Covid : des musées proposent des visites virtuelles payantes pour relancer leur activité

Par Cécile D. · Publié le 12 février 2021 à 15h56 · Mis à jour le 15 février 2021 à 12h33
Des mois de fermeture et une caisse presque à sec : la crise sanitaire et économique a laissé les musées bien désemparés. Pour trouver de nouvelles sources de revenus, certains tentent de lancer des visites virtuelles payantes.

Pour continuer d'exister bien qu'ils ne puissent plus recevoir du public depuis des mois, les musées multiplient les activités numériques. Expositions virtuelles, jeux vidéo, MOOCs, podcasts, activités pédagogiques... La plupart de ces offres sont disponibles gratuitement. Un petit nombre d'institutions tente cependant de proposer de plus en plus des visites virtuelles payantes.

Depuis des mois, les trésoreries des musées se vident, faute de visiteurs. Pourtant, les frais de fonctionnement continuent de tomber : nettoyage, entretien, salaires des employés... Ainsi, outre-Atlantique, des musées ont décidé de faire revenir un peu d'argent dans leurs caisses grâce à des visites virtuelles payantes.

C'est notamment le cas à Graceland, l'ancienne maison d'Elvis Presley. Pour 100 dollars par personne, la spécialiste Angie Marchese vous propose de découvrir tous les secrets de cette maison mythique - et ce pendant deux heures. La formule fonctionne : selon France Info, 300 personnes ont participé aux deux premières visites organisées.

Au Metropolitan Museum de New York, même initiative. Pour 300 dollars par groupe de 40 adultes maximum, et 200 dollars pour des étudiants, vous pouvez découvrir l'exposition A New Look at Old Masters via votre ordinateur. Avec cette offre, le Met revendique plus de 2 800 visiteurs entre juillet et décembre, preuve que les amateurs d'art sont prêts à retrouver les musées par n'importe quel moyen.

D'autres musées new-yorkais proposent des circuits numériques payants : le Guggenheim, la Frick Collection, ou le musée du 11-Septembre ont imité leur confrère.

En France, ces visites virtuelles payantes n'ont pas encore pris. Une porte-parole du Louvre affirme à France Info que le sujet est « en réflexion ». Récemment, la Fondation Louis Vuitton avait mis en place une micro-visite live payante autour de l'exposition consacrée à Cindy Sherman

Les visites virtuelles payantes vont-elles se démocratiser, si les musées restent fermés encore plusieurs semaines ? Le procédé a ses avantages comme ses inconvénients, selon ceux qui les utilisent. Le Metropolitan Museum assure qu'elles ne deviendront pas la norme, car l'institution estime qu'il est « important que le Met continue à offrir des programmes gratuits, pour tous. »

Chez Graceland, ces visites virtuelles permettent de toucher un public plus large. « Les visites sur site seront toujours le cœur de notre offre. Mais nous sommes conscients du fait que beaucoup de gens ne peuvent pas voyager jusqu'à Memphis », explique Debbie Miller, responsable marketing d'Elvis Presley Enterprises, qui gère le domaine de Graceland. La responsable prévoit alors que la demande pour de telles offres devrait « se maintenir une fois les choses redevenues normales, car cela offre un moyen pratique et abordable d'amener (virtuellement) à Graceland les fans d'Elvis du monde entier»

Lorsque le monde physique aura retrouvé toute son importance lorsque la pandémie sera sous contrôle, les visites virtuelles payantes ne devraient pour autant pas disparaître totalement. Elles serviraient alors un but différent. Pour Michael Burns, directeur du design de Quatrefoil Associates, cabinet américain spécialisé dans l'agencement d'expositions, ces visites payantes représentent « l'idée de vivre quelque chose d'unique, le côté privé, je pense que c'est quelque chose pour lequel les gens sont prêts à payer. »

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