Coronavirus : Suite à une étude sur la chloroquine, Véran veut revoir les règles de prescription

Par Laurent P. · Publié le 23 mai 2020 à 14h00 · Mis à jour le 23 mai 2020 à 14h07
Une nouvelle étude britannique sur l'utilisation de la chloroquine dans le traitement contre le coronavirus vient étriller le médicament, publiant des résultats concordants avec les autres essais cliniques quant à l'inefficacité et la dangerosité de celui-ci. Ce samedi 23 mai 2020, Olivier Véran annonce vouloir revoir les règles de prescription de ce médicament.

La chloroquine n'en finit pas de faire débat dans la lutte contre le coronavirus... Après plusieurs études américaines, mais également françaises et chinoises, c'est au tour de la Grande Bretagne de publier les résultats de son essai clinique sur les effets de l'hydroxychloroquine en tant que traitement contre le Covid-19, ce vendredi 22 mai, dans la très réputée revue The Lancet. Et ces conclusions vont dans le sens des précédents essais, à savoir que la prise de chloroquine, en plus d'être inefficace, est risquée pour les malades.

En France, cette étude n'aura pas échappé à Olivier Véran. Ce samedi 23 mai 2020 au lendemain de sa publication, le ministre de la Santé annonce dans un tweet vouloir revoir les règles de prescription de la chloroquine comme traitement contre la Covid 19. 

Cette étude, comprenant au total 96 032 patients dans 671 hôpitaux à travers le monde, a ainsi analysé les effets du traitement sur  différents groupes de malades. Parmi ceux-ci, 14 888 ont été traités soit à la chloroquine (1868 patients), soit à l'hydroxychloroquine (3016 patients), soit à un cocktail de chloroquine et d'un macrolide (3783 patients), soit à un cocktail d'hydoxychloroquine et d'un macrolide (6221 patients). Les 81 144 restants ont intégré le groupe témoin. Et les résultats sont sans appel : après contrôle de plusieurs facteurs confondants (âge, sexe, origine ethnique, maladie cardiovasculaire, tabagisme, etc.), le taux de mortalité a oscillé entre 16,4% et 23,8% pour les groupes traités, contre 9,3% pour le groupe témoin, bien plus nombreux.

Une surmortalité que l'étude explique par l'apparition d'effets secondaires graves, principalement cardio-vasculaires, et en particulier "un risque accru d'arythmie ventriculaire", comme l'expliquent les auteurs de cette étude. Un risque d'arythmie que les médecins ont en particulier constaté dans le groupe traité au cocktail hydroxychloroquine/macrolide (un antibiotique, ndlr), avec une mortalité comprise entre 4,3, et 8,1%. Pour les autres malades du groupe traités, ce taux s'élève seulement à 0,3%. 

Un traitement qui, malgré ces résultats, continuera de faire débat au sein de la communauté scientifique. Les yeux se tournent donc désormais vers l'élaboration d'un vaccin, meilleur espoir pour éradique le coronavirus.

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