté d'interdiction partielle, fermé l'ouest de Paris aux cortèges et imposé un trajet de République à la place de Clichy (18e), comme nous l'expliquions dans notre article sur le parcours du 17 octobre. Le flou avait duré jusqu'au vendredi soir.

Le jour venu, un cortège avait bien rallié Clichy, mais des milliers de manifestants étaient restés bloqués de l'autre côté de République. Le grand défilé commun voulu par les organisateurs ne s'était jamais formé. Pour samedi, le préfet Patrice Faure peut de nouveau modifier les tracés, fixer d'autres points de départ ou interdire les rassemblements. Sa décision prend la forme d'un arrêté publié sur le site de la Préfecture de police, souvent la veille au soir.

Quels quartiers de Paris sont sous restrictions ?

Les couvre-feux décidés après les violences du week-end ont été prolongés dans plusieurs villes, et la préfecture a renouvelé le couvre-feu partiel à Paris mardi soir. Lors des arrêtés de la nuit du 19 au 20 octobre, les rassemblements non déclarés avaient été interdits dans plusieurs secteurs :

  • les abords de l'Élysée, du ministère de l'Intérieur et des Champs-Élysées ;
  • le quartier de l'Assemblée nationale et de Matignon ;
  • le quartier des Halles et celui du Sénat ;
  • les places de la République, de la Bastille, de la Bourse et d'Italie ;
  • les abords des gares du Nord, de l'Est, de Lyon, d'Austerlitz, Montparnasse et Saint-Lazare.

Bastille et République figurent dans ce périmètre, tout comme la gare Saint-Lazare, à deux pas de l'Opéra, et les gares d'Austerlitz et de Lyon, sur le trajet étudiant de jeudi. Si des mesures du même type sont reconduites, les cortèges pourraient être déplacés, comme le 17 octobre.

Côté commerces, la facture du week-end dernier reste lourde. Quelque 3 000 boutiques ont été dégradées ou pillées en France, et l'exécutif annonce des prêts à taux zéro accessibles dès vendredi ainsi qu'un étalement des charges. Dans les quartiers concernés, certains commerçants pourraient choisir de baisser le rideau samedi.

Où sont prévues les actions en Île-de-France ?

Hors de Paris, la logique est différente. La carte de la coordination recense des rassemblements sur des ronds-points, devant des stations-service, des dépôts pétroliers, des gares ou des péages. La revendication centrale reste le blocage des prix à la pompe et le contrôle des marges des pétroliers.

Ces actions sont souvent courtes et mobiles, donc difficiles à anticiper. Si vous prenez la route samedi en Seine-et-Marne, dans les Yvelines, l'Essonne ou le Val-d'Oise, prévoyez une marge, surtout près des grands axes et des zones commerciales.

Comment suivre le parcours du cortège samedi ?

La source la plus fiable reste la Préfecture de police, qui publie ses arrêtés sur son site et sur ses réseaux : itinéraires validés, périmètres interdits et éventuelles interdictions. Côté transports, la RATP annonce les fermetures de stations, et notre point info trafic métro et RER les reprend au fil de la journée. Les stations Bastille, République, Nation, Opéra et celles des Grands Boulevards sont les premières à surveiller.

Si vous habitez ou travaillez entre Bastille, Nation et Opéra, gardez un œil sur ces sources jusqu'à samedi matin. Et si vous préférez une journée loin des cortèges, nos idées de sorties ce samedi 24 octobre font la part belle aux musées et aux expositions. La suite du mouvement se jouera ensuite le 31 octobre avec un acte III, le 3 novembre avec la journée nationale lycéenne, puis lors de la grève intersyndicale du 5 novembre.

Nous mettrons à jour cet article dès que Laurent Nuñez aura détaillé le dispositif jeudi et que la Préfecture de police aura statué sur les parcours.

Cette page peut contenir des éléments assistés par IA, plus d’information ici.

Informations pratiques

Dates et Horaires
Le 24 octobre 2026

× Horaires indicatifs : pour confirmer l'ouverture, contactez l'établissement.
    Commentaires